
Avec ce quatrième volume d'anthologie steampunk, Oneiroi continue de construire une ligne éditoriale cohérente et engagée. Le steampunk y est présenté comme un genre issu de la science-fiction, prenant ses racines dans les écrits de Jules Verne et de H.G. Wells, et qui donne la parole aux marginaux et aux laissés-pour-compte. Ce n'est pas qu'un argument marketing : ça se ressent dans le choix des thèmes de leurs anthologies, et ce quatrième opus s'interroge sur l'utilisation d'inventions technologiques à des fins politiques.
C'est Alexandre Boise qui ouvre le bal avec Le prix du charbon. Son héros, Théodore Nicéphore Niépce, est le fruit de son époque, à savoir xénophobe et sexiste, et il pourra en agacer plus d’un ! En ce qui me concerne, j’ai trouvé que le ton irrévérencieux et la pointe d'humour de cette nouvelle allégeaient le propos sans en diluer la substance. On sent combien l’auteur s’est amusé à l’écrire, et cet entrain est communicatif. Une belle entrée en matière.
Vient ensuite Sacha Page avec Prophétesse. Quelle belle idée que celle de transposer le steampunk dans la Rome antique ! Un mélange audacieux qui fonctionne bien. Voir le colisée et le culte d'Isis revisités à travers le prisme des inventions mécaniques et des jeux de pouvoir religieux, je ne m’y attendais pas du tout. On y croise des personnages que j'aurais volontiers suivis plus longtemps, portés par une plume qui sait créer une belle atmosphère.
J'ai eu un peu plus de mal avec Zvukofon, de Matthieu Clerjaud. L'idée de départ est pourtant pleine de promesses — un phonographe détourné à des fins de propagande, c'est exactement le genre de concept qui fait tout le sel du steampunk engagé. Mais j'ai trouvé que le récit prenait son temps sans tout à fait tenir ses promesses, et la chute ne m'a pas surprise autant que je l'aurais espéré. Rien de rédhibitoire, juste une légère impression de potentiel pas tout à fait exploité.
Paul Carto clôt l'anthologie avec Soleil noir. Ses personnages existent d'emblée. On ne les apprivoise pas progressivement, on les rencontre et on les reconnaît, comme si on les connaissait déjà un peu. C'est un talent rare dans le format court, où les auteurs manquent souvent de place pour donner de l'épaisseur à leurs héros : Carto, lui, n'a pas ce problème. L'immersion est quasi instantanée, et avec elle, l'inquiétude pour ce qui va leur arriver. Le bémol, c’est que, pour moi, le final est un peu trop abrupt, et c’est d’autant plus frustrant que le reste du texte est bon.
Invention & Jeux de pouvoirs est donc une anthologie portée par une ligne thématique cohérente et des textes solides. C’était déjà le cas des recueils précédents, et j’imagine que ça l’est aussi des suivants — oui, je suis en retard dans mes lectures. Le genre de livre qui donne envie de suivre ces auteurs dans leurs futurs projets et de découvrir plus avant le steampunk, alors foncez !
Note : ★★★★☆
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Anthologie de Nouvelles Steampunk, vol. 4 : Invention & jeux de pouvoir, d'un collectif Oneiroi
Oneiroi (2022) - 168 pages - Support papier - Nouvelles & Recueils
Le steampunk joue avec l’histoire du XIXe siècle, la tord et en imagine des ressorts différents de notre réalité. Dans cette anthologie, vous marcherez dans les pas d’inventeurs en quête de gloire, de pouvoir, de connaissance ou d’argent. Pris dans les feux croisés de la politique, ces ingénieurs interrogent leur sens moral : ils devront décider entre mettre leur création au service du gouvernement ou du peuple. Cependant, ce choix leur appartient-il vraiment ?

Ma relation aux Archives de Roshar est… un peu compliquée. Les derniers tomes m’avaient demandé un effort considérable. Non pas que l'univers soit inintéressant, loin de là, mais les longueurs étaient légion, et j’avais souvent l’impression que l'intrigue avançait à la vitesse d'un escargot. Alors quand j'ai ouvert cette première partie de Rythme de guerre, je l'avoue, j'étais un peu sur mes gardes. Eh bien, bonne nouvelle : ça s’est nettement mieux passé !
