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Né en 1977 à Belfort, Ghislain Gilberti est un auteur français écrivant principalement dans le registre du roman policier et du thriller très documenté. Le bal des ardentes, troisième opus d’une saga dédiée à Cécile Sanchez et Ange-Marie Barthélemy, deux commissaires de l'Office central pour la répression des violences aux personnes et de la Sous-direction anti-terroriste, est paru en 2015 aux éditions Anne Carrière.

Le commissaire Ange-Marie Barthélémy, surnommé l'Archange, dirige une équipe du SDAT. Envoyé sur les lieux d'une explosion au cœur de Marseille, plusieurs indices laissent à penser que cet attentat non revendiqué est lié au trafic de drogue. Le coupable est un mercenaire indépendant surnommé Il Diavolo, spécialiste des explosifs, maîtrisant son art avec une précision et une efficacité redoutables, et agissant davantage comme un tueur en série que comme un terroriste. Commence alors une traque qui va s'étendre entre Marseille et la région parisienne, impliquant l'antiterrorisme, les renseignements, et les tentacules d'un trafic qui dépasse largement le cadre d'une enquête ordinaire.

La grande force de Gilberti, c'est le travail de documentation. L'auteur a travaillé les moindres détails de son récit à partir d'une foultitude de recherches, à tel point qu'on se retrouve plongé dans une intrigue hyper réaliste. Fonctionnement du SDAT, procédures d'investigation, hiérarchies policières, tout est là, précis, cohérent, crédible. C'est appréciable. Vraiment. Il y a quelque chose de rare et de précieux dans un thriller qui ne triche pas avec ses décors, qui ne simplifie pas à outrance le fonctionnement des institutions qu'il met en scène. Gilberti a fait son travail, et l’a bien fait.

Mais ce réalisme a un revers : une certaine distance entre le lecteur et le récit, qu'il n'est pas toujours facile de combler. C'est là mon principal reproche. Barthélémy est présenté comme un personnage borderline, abîmé, qui porte ses propres démons. Il y a dans son parcours les ingrédients d'un personnage complexe et attachant, mais on a beau nous dire qu'il souffre, on ne plonge pas vraiment dans ses états intérieurs, on reste à distance. On suit l'enquête sans vraiment s'affliger pour ceux qui la mènent. C’est vraiment, pour moi, la vraie limite du roman.

Autre point qui m'a fait tiquer : la façon dont certains personnages s'arrangent avec la légalité. Des flics qui contournent les procédures, des accommodements avec la justice qui passent un peu trop facilement. Gilberti ne semble pas vraiment troublé par ces zones grises, mais elles m'ont personnellement laissée un peu mal à l'aise. 

Le bal des ardentes se lit facilement, c'est indéniable. Le rythme est là, l'intrigue avance, les chapitres s'enchaînent sans résistance. Gilberti sait construire une scène d'action et maintenir une tension qui fait tourner les pages. Mais au bout du compte, j'ai lu avec le sentiment confortable mais un peu creux d'assister à quelque chose de bien fait sans en être emportée. Dommage.

Note : ★★★☆☆ 

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Cécile Sanchez, tome 3 : Le bal des ardentes, de Ghislain Gilberti
Editions Pocket (2016) - 512 pages - Support papier - Thrillers & Polars

En plein cœur de Marseille, un attentat extrêmement violent souffle un bâtiment entier, faisant nombre de victimes. Le commissaire Ange-Marie Barthélemy, de la SDAT (Sous-direction antiterroriste), est immédiatement dépêché sur place pour prendre en main cette affaire au retentissement énorme, à la hauteur du massacre. Les premiers résultats de l’enquête lui font comprendre que cet acte non revendiqué est lié au trafic de drogue. Dès lors, accompagné par son groupe aux allures de meute, Barthélemy étudie le biotope local et s’immerge dans le milieu impitoyable du crime organisé au sein de la cité phocéenne. Grâce à l’assistance d’un agent d’Interpol et d’un groupe spécialisé dans les analyses de scènes de crime post-explosion, l’équipe constate que le poseur de bombes a déjà sévi sur tous les continents. Son profil est plus proche de celui d’un tueur en série que d’un terroriste. Mode opératoire scrupuleux, signature, monomanie… L’homme se révèle un dangereux psychopathe et donne des prénoms féminins à ses engins de mort en les gravant dans l’acier. Une course-poursuite contre ce véritable fantôme va être mise en place avec l’aide de la police locale. La commissaire Cécile Sanchez va elle aussi apporter son concours à l’enquête de Barthélemy.

