On se retrouve aujourd’hui avec le dernier Stephen King paru en France, Ne jamais trembler. Un roman où il met de nouveau en scène Holly Gibney, personnage déjà au cœur de plusieurs autres histoires. Un livre "difficile à écrire", selon l’auteur lui-même dans sa postface, que je n’ai effectivement pas trouvé très réussi.
Dans Ne jamais trembler, Holly n'enquête pas vraiment, elle joue les gardes du corps pour une féministe, Kate McKay, déterminée à faire évoluer les mentalités. Militante des droits de la femme, cette dernière vient de se lancer dans une tournée de conférences sulfureuses aux États-Unis, sans vraiment prendre au sérieux les menaces de mort qu'elle reçoit. En parallèle, un psychopathe sévit en ville, bien décidé à tuer des innocents afin de culpabiliser les responsables de la condamnation d'un homme accusé à tort de pédophilie. Et Holly essaie d’aider son amie inspectrice, Izzy, à le démasquer.
Mon principal problème avec ce roman, c'est que l'auteur tourne en rond avec son personnage de Holly. Je n’ai pas l’impression qu’elle évolue en quoi que ce soit. Réservée, pleine de failles et de TOC, c’est un personnage qui disposait d’une marge de progression conséquente, mais King semble avoir épuisé son potentiel narratif. Dans chaque roman où elle apparaît, on retrouve les mêmes obsessions, les mêmes mécanismes psychologiques, et cela finit par desservir le récit.
Surtout quand, en plus, l’enquête ne sort pas des sentiers battus. C’est un polar parfaitement maîtrisé, mais l’intrigue se déroule de manière assez prévisible. C’est bien écrit, distrayant, mais je l’ai trouvé un peu "mou du genou", comme on dit. King est capable de bien mieux. Quant à ce fameux match de softball entre policiers et pompiers, il m’a laissée clairement dubitative. Avec un serial killer en ville, les flics n’avaient-ils rien d’autre à faire que de s’entraîner pour ce match caritatif ? Au final, il apparaît juste comme un prétexte maladroit destiné à réunir tous les personnages au même endroit au même moment.
Cela dit, King essaie de faire passer des messages importants. Montée de l'intégrisme religieux, mise en péril du droit à l'avortement : il vise de nouveau en plein dans le cœur des enjeux sociaux de son pays. Il évoque avec force deux camps qui s'affrontent à coup d'idéologie, de religion, de croyance, chacun d’eux étant persuadé de faire le bien, quitte à employer la manière forte. Cette dimension politique et sociale du roman est peut-être ce qu'il a de plus intéressant à offrir.
Ne jamais trembler se lit sans déplaisir, mais sans véritable enthousiasme non plus. Vous ne tremblerez pas beaucoup, et c'est bien là tout le problème : un thriller de King devrait faire bien plus que nous distraire mollement pendant quelques heures. Une déception.
« La justice est aveugle, la violence aussi... Je vais tuer 13 innocents et 1 coupable. Ainsi, ceux qui ont causé la mort de l'innocent souffriront. Il s'agit d'un acte d'expiation. »
Quatorze citoyens dans le viseur d'un prétendu justicier. Signée d'un certain Bill Wilson, la lettre, parvenue à la police de Buckeye City, sème la panique. Surtout lorsqu'il apparaît que le meurtrier choisit ses victimes au hasard. Militante des droits de la femme, Kate McKay vient de se lancer dans une tournée de conférences sulfureuses aux États-Unis. Sans prendre au sérieux les menaces d'un individu qui semble déterminé à la faire taire à tout prix. Au cœur de ces deux affaires, Holly Gibney, le personnage préféré de Stephen King. Palpitant, caustique et scandaleusement captivant, ce roman explore les zones d'ombre de la justice, la colère comme idéologie et la capacité à résister. Il confirme, une fois encore, la maestria d'un écrivain qui n'a jamais cessé d'explorer ce qui nous rend humains et ce qui fait de nous des monstres.
Le site de l'auteur : https://stephenking.com/index.html