Pour ceux qui vivraient dans une grotte et ne connaîtraient pas encore l'auteur, Brandon Sanderson est une machine à écrire ! Né en 1975, il est l'auteur des Archives de Roshar, un cycle de fantasy qui s'intègre dans son univers étendu du Cosmère, et qui prévoit à terme dix romans divisés en deux séries de cinq, chaque tome étant édité en deux volumes en France. Autant vous dire que l’on s’inscrit dans la durée, mais cet opus est bien plus rythmé que les précédents.
La guerre fait toujours rage aux quatre coins de Roshar. Les forces d'Abjection ont pris le contrôle de la moitié des royaumes humains, et celles de la coalition luttent sur tous les fronts face à un obstacle de taille : leurs ennemis se réincarnent à chaque passage de la Tempête Éternelle. Une année s'est écoulée depuis la chute d'Alethkar, et les Parshendis sont désormais menés par les Fusionnés, en guerre contre les Humains depuis des temps immémoriaux. La situation est donc très sombre, mais toutes les pièces sont enfin en place sur l’échiquier.
Kaladin, toujours hanté par ses démons intérieurs, continue de porter ce poids émotionnel qui fait de lui un héros si humain. Shallan, de son côté, continue d'explorer les fractures de sa propre identité, un fil narratif qui gagne ici en profondeur. Ce tome met également davantage en lumière Navani, souvent reléguée au second plan dans les volumes précédents. Les personnages évoluent, s'approfondissent, se remettent en question, mais la richesse de l'univers imaginé par Sanderson ne se dément pas. L'action est mieux répartie, et le climax principal commence à se dessiner dès le milieu du volume. L’écriture, quant à elle, reste fonctionnelle, claire, efficace. Elle sert l'intrigue et les personnages avant tout.
Si vous avez, comme moi, souffert des longueurs des tomes précédents, sachez que cette première partie de Rythme de guerre m'a réconciliée avec la série. L'intrigue avance, les personnages bougent, les enjeux s'étoffent. J'ai tourné les pages avec un plaisir retrouvé, heureuse de replonger dans Roshar sans avoir l'impression de faire du sur-place. Une petite victoire, en somme !
Note : ★★★★☆
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Les Archives de Roshar, tome 7 : Rythme de guerre, 1ère partie, de Brandon Sanderson
Le Livre de Poche (2021) - 721 pages - Support numérique - Fantasy
Après avoir formé une coalition humaine pour repousser l’invasion des Néantifères, Dalinar et ses Chevaliers Radieux ont mené une campagne aussi brutale qu’impitoyable. Cependant, aucun des deux camps n’a réussi à prendre le dessus et la guerre s’enlise. Le spectre de la trahison possible de son allié Taravangian pèse sur chacune des décisions stratégiques de Dalinar. De son côté, Kaladin Béni-des-foudres doit s’habituer à son nouveau rôle parmi les Chevaliers Radieux alors que ses Marchevents font face à leurs propres problèmes : des Fusionnés, de plus en plus nombreux, se réveillent alors que plus aucun sprène d’honneur n’accepte de se lier avec des humains pour faire grossir les rangs des Radieux. Des émissaires de la coalition sont envoyés à la forteresse de l’Intégrité Constante pour convaincre les sprènes de se liguer avec eux contre les forces du dieu maléfique Abjection. Sinon, ils devront se confronter à l’horreur de la défaite…
Le site de l'auteur :
https://www.brandonsanderson.com/

Éric Giacometti et Jacques Ravenne forment un duo assez unique : l’un est profane, l’autre initié. Amis de longue date, férus de symbolique et d'ésotérisme, ils collaborent depuis 2005 et la sortie du premier opus de leur série consacrée aux enquêtes du commissaire franc-maçon Antoine Marcas. Le règne des Illuminati, paru en 2014, en constitue le neuvième volet, mais c’est ma toute première excursion dans l’univers de ces deux auteurs. J'ai bien aimé l'expérience, même s’il souffre, à mon sens, de quelques défauts.