La page Facebook de l'auteur : https://www.facebook.com/ghislain.gilberti/

Quinze ans. C'est le temps qu'il a fallu à L'exil pour passer de ma pile à lire à ma table de nuit. Quinze ans que ce deuxième tome des Chroniques de la fin du monde attendait patiemment que je me décide à le lire. C'est finalement un challenge qui m'a décidée. Et maintenant que c'est fait... je comprends un peu mieux pourquoi mon inconscient procrastinait.

Le premier tome, Au commencement, racontait l'histoire de Miranda, une adolescente confrontée à l'effondrement du monde après qu'un astéroïde a percuté la Lune, déréglant les marées, provoquant des séismes, des éruptions volcaniques et un hiver qui s'annonce sans fin. Un récit de survie familiale intime. L'exil reprend le même cataclysme mais change de point de vue : on suit cette fois Alex, adolescent de moins de dix-huit ans qui se retrouve seul responsable de ses deux sœurs cadettes, Julie et Briana. Leurs parents ont disparu. Il faut trouver à manger, se chauffer, survivre — et peut-être chercher une issue hors de la ville.

Ce qui m'a le plus intéressée dans ce roman, c'est effectivement la dynamique entre Alex et ses sœurs. Voir ce garçon, pas encore majeur, improviser un rôle de chef de famille dans des conditions apocalyptiques a quelque chose de touchant. Il prend des décisions difficiles, fait des erreurs, doute, et c'est précisément ce qui le rend si humain. La relation entre les trois adolescents, leurs disputes, leur solidarité, leurs peurs respectives, est le vrai moteur du livre. Et ça, ça fonctionne. Seulement, une dynamique fraternelle attachante ne fait pas à elle seule un roman prenant. Et c'est là que L'exil peine à convaincre.

Le récit est construit comme une succession de petites épreuves quotidiennes sans que se dégage vraiment une tension narrative de fond. On avance de chapitre en chapitre, la menace est permanente mais paradoxalement diffuse, ce qui finit par émousser toute dramatisation. Et puis il y a la fin. Ou plutôt : l'absence de fin. Le roman s'arrête sans vraiment conclure, laissant Alex et ses sœurs dans une situation à peine différente de celle du départ, sans résolution satisfaisante, sans cliffhanger assumé non plus. C'est le genre de fin qui semble dire la suite au prochain tome sans avoir eu la correction de vraiment terminer quelque chose.

Ni assez haletant pour être un page-turner, ni assez profond pour être un roman de survie marquant, L’exil occupe un entre-deux confortable mais un peu terne. Quinze ans d'attente pour un sentiment mitigé, c'est peut-être la définition d'une PAL qui avait raison de se méfier.

Note : ★★☆☆☆ 

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Chroniques de la Fin du Monde, tome 2 : L'exil, de Susan Beth Pfeffer
Editions Pocket (2011) - 334 pages - Support papier - Science-fiction

Lorsqu'un astéroïde percute violemment la Lune, semant le chaos dans le monde entier, Alex Morales se retrouve seul avec ses deux sœurs. Il n'a pas dix-huit ans et doit se débrouiller dans New York, envahie par les flots. Pour chercher ses parents disparus, trouver de quoi manger, de quoi se chauffer, et simplement pour survivre, Alex sera amené à faire des choix qui changeront son destin à jamais.

Vous le savez, la romance n’est pas franchement mon rayon. Je trouve le genre trop souvent prévisible, les héros trop lisses, les tensions amoureuses trop fabriquées, tout est trop, quoi ! Pourtant, depuis quelque temps, on entend parler de romantasy à toutes les sauces, et j’ai fini par me dire que j’allais devoir m’y frotter, à un moment ou à un autre. Pour cela, j’ai choisi le gagnant du prix Livraddict 2025 dans sa catégorie : Fourth wing, de Rebecca Yarros. Et vous savez quoi ? La vie est pleine de surprises !

