Ruth Warburton, dite Ruth Ware, est une autrice britannique née en 1977 à Lewes, dans le Sussex. Après des études d'anglais à l'université de Manchester, elle a enseigné cette matière à Paris, travaillé comme libraire et attachée de presse d'un grand éditeur anglais, avant de se consacrer à l'écriture. J’avais déjà beaucoup aimé son roman intitulé Dans l’ombre d’April, et c’est à nouveau en audio que je me suis attaquée à La mort de Mrs Westaway.
Harriet Westaway — Hal pour les intimes — gagne péniblement sa vie en tirant les cartes sur la jetée de Brighton. Elle doit beaucoup d'argent à un usurier sans scrupules. Quand elle reçoit une lettre d'un notaire lui annonçant qu'elle est l'héritière de sa grand-mère décédée, elle sait qu'il y a erreur : ses grands-parents sont décédés vingt ans auparavant, et elle ne les a jamais connus. Mais la tentation est trop forte. Poussée par le désespoir, elle décide de se rendre sur place pour tenter de récupérer l'héritage, quitte à duper toute une famille.
Ce point de départ est intéressant à plusieurs égards. D'abord parce qu'il place l'héroïne dans une position moralement ambiguë, elle est l'escroc de l'histoire, pas la victime. Ensuite parce qu'il crée une tension supplémentaire : à chaque chapitre, on se demande si Hal va se faire démasquer avant même que les vrais secrets commencent à surgir. Et ils surgissent.
Ruth Ware s'inscrit dans la veine du polar britannique classique, avec un goût pour les héritages obscurs, les secrets de famille et les communautés enfermées. Elle aime placer ses héroïnes dans des environnements à la fois banals et inquiétants pour explorer la peur, la suspicion et le doute de soi. La mort de Mrs Westaway est un concentré de tout cela. Un manoir qui fait froid dans le dos, des pies qui piaillent, une famille avec sa part d'ombre, un huis clos sous la pluie et la neige quelque part entre Brighton et la Cornouailles.
Je n'ai pas immédiatement accroché à Hal. Les premiers chapitres installent une héroïne timide, fragile, un peu passive, qui subit plus qu'elle n'agit, et j'ai mis un moment à vraiment m'attacher à elle. Elle culpabilise assez vite par rapport à son projet initial. Et au fur et à mesure que les secrets de la famille Westaway se dévoilent, elle se révèle d'une résilience et d’une honnêteté qui forcent le respect.
Pas de violence graphique, pas de surenchère glauque, juste une mécanique d'horlogerie bien huilée, des personnages qui ont tous quelque chose à cacher, et une ambiance qui colle à la peau. Alors oui, j’avais plus ou moins deviné où tout cela nous menait avant le dénouement. Mais deviner la fin n'a pas gâché le plaisir, parce que ce qui compte ici c'est moins le « quoi » que le « comment », et le « comment » est parfaitement bien mené.
Lorsque Harriet Westaway reçoit un courrier lui annonçant un héritage conséquent provenant de sa grand-mère, cela semble être la réponse inespérée à tous ses problèmes. En effet, Harriet doit de l’argent, beaucoup d’argent, emprunté à un usurier sans scrupules, et cela risque fort de mettre sa vie en danger. Seul souci : ses grands-parents sont décédés vingt ans auparavant, et elle ne les a même jamais connus. La lettre a donc été adressée à la mauvaise personne. Mais Harriet qui gagne sa vie en tirant les cartes pour prédire l’avenir n’est plus à une affabulation près. Et ce coup du sort pourrait enfin tout résoudre sauf si le hasard en décide autrement…
Le site de l'autrice : https://ruthware.com/