Marcas affronte ici une organisation secrète qui se revendique des Illuminati, ce groupe occulte qui enflamme les imaginations depuis sa disparition, au XVIIIe siècle. Deux histoires sont racontées en parallèle, avant de plus ou moins se recouper à la fin du livre. De Paris à San Francisco, Marcas remonte la piste d'une conspiration qui prend ses racines en 1794 dans la Révolution française – l’une des trames narratives, menée par Annibal Ferragus, chargé d’élucider le meurtre d'une jeune femme mutilée – et va traverser les siècles jusqu'au cœur de la Silicon Valley – l’autre trame narrative, celle de Marcas.
J'ai particulièrement apprécié ces deux fils temporels et leurs héros respectifs. Marcas, le commissaire contemporain, incarne le flic intègre pris dans une affaire qui le dépasse. Mais le personnage d’Annibal Ferragus apporte une vraie plus-value à l'histoire. Ce policier révolutionnaire, confronté à la Terreur de Robespierre, évolue dans un contexte historique passionnant. Tous deux partagent les mêmes valeurs maçonniques et la même détermination. En revanche, j’avoue avoir été déçue par la manière dont leurs histoires se rejoignent, trop superficielle à mon goût. J’attendais quelque chose de plus profond.
Le roman souffre également de quelques longueurs, notamment au milieu du récit, où j’ai parfois eu l’impression que l’intrigue tournait en rond et que les deux auteurs tiraient sur la corde pour atteindre un format plus conséquent. Chapitres courts, alternance entre les deux époques, rebondissements en tous genres : tout était conçu pour maintenir le lecteur en haleine. L'écriture reste d’ailleurs efficace, le style accessible et fluide, mais… Certains passages auraient quand même gagné à être raccourcis !
Du règne de la Terreur à l'assassinat du président Kennedy, des loges maçonniques au Bohemian Club américain, apprêtez-vous à plonger dans l'histoire secrète des États-Unis ! Une dimension qui constitue à la fois la force et la faiblesse du roman. D'un côté, elle crée une tension narrative prenante et permet aux auteurs d'explorer des zones d'ombre fascinantes de l'Histoire. De l'autre, elle verse parfois dans le complotisme un peu facile, et la surenchère dans le final - si bien que j’ai fini par m’y perdre un peu, très honnêtement.
Cela étant dit, malgré ces quelques réserves, j'ai passé un bon moment de lecture, ne vous y trompez pas. Les auteurs maîtrisent leur sujet et parviennent à vulgariser des concepts complexes sans ennuyer le lecteur. Je reprendrai sûrement la saga du début un jour, petit à petit. Cette première incursion m'a donné envie de découvrir les aventures antérieures d'Antoine Marcas. Un bon thriller ésotérique, donc, même s'il aurait gagné à être un peu plus resserré.
Note : ★★★★☆
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Commissaire Antoine Marcas, tome 9 : Le règne des Illuminati, de Giacometti & Ravenne
Pocket (2015) - 696 pages - Support papier - Thrillers & Polars
Paris, siège de l'Unesco : l'abbé Emmanuel est abattu par un tireur isolé. Un assassinat rappelant à certains celui de Kennedy et qui alimente très vite les plus folles thèses conspirationnistes. D'autant que la juge Gardane a découvert que le tueur était franc-maçon. À charge maintenant pour le commissaire Marcas de faire la lumière sur les possibles implications de cette révélation. De Paris à San Francisco, Marcas va affronter le fantôme d'une société secrète qui enflamme les imaginations depuis sa disparition mystérieuse, au XVIIIe siècle. L'enjeu : une découverte aux frontières de la science...