Violet Sorrengail n'était pas censée devenir cavalière. Fragile physiquement, elle se destinait à une vie tranquille parmi les scribes, gardiens de la mémoire et de l'histoire du royaume de Navarre. Mais sa mère, générale impitoyable à la tête de l'armée, en a décidé autrement : Violet intégrera l’académie militaire de Basgiath, là où sont formés les futurs cavaliers dragons et où les moins aptes meurent, tout simplement. Un endroit où les candidats se battent les uns contre les autres, où les épreuves sont mortelles, et où les terrifiants dragons choisissent leur cavalier. Ou les brûlent. Il n'y a pas de troisième option.

Ce qui m'a tout d’abord charmée, c'est la construction de l'univers. L’autrice a pensé son monde avec une vraie cohérence : les différentes ailes, les rangs, les hiérarchies, les épreuves, la politique du royaume… Tout ça forme un ensemble crédible et très immersif. L'arrière-plan géopolitique, notamment, est plus intéressant qu'il n'y paraît au premier abord : ces jeunes gens que l'on force à devenir soldats sont pour beaucoup les enfants de rebelles exécutés, contraints de prouver leur loyauté à ceux qui ont tué leurs parents. C'est une situation moralement inconfortable, et le roman joue beaucoup là-dessus.

Mais c'est surtout la relation entre les dragons et leurs cavaliers qui m'a vraiment emportée. Ce lien est au cœur de tout. Un dragon sans cavalier est une tragédie. Un cavalier sans dragon est mort. Et quand Violet, que personne n'attendait dans cette position, se retrouve choisie par Tairn, le dragon le plus redouté de tous, j’ai su que j’étais cuite ! La façon dont Rebecca Yarros construit leur relation, la communication entre l'animal et l'humaine, la confiance qui se construit petit à petit, la puissance qui en découle, sont la plus belle réussite du roman.

J’ai également beaucoup aimé le soin apporté aux personnages, y compris secondaires. Violet est attachante parce qu'elle n'est ni invincible ni passive : elle compense ses fragilités physiques par l'intelligence, la stratégie, une détermination qui force le respect. Xaden est bien plus que le rival ténébreux qu'il semble être au premier abord, ses motivations sont complexes, sa position morale inconfortable, et la tension qui l'oppose à Violet repose sur quelque chose de plus solide que la simple attraction physique.

Cela étant dit, la romance est là, bien présente, impossible à ignorer. La tension entre Violet et Xaden est construite sur le modèle classique des enemies to lovers, avec tout ce que cela implique de joutes verbales, de regards chargés, de moments où l'on voudrait les secouer tous les deux. Mais la dynamique entre eux est bien écrite, la progression est crédible, et les dialogues ont une vraie vivacité. Et je ne pensais pas dire ça, mais ça fonctionne, malgré des scènes de sexe très explicites qui n’apportent à mon sens pas grand-chose à l’intrigue. C’est le prix à payer pour lire de la romantasy, j’imagine.

Fourth Wing ne prétend pas être autre chose que ce qu'il est : un roman addictif, bien rythmé, avec des dragons magnifiques, une héroïne attachante et une romance qui prend beaucoup de place, mais aussi un univers cohérent, une intrigue politique élaborée, une vraie intrigue. Moi qui déteste d'habitude les romances, je le referme avec l'envie de lire la suite. C'est bien la preuve que parfois, il faut savoir se laisser surprendre !

Note : ★★★★★ 

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The Empyrean, tome 1 : Fourth wing, de Rebecca Yarros
Editions Thélème (2024) - 1343 minutes - Support audio - Fantasy (romantasy)

Rien ne prédestinait Violet Sorrengail à être une cavalière. Elle était censée intégrer le quadrant des Scribes et mener une vie tranquille parmi les livres. Elle dont les os sont si fragiles qu’ils peuvent se briser en un instant… Mais aujourd’hui est le jour des conscriptions, et en tant que fille de la Générale - elle-même cavalière et dresseuse de dragons -, Violet n’a d’autre choix que de satisfaire les ordres de sa mère, et de rejoindre les épreuves de sélection pour devenir dragonnière… L’élite de la Navarre ! Pourtant, le simple fait d’envisager s’inscrire à cette compétition lui paraît ridicule… Car les dragons ne se lient pas aux humains « fragiles » : ils les brûlent ! Mais Violet est peut-être la candidate la moins forte physiquement, elle est cependant rusée et rapide. Des qualités indispensables quand on évolue dans un monde sans foi ni loi, où les alliés peuvent vite devenir des ennemis, ou peut-être encore des conquêtes… Violet va vite devoir penser à un plan solide, car cette compétition n’a que deux issues : passer toutes les épreuves ou mourir !

