Quinze ans. C'est le temps qu'il a fallu à L'exil pour passer de ma pile à lire à ma table de nuit. Quinze ans que ce deuxième tome des Chroniques de la fin du monde attendait patiemment que je me décide à le lire. C'est finalement un challenge qui m'a décidée. Et maintenant que c'est fait... je comprends un peu mieux pourquoi mon inconscient procrastinait.
Le premier tome, Au commencement, racontait l'histoire de Miranda, une adolescente confrontée à l'effondrement du monde après qu'un astéroïde a percuté la Lune, déréglant les marées, provoquant des séismes, des éruptions volcaniques et un hiver qui s'annonce sans fin. Un récit de survie familiale intime. L'exil reprend le même cataclysme mais change de point de vue : on suit cette fois Alex, adolescent de moins de dix-huit ans qui se retrouve seul responsable de ses deux sœurs cadettes, Julie et Briana. Leurs parents ont disparu. Il faut trouver à manger, se chauffer, survivre — et peut-être chercher une issue hors de la ville.
Ce qui m'a le plus intéressée dans ce roman, c'est effectivement la dynamique entre Alex et ses sœurs. Voir ce garçon, pas encore majeur, improviser un rôle de chef de famille dans des conditions apocalyptiques a quelque chose de touchant. Il prend des décisions difficiles, fait des erreurs, doute, et c'est précisément ce qui le rend si humain. La relation entre les trois adolescents, leurs disputes, leur solidarité, leurs peurs respectives, est le vrai moteur du livre. Et ça, ça fonctionne. Seulement, une dynamique fraternelle attachante ne fait pas à elle seule un roman prenant. Et c'est là que L'exil peine à convaincre.
Le récit est construit comme une succession de petites épreuves quotidiennes sans que se dégage vraiment une tension narrative de fond. On avance de chapitre en chapitre, la menace est permanente mais paradoxalement diffuse, ce qui finit par émousser toute dramatisation. Et puis il y a la fin. Ou plutôt : l'absence de fin. Le roman s'arrête sans vraiment conclure, laissant Alex et ses sœurs dans une situation à peine différente de celle du départ, sans résolution satisfaisante, sans cliffhanger assumé non plus. C'est le genre de fin qui semble dire la suite au prochain tome sans avoir eu la correction de vraiment terminer quelque chose.
Ni assez haletant pour être un page-turner, ni assez profond pour être un roman de survie marquant, L’exil occupe un entre-deux confortable mais un peu terne. Quinze ans d'attente pour un sentiment mitigé, c'est peut-être la définition d'une PAL qui avait raison de se méfier.
Lorsqu'un astéroïde percute violemment la Lune, semant le chaos dans le monde entier, Alex Morales se retrouve seul avec ses deux sœurs. Il n'a pas dix-huit ans et doit se débrouiller dans New York, envahie par les flots. Pour chercher ses parents disparus, trouver de quoi manger, de quoi se chauffer, et simplement pour survivre, Alex sera amené à faire des choix qui changeront son destin à jamais.