La page Facebook des auteurs :
https://www.facebook.com/GiacomettiRavenneOfficiel/

On se retrouve aujourd’hui avec le dernier Stephen King paru en France, Ne jamais trembler. Un roman où il met de nouveau en scène Holly Gibney, personnage déjà au cœur de plusieurs autres histoires. Un livre "difficile à écrire", selon l’auteur lui-même dans sa postface, que je n’ai effectivement pas trouvé très réussi.
Dans Ne jamais trembler, Holly n'enquête pas vraiment, elle joue les gardes du corps pour une féministe, Kate McKay, déterminée à faire évoluer les mentalités. Militante des droits de la femme, cette dernière vient de se lancer dans une tournée de conférences sulfureuses aux États-Unis, sans vraiment prendre au sérieux les menaces de mort qu'elle reçoit. En parallèle, un psychopathe sévit en ville, bien décidé à tuer des innocents afin de culpabiliser les responsables de la condamnation d'un homme accusé à tort de pédophilie. Et Holly essaie d’aider son amie inspectrice, Izzy, à le démasquer.
Mon principal problème avec ce roman, c'est que l'auteur tourne en rond avec son personnage de Holly. Je n’ai pas l’impression qu’elle évolue en quoi que ce soit. Réservée, pleine de failles et de TOC, c’est un personnage qui disposait d’une marge de progression conséquente, mais King semble avoir épuisé son potentiel narratif. Dans chaque roman où elle apparaît, on retrouve les mêmes obsessions, les mêmes mécanismes psychologiques, et cela finit par desservir le récit.
Surtout quand, en plus, l’enquête ne sort pas des sentiers battus. C’est un polar parfaitement maîtrisé, mais l’intrigue se déroule de manière assez prévisible. C’est bien écrit, distrayant, mais je l’ai trouvé un peu "mou du genou", comme on dit. King est capable de bien mieux. Quant à ce fameux match de softball entre policiers et pompiers, il m’a laissée clairement dubitative. Avec un serial killer en ville, les flics n’avaient-ils rien d’autre à faire que de s’entraîner pour ce match caritatif ? Au final, il apparaît juste comme un prétexte maladroit destiné à réunir tous les personnages au même endroit au même moment.
Cela dit, King essaie de faire passer des messages importants. Montée de l'intégrisme religieux, mise en péril du droit à l'avortement : il vise de nouveau en plein dans le cœur des enjeux sociaux de son pays. Il évoque avec force deux camps qui s'affrontent à coup d'idéologie, de religion, de croyance, chacun d’eux étant persuadé de faire le bien, quitte à employer la manière forte. Cette dimension politique et sociale du roman est peut-être ce qu'il a de plus intéressant à offrir.
Ne jamais trembler se lit sans déplaisir, mais sans véritable enthousiasme non plus. Vous ne tremblerez pas beaucoup, et c'est bien là tout le problème : un thriller de King devrait faire bien plus que nous distraire mollement pendant quelques heures. Une déception.
Note : ★★★☆☆
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Ne jamais trembler, de Stephen King
Albin Michel (2026) - 528 pages - Support numérique - Thrillers & Polars
« La justice est aveugle, la violence aussi... Je vais tuer 13 innocents et 1 coupable. Ainsi, ceux qui ont causé la mort de l'innocent souffriront. Il s'agit d'un acte d'expiation. »
Quatorze citoyens dans le viseur d'un prétendu justicier. Signée d'un certain Bill Wilson, la lettre, parvenue à la police de Buckeye City, sème la panique. Surtout lorsqu'il apparaît que le meurtrier choisit ses victimes au hasard. Militante des droits de la femme, Kate McKay vient de se lancer dans une tournée de conférences sulfureuses aux États-Unis. Sans prendre au sérieux les menaces d'un individu qui semble déterminé à la faire taire à tout prix. Au cœur de ces deux affaires, Holly Gibney, le personnage préféré de Stephen King. Palpitant, caustique et scandaleusement captivant, ce roman explore les zones d'ombre de la justice, la colère comme idéologie et la capacité à résister. Il confirme, une fois encore, la maestria d'un écrivain qui n'a jamais cessé d'explorer ce qui nous rend humains et ce qui fait de nous des monstres.
