Une colonne de feu, de Ken Follett

On se retrouve aujourd’hui avec le troisième volet de la saga Kingsbridge, de Ken Follett : Une colonne de feu, paru chez Audible en 2018, avec Lionel Bourguet à la voix. L’auteur nous ramène à Kingsbridge, cette ville fictive qui a captivé des millions de lecteurs à travers le monde, mais cette fois-ci, nous voilà propulsés au cœur du XVIe siècle, en pleine tourmente des guerres de religion. Comme d'habitude avec Follett, j'ai trouvé ça très chouette, mais impossible de nier que ce pavé, de plus de 900 pages en format papier, souffre parfois de longueurs.

Le style de Follett est toujours impeccable. Il maîtrise parfaitement son intrigue, ainsi que le contexte dans lequel elle prend place, enchaînant les chapitres avec une fluidité qui rend la lecture, ou l’écoute en l’occurrence, aisée. Il parvient à rendre vivante une période complexe, sans noyer le lecteur sous les détails rébarbatifs. On sent la rigueur du travail de documentation derrière chaque scène, chaque événement historique comme le massacre de la Saint-Barthélemy, la tentative d'invasion de l'Angleterre par l'Invincible Armada espagnole, ou encore la conspiration des poudres de Guy Fawkes.

Ce troisième tome est beaucoup plus ouvert sur le monde. L’auteur nous emmène à Séville, Anvers ou Paris, sans se limiter à Kingsbridge ou Londres. Une dimension européenne qui enrichit le récit et évite l'écueil d'une vision trop insulaire de cette période. Cependant, et c'est une constante chez Follett, il m'a fallu du temps pour vraiment m'attacher aux personnages. Les premières centaines de pages m’ont semblé un peu laborieuses de ce point de vue. Les personnages secondaires sont nombreux, et il faut un certain temps avant de bien les distinguer et de se soucier véritablement de leur sort.

Comme d'habitude avec Follett, c'est un peu longuet. À sa décharge, le format audio n’arrange peut-être pas les choses. Il sait exactement où il va, je n’ai aucun doute là-dessus, mais le lecteur, lui, a parfois du mal à voir où il veut en venir. Le message central ne réside pas tant dans l’opposition entre catholiques et protestants, que dans celle entre tolérants et extrémistes, et malgré ses longueurs, Une colonne de feu reste un roman très chouette qui se lit, et s’écoute donc, avec plaisir. Follett excelle à mêler la petite et la grande histoire, à faire revivre les tensions politiques et religieuses d'un temps où la tolérance était rare et le fanatisme courant, à donner chair à une époque au final pas si révolue que cela.

Note : 

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Saga Kingsbridge, tome 3 : Une colonne de feu, de Ken Follett
Audible (2018) - 2123 mn - Support audio - Littérature historique

Noël 1558, le jeune Ned Willard rentre à Kingsbridge : le monde qu'il connaissait va changer à tout jamais... Les pierres patinées de la cathédrale dominent une ville déchirée par la haine religieuse, et Ned se retrouve dans le camp adverse de celle qu'il voulait épouser, Margery Fitzgerald. L'accession d'Élisabeth 1ère au trône met le feu à toute l'Europe. Les complots pour destituer la jeune souveraine se multiplient, notamment en France où la séduisante Marie Stuart – considérée comme l'héritière légitime du royaume anglais et issue de la redoutable famille française de Guise – attend son heure. Pour déjouer ces machinations, Élisabeth constitue les premiers services secrets du pays, et Ned devient l'un des espions de la reine. À Paris, il fait la connaissance de la libraire protestante Sylvie Palot dont le courage ne le laisse pas indifférent...
Dans ce demi-siècle agité par le fanatisme qui répand la violence depuis Séville jusqu'à Genève, les pires ennemis ne sont cependant pas les religions rivales. La véritable bataille oppose les adeptes de la tolérance aux tyrans décidés à imposer leurs idées à tous les autres – à n'importe quel prix.

Le site de l'auteur : https://ken-follett.com/

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