Le site de l'autrice : https://rebeccayarros.com/

Certaines lectures sont une affaire de timing, de sensibilité, d'état d'esprit. Et puis il y a les classiques, ces monuments que tout le monde a lus, que la critique encense depuis des décennies, et face auxquels on arrive avec une pression presque intimidante. La bibliographie d’Ursula Le Guin, figure de la littérature de l'imaginaire, en fait partie. Autrice américaine née en 1929 et disparue en 2018, elle a construit une œuvre immense entre science-fiction et fantasy. Le sorcier de Terremer, publié en 1968, est le premier tome de son cycle de Terremer, un archipel imaginaire où la magie repose sur la connaissance des noms véritables des choses.

Le problème, c’est que le roman est écrit dans un registre narratif qui tient davantage de la chronique ou du conte oral que du roman d'immersion. Le narrateur raconte les événements avec une distance constante, comme s'il relatait des faits historiques advenus il y a longtemps, dans un pays lointain. Les années s'écoulent en quelques phrases. Les émotions sont résumées plutôt que montrées. Les scènes qui auraient pu être vécues de l'intérieur sont exposées de l'extérieur. Je suppose que c’est un choix délibéré, que l’autrice cherchait à retrouver le souffle de la légende transmise de génération en génération. Un parti pris littéraire respectable, mais pour moi, cette distance a été un mur. On m'a raconté une histoire plutôt que de me la faire vivre, et je n'ai jamais réussi à franchir le fossé.

Le personnage central, Ged, jeune garçon au don exceptionnel pour la magie, qui intègre une école de sorciers avant de libérer par orgueil une ombre maléfique qu'il devra ensuite affronter, aurait pu être une figure captivante. Le thème de l'ombre, du double obscur qu'on finit par devoir regarder en face, est puissant. Mais Ged ne m'a pas inspiré grand-chose. Pas parce qu'il est mal construit, il est cohérent, son arc narratif est clair, mais parce que cette distance narrative dont je parlais plus haut l'atteint de plein fouet. On nous dit qu'il est orgueilleux, qu'il souffre, qu'il grandit. On ne le ressent pas. On observe son évolution de loin, sans se sentir vraiment concerné.

L'intrigue elle-même est bien construite, mais là encore, la distance émousse l'urgence qu'on aurait pu ressentir. Les péripéties se succèdent sans vraiment provoquer de tension, les révélations arrivent sans véritable effet de surprise. J'ai lu jusqu'au bout sans passion, sans jamais être emportée. Peut-être que je n’étais pas dans les bonnes dispositions ? Ou peut-être que la plume d’Ursula Le Guin n’est pas faite pour moi ? En tout cas, à l’heure actuelle, je n’ai aucune envie de lire la suite de la saga, ni même de découvrir d’autres de ses écrits. Je passe !

Note : ★★☆☆☆ 

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Terremer, tome 1, partie 1 : Le sorcier de Terremer, d'Ursula Le Guin
Editions Presses Pocket (1985) - 220 pages - Support numérique - Fantasy

Ged est un jeune gardien de chèvres. Il vit avec son père sur l'île de Gont. Il a appris quelques rudiments du Noble Art au contact de la sorcière de son village. Un jour, son village est attaqué par une armée de pillards. Ged parvient alors à protéger le village en faisant apparaître un épais brouillard. Ogion, un puissant sorcier qui vit sur Gont, accepte alors de prendre le jeune Ged comme élève. Mais, jugeant que son apprentissage n'est pas suffisamment rapide, Ged obtint de son maître qu'il soit envoyé à Roke, l'école de sorcellerie de Terremer. Le jeune homme y devient alors un puissant sorcier, mais trop sûr de lui il se laisse défier par un autre élève. Il libère alors l'Ombre qui cherche à le tuer. Ged après sa formation parcourt le monde, mais l'Ombre le traque : pire, elle possède une arme car elle connaît le nom secret de Ged, Ged commence par fuir l'Ombre, puis il la traque pour la combattre.

