Avec Les mystères d’Eversand, Victor Dixen délaisse la science-fiction dystopique et la fantasy baroque qui ont fait sa réputation pour se tourner vers le roman gothique et vers Birdie Baker, une gouvernante sous haute surveillance… C’est peut-être ce que j’aime le plus chez lui, la diversité des univers qu’il nous propose.
Étudiante sans le sou, Birdie tombe sur une offre d'emploi de suivante pour une vieille dame habitant l'État du Rhode Island. En plein mois de janvier, elle débarque à Eversand, une presqu'île au charme suranné où semble régner un printemps perpétuel : c'est le fief des Rosemore, une très puissante et secrète dynastie américaine. Très vite, l'étrangeté s'installe : des fleurs qui éclosent en plein hiver, des roses fraîches qui se fanent en quelques heures, attirant des nuées de mouches, du personnel incapable de se souvenir d’où il est originaire, une atmosphère hors du temps, et surtout l’impression constante qu'Eversand cache bien plus qu'un simple secret de famille.
Le cadre est indéniablement réussi. L’auteur convoque ici l'Amérique des dynasties et le gothique des grandes demeures. Il installe son héroïne sur un territoire clos et inquiétant, la presqu’île fonctionnant comme un personnage à part entière, hostile, organique, presque vivante, le tout dans une atmosphère oppressante à souhaits. Pourtant, il se dégage de ce récit une certaine froideur narrative qui m'a un peu empêchée de m'attacher vraiment à Birdie. D’autant plus que c’est un personnage assez soumis, que ce soit à ses supérieurs (les Rosemore eux-même, mais aussi la gouvernante ou le majordome), ou aux événements, et que j’ai souvent du mal avec ce genre de protagoniste. Bon, je vous passe le coup de la romance avec le palefrenier du domaine, bad boy ténébreux, qu’on voit arriver à des kilomètres et qui m’a fait lever les yeux au ciel à plusieurs reprises. C’est d’un prévisible…
La suivante reste malgré tout un roman qui tient ses promesses d'ambiance, avec juste ce qu'il faut de mystère et de surnaturel pour nous attirer vers la suite. Victor Dixen maîtrise parfaitement le rythme de son intrigue. J’aurais aimé en apprendre plus sur les Rosemore, bien sûr, mais il reste volontairement dans le flou quant à la nature de leurs secrets, leur rapport à la malédiction du domaine, ou encore ce qu'ils ont fait de leurs suivantes précédentes… Suite au prochain tome, lequel est sorti en même temps que le premier. Une entrée en matière efficace et, très sincèrement, une fois les grilles d'Eversand franchies, on a un peu du mal à faire demi-tour.
Birdie Baker, étudiante sans le sou, tombe sur une offre d’emploi de « suivante » pour une vieille dame habitant l’État de Rhode Island. En plein janvier, elle débarque à Eversand, presqu’île au charme suranné où semble régner un printemps perpétuel : c’est le fief des Rosemore, très puissante et très secrète dynastie de la old money américaine.
Birdie n’a peut-être pas seulement été recrutée pour servir de demoiselle de compagnie, mais aussi pour devenir la « suivante sur la liste » : la dernière d’une longue lignée de jeunes femmes attirées au manoir comme des papillons dans une plante carnivore. En répondant à la petite annonce, a-t-elle signé son arrêt de mort ?
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