Le site de l'auteur :
https://stephenking.com/index.html

Nghi Vo est une autrice américaine dont la novella L'Impératrice du Sel et de la Fortune a remporté le Prix Hugo 2021. Publié en 2023 aux éditions L'Atalante, ce premier opus du cycle des Archives des Collines-Chantantes a marqué l'arrivée en France d'une voix singulière dans le paysage de la fantasy. Avec à peine plus de cent pages, l’autrice livre une expérience de lecture portée par une écriture poétique et une structure narrative originale.
L'histoire débute sur les chemins entre les Collines-Chantantes, le monastère des adelphes archivistes, et la capitale, où se rendent Chih et sa huppe Presque-Brillante pour assister à une éclipse, ainsi qu’au sacrement de la nouvelle impératrice. En route, ils visitent le palais de la Lumière-Éblouissante, lequel est abandonné depuis le départ de l'impératrice du Sel et de la Fortune, In-yo. Ils font, sur les lieux, la connaissance de Lapin, une vieille servante ayant vécu avec cette impératrice, dont elle va leur raconter l'histoire à travers les objets que Chih recense dans cette demeure.
J'ai particulièrement aimé la manière dont l'histoire est racontée. La plume est très belle et la narration originale. En effet, Chih apprend le passé de l'Impératrice de la bouche de Lapin, qui se remémore ses souvenirs au fur et à mesure qu’iel découvre de nouveaux objets dans le palais. Cette construction crée une atmosphère particulière, presque onirique. Chaque objet devient le catalyseur d'un souvenir, d'une anecdote, d'un fragment de l'histoire de l’impératrice. Nghi Vo maîtrise l'art de la suggestion, préférant évoquer plutôt que décrire, et elle réussit à créer des images puissantes en peu de mots.
Les personnages sont intrigants, solides et attachants. Il y a tout d’abord Chih, adelphe non binaire dont la vocation réside dans la mémoire et la transmission des histoires. Iel essaie de reconstituer le puzzle de l'Histoire en récoltant du savoir et des anecdotes. Presque-Brillante, sa huppe parlante, est dotée d’une mémoire infaillible et ajoute une touche de légèreté au récit. Puis il y a Lapin, la servante devenue confidente, qui constitue le cœur émotionnel du récit. Son amitié avec l’impératrice se construit au fur et à mesure des épreuves, et c'est cette relation très forte qui fait en partie le charme de cette histoire. Enfin, In-yo, l’impératrice, dont ce premier tome met en scène l’ascension : moquée à la cour à cause de ses différences, humiliée par son époux et envoyée en exil après qu’elle lui ait donné un héritier…
Attention, ne vous attendez pas à un récit plein d’action ! C'est surtout une ambiance et beaucoup de sous-entendus. Cette approche feutrée pourrait sembler frustrante, mais j’ai trouvé qu’elle créait une atmosphère poétique et envoûtante. Une jolie découverte, qui fait la part belle à la transmission orale et à la mémoire, et m'a véritablement séduite. Je découvrirai la suite avec grand plaisir.
Note : ★★★★☆
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Les Archives des Collines-Chantantes, tome 1 : L'impératrice du sel et de la fortune, de Nghi Vo
L'Atalante (2023) - 120 pages - Support papier - Fantasy
Un mariage politique force In-yo, jeune femme de sang royal, à s'exiler au sud, dans l'empire Anh. Ses frères sont morts, ses armées et leurs mammouths de guerre vaincus de longue date restent reclus derrière leurs frontières. Seule et humiliée, elle doit choisir ses alliés avec circonspection. Lapin, une jeune servante vendue au palais par ses parents en réparation de l'absence de cinq paniers de pigments se prend d'amitié pour la nouvelle épouse esseulée de l'empereur et en voit son existence bouleversée. Chih interroge la domestique au crépuscule de sa vie sur les divers objets peuplant sa maison. Leurs origines forment une histoire que les archives officielles ignorent et qui pourrait déstabiliser l'empire.
Le site de l'autrice :
https://nghivo.com/