Lumière éternelle est le premier tome du diptyque Les cinq soldats de bambou, d’Eliane Jaulmes. Grande voyageuse, passionnée par les cultures du monde, l’autrice a puisé dans l’imaginaire de la Chine ancienne, de sa mythologie, de ses codes sociaux, de ses légendes. Publié en juillet 2023 aux éditions Plume Blanche, ce premier tome mérite vraiment qu'on s'y attarde.

Le point de départ est malin. Jadis, ils étaient sept soldats légendaires qui avaient sauvé le royaume du Qí d'une menace qui semblait insurmontable. L'un a péri au combat, un autre a été couronné roi-dieu sous le nom de Lumière Éternelle. Les cinq restants se sont dispersés aux quatre vents. Vingt-quatre ans ont passé. Et voilà qu'une nouvelle menace surgit à l'ouest, portée par un jeune roi conquérant et son Premier ministre ambitieux.

Éliane Jaulmes ne se contente pas d'habiller une intrigue générique aux couleurs de l'Asie, elle construit un univers cohérent, nourri d'un vrai travail de recherche sur l'histoire et la mythologie chinoises. Les noms des royaumes, les hiérarchies sociales, les créatures surnaturelles, la magie élémentaire, tout cela forme un ensemble qui a sa propre logique, sa propre beauté. Le dépaysement est total, et assumé. Il faut d'ailleurs un temps d'adaptation en début de lecture, et certains lecteurs trouveront sans doute que l'intrigue prend du temps à se mettre en place. Mais cet effort initial est largement récompensé par la suite.

La narration s’appuie sur une double temporalité : un chapitre dans le présent, un chapitre dans le passé. Ce va-et-vient est une vraie réussite. Il permet de découvrir les personnages sur deux plans simultanément : qui ils étaient dans leur jeunesse, et qui ils sont devenus après des décennies de vie ordinaire. Ce ne sont pas des héros clichés, ce sont des individus qui portent le poids de vingt-quatre années de vie. Ils ont changé, vieilli, parfois renoncé. Les rencontrer à ce moment-là de leur vie est infiniment plus intéressant que si l'histoire avait débuté de zéro.

L'écriture d'Éliane Jaulmes est fluide et précise, avec une vraie capacité à faire alterner les scènes d'action et les moments plus contemplatifs sans jamais perdre le lecteur. Quelques passages s'étirent un peu, mais ces légères longueurs ne compromettent pas l'ensemble. Au final, Lumière éternelle est une lecture dépaysante, immersive, portée par des personnages atypiques et attachants, dans un univers plutôt rare en fantasy francophone. Un solide 4/5, et l'envie bien réelle de se plonger dans la suite.

Note : ★★★★☆ 

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Les 5 Soldats de Bambou, tome 1 : Lumière éternelle, d'Eliane Jaulmes
Editions Plume Blanche (2023) - 552 pages - Support numérique - Fantasy

Ils étaient sept. Ils avaient sauvé le Royaume. Les poètes chantaient leurs exploits aux confins du Zhongguó, des steppes des hauts-plateaux jusqu'aux plaines baignées de rizières, des hauts pics enneigés jusqu'aux rivages d'ardoise de la mer Jaune. Ils étaient sept. Ils avaient chevauché l'azur céleste aux côtés des dragons, rallié le peuple de la forêt, vaincu l'armée des morts, instauré le règne du roi-dieu Lumière Éternelle et apporté au Qí un âge d'or sans précédent. Ils étaient les héros de la Bataille du Sorcier au Bì de Jade. Ils étaient sept. L'un a péri, un autre fut couronné, cinq sont repartis. Ils ont disparu là où s'effacent les légendes. Vingt-quatre années se sont écoulées. Une nouvelle menace grandit dans l'Ouest lointain. Un jeune roi et son ambitieux Premier ministre rêvent d'empire, mais un souverain immortel est de trop sur leur route. Et si la survie du Royaume dépendait des héros du passé ?

Le compte Instagram de l'autrice : https://www.instagram.com/elianejaulmes/

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