Le chevalier errant, suivi de L'épée lige, de George R.R. Martin

George R.R. Martin est un auteur prolifique qui a connu le succès avec sa saga Le trône de fer. Les deux novellas dont il est question ici, Le chevalier errant et L'épée lige, se déroulent 90 ans avant. Réunies en 2008 chez Pygmalion, elles constituent les deux premiers volets des aventures de Dunk et l'Œuf, un cycle de nouvelles que Martin prévoit de compléter par d'autres récits. L'adaptation en série télévisée, intitulée A knight of the Seven Kingdoms, a débuté ce mois-ci, et c'est justement pour éviter de me faire spoiler que je me suis décidée à lire ces textes maintenant.

Lorsque le vieux chevalier errant au service duquel il était écuyer meurt sur les routes, Dunk revêt ses armes et son armure, et décide de participer à un tournoi à Cendregué sous le nom de ser Duncan le Grand. En chemin, il rencontre un jeune garçon insolent surnommé « l'Œuf » et le prend à son service. La première nouvelle nous plonge dans le tournoi, où Dunk va devoir prouver sa qualité de chevalier et faire face à l'arrogance de certains princes Targaryen. Deux ans plus tard, Dunk, toujours accompagné de l'Œuf, est entré au service de ser Eustace Osgris. La seconde nouvelle explore un conflit territorial entre deux maisons nobles, où Dunk est pris au milieu d'une querelle impliquant lady Rohanne Tyssier, surnommée la Veuve Rouge.

Soyons honnêtes : ces deux récits constituent avant tout un complément d'univers plutôt qu'un apport substantiel à la mythologie du Trône de fer. Si vous cherchez à mieux comprendre les enjeux de la saga principale, à découvrir des secrets qui éclaireraient les événements ou à saisir les origines de tel ou tel conflit, vous serez déçu. Certes, elles se déroulent à Westeros et mentionnent les grandes maisons bien connues, mais elles n'apportent rien à l'intrigue. Ce sont des histoires secondaires qui relèvent d’ailleurs plus du roman historique que de la fantasy. Il n'y a ni dragons ni magie, et les règles de la chevalerie constituent le moteur des intrigues : tournois, codes d'honneur, serments de féauté.

Cela dit, les personnages sont assez attachants. Dunk, ce chevalier errant maladroit mais sincère, incarne une forme de noblesse plus authentique que celle des princes qu'il côtoie. Il y a quelque chose de rafraîchissant dans ce héros qui doute constamment de lui-même, mais qui agit néanmoins avec droiture. L'Œuf, de son côté, apporte une dynamique intéressante avec son insolence et le mystère de sa véritable identité. Le style de Martin reste efficace, même dans ce format court. Le livre se lit très vite, ce qui en fait une lecture agréable, mais sans grande profondeur.

Le problème principal de ce recueil, c'est qu'il s'adresse avant tout aux fans inconditionnels de l'univers. Pour quelqu'un qui découvrirait Martin, ce serait même une mauvaise porte d'entrée. Ces nouvelles n'ont de sens que si l'on connaît déjà Westeros, si l'on reconnaît les noms des maisons, si l'on apprécie de retrouver cet univers même sans enjeu majeur. Pour ma part, je l'ai lu uniquement parce que la série A knight of the Seven Kingdoms venait de commencer. La première saison est composée de six épisodes, et HBO envisage déjà un récit en trois saisons, chacune adaptée d'une des nouvelles de ces préludes au Trône de Fer.

Un produit dérivé sympathique mais dispensable. Les personnages sont attachants, l'écriture est fluide, l'univers familier procure un certain confort, mais l'absence totale d'apport à l'intrigue principale en fait une lecture anecdotique. À réserver aux inconditionnels de Westeros qui veulent absolument explorer chaque recoin de ce monde, même les plus périphériques.

Note : ☆☆

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Préludes au Trône de Fer, tome 1 : Le chevalier errant, suivi de L'épée lige, de George R.R. Martin
Pygmalion (2008) - 272 pages - Support numérique - Fantasy

Qu'il joute ou qu'il guerroie, le chevalier errant n'a d'autres attaches que celles de son cœur, d'autre code que celui de l'honneur. Il loue ses services aux causes les plus nobles et prend la défense des opprimés. Une ligne de conduite qu'a toujours suivie Ser Arlan de Pennytree, et qu'il s'est efforcé d'inculquer à son écuyer, Dunk. Mais la rencontre de ce dernier avec un garçon étrange, qui se fait appeler l'Œuf, changera à jamais son destin. Un an plus tard, Dunk et l'Œuf, désormais son écuyer, s'engagent au service de Ser Eustace Osgris, un petit seigneur acculé à la défaite par la Veuve Rouge. Leur mission, déjà ardue, va se compliquer du fait des relations qu'entretiennent les deux forces en présence !

Le site de l'auteur : https://georgerrmartin.com/

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