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La mer sans étoiles est un roman qui s’ouvre comme un conte, qui se referme comme un rêve, et qui, entre les deux, vous emmène dans des endroits où les lois habituelles de la narration ne s’appliquent plus vraiment. Née en 1978 dans le Massachusetts, Erin Morgenstern nous offre là un récit ambitieux et, autant vous prévenir tout de suite, un livre qui n’est pas fait pour tout le monde !

Tout commence dans une bibliothèque universitaire, où Zachary, un étudiant, trouve par hasard un livre sans titre ni auteur dans lequel une scène de sa propre enfance est décrite avec précision. Ébahi, il se met en quête des origines de ce roman, ce qui va l’entraîner vers un mystérieux monde souterrain fait de tunnels, de salles cachées, de bibliothèques perdues, où le temps n'a pas tout à fait le même sens qu'en surface.

L’autrice alterne le récit principal, celui de Zachary, avec des contes enchâssés, des fragments d'autres histoires, d'autres époques, d'autres lieux, et c'est précisément là que tout se joue : soit on se laisse porter, soit on cherche à tout prix à garder le fil, et on finit par s'épuiser ! Le roman est un florilège de récits fantastiques, une histoire dans les histoires, pourtant cohérente sous des dehors labyrinthiques. Si vous aimez les sociétés secrètes, les symboles — l'épée, l'abeille, la clé pour le destin, la transmission, l’accès aux histoires —, les quêtes et les histoires d'amour, vous trouverez tout cela ici.

La mer sans étoiles est aussi, fondamentalement, une ode à la littérature en elle-même, au pouvoir des histoires de traverser le temps et de trouver leur lecteur. Un vrai OLNI, Objet Littéraire Non Identifié, qui ne ressemble à rien de ce que j’avais déjà lu et exige un lâcher-prise auquel tout le monde n’est pas prêt à consentir. Je m’y suis efforcée, plutôt avec succès puisque j’ai apprécié les trois quarts du roman : son atmosphère, son esthétique, ses personnages, Zachary et son étrange destinée, Dorian et ses mystères, les salles souterraines et leurs trésors…

En revanche, le dernier quart m’a laissée un peu plus dubitative. Le récit devient un peu trop abstrait, trop allégorique, et plus j’approchais de la fin, plus j’avais du mal à lâcher-prise. Au bout du bout, je ne suis pas sûre d'avoir tout compris à la résolution, et c’est toujours un peu frustrant.

Une expérience de lecture unique, à condition d'accepter de se perdre. Parce que les histoires ne meurent jamais, tant qu’on continue à les raconter...

Note : ★★★★☆

Plus d'informations

La mer sans étoiles, d'Erin Morgenstern
Editions Pocket (2021) - 775 pages - Support papier - Fantastique & Horreur

"Aucune histoire ne s'achève jamais vraiment tant qu'elle continue à être racontée." Dans la bibliothèque de son université, Zachary Ezra Rawlins trouve un livre mystérieux, sans titre ni auteur. Découvrant avec stupéfaction qu'une scène de son enfance y est décrite, il décide d'en savoir davantage. C’est le début d’une quête qui le mènera à un étrange labyrinthe souterrain, sur les rives de la mer sans Étoiles. Un monde merveilleux fait de tunnels tortueux, de cités perdues et d'histoires à préserver, quel qu'en soit le prix...

Le site de l'autrice : https://erinmorgenstern.com/


Épouse de bord… Garde-pont… Enfant de pont… Vaisseau d’os… Parle-vent… Arakeesien…

Je me suis lancée dans l’aventure des Vaisseaux d’os avec la sensation d’avoir été jetée par-dessus bord ! J’avoue qu’il m’a fallu un peu de temps pour appréhender les termes spécifiques à R.J. Barker dans ce premier tome de L’Enfant de la Marée. C’est vrai, je me suis sentie un peu perdue pendant quelques dizaines de pages — tout en restant suffisamment intriguée pour continuer. Mais cela participe aussi à l’originalité du monde maritime matriarcal et sombre que l’auteur nous propose ici, et quel univers !

Depuis des générations, les Cent Îles et les Îles Décharnées construisent leurs navires à partir d'os d’Arakeesiens, des dragons des mers qu'elles ont chassés jusqu'à l’extinction. Si ces puissantes créatures ont disparu, les tensions entre les deux nations autour de cette précieuse ressource ne se sont jamais apaisées. C'est sur cette toile de fond que R.J. Barker déroule son récit. Un univers où les femmes gouvernent, où leur fertilité leur confère le pouvoir, et où l'on sacrifie des nouveau-nés pour assurer chance et prospérité à la flotte navale.

Joron Bitord a été condamné à naviguer sur un vaisseau des morts, ces bateaux peints en noir dont l'équipage ne compte que des repris de justice, dont il a pris le commandement. Mais il n'a ni le respect de son équipage ni l'étoffe d'un meneur et se noie dans l'alcool, laissant péricliter L’Enfant de la marée. Un anti-héros pas franchement engageant au premier abord, mais qu’on va prendre un immense plaisir à voir changer, se construire et trouver sa place au sein d'un équipage qu'il n'a pas choisi, et qui ne l’a pas choisi non plus d’ailleurs.

Car tout bascule quand Meas la Chanceuse débarque. Cette femme, chargée d’une mission secrète, reprend en main Joron et son équipage de bons à rien. Meas est un de ces personnages que l'on admire tout de suite, dotée à la fois d'une autorité naturelle qui en impose et d’un magnétisme qui fait qu’on ne peut que la suivre. Grâce à elle, on embarque avec un groupe de condamnés à mort pathétiques et miteux, et on débarque avec un équipage uni, fier, compétent, avec toute la loyauté et les sacrifices que ça implique. Cette évolution collective est l'une des grandes forces du roman.

À première vue, le moteur narratif semble plutôt modeste. Pourtant, le cadre de ce vaisseau noir, en apparence étroit, devient au fil des pages le théâtre de quelque chose de bien plus grand. Les combats maritimes s'enchaînent avec précision, et chaque confrontation révèle un peu plus les enjeux réels de la mission de Meas. Car derrière la survie immédiate se profile une quête désespérée, celle de protéger le dernier arakeesien. Et quand cette créature surgit enfin, dans toute sa démesure, l’histoire bascule dans un récit qui tient presque de l'épopée.

Le tome 2, L'Appel des vaisseaux d'os, vient de paraître en France chez Leha : les rêves de paix de Meas la Chanceuse semblent définitivement partir en fumée alors qu'un complot sinistre se dessine, et l'équipage de L'Enfant de la marée devra naviguer entre les complots politiques, les inimitiés personnelles et les rivalités ancestrales. Inutile de vous dire que j’ai hâte de me le procurer !

Note : ★★★★★

Plus d'informations

L'Enfant de la Marée, tome 1 : Les vaisseaux d'os, de RJ Barker
Editions Leha (2025) - 450 pages - Support papier - Fantasy

Depuis des générations, les Cent Îles et les Iles Décharnées construisent leurs navires à partir d’ossements de dragons des mers et les ont chassés jusqu’à l’extinction. Si les dragons ont disparu, les tensions entre les deux nations autour de cette précieuse ressource ne se sont jamais apaisées. Joron Bitord a été condamné à commander un vaisseau des morts, ces navires peints en noir dont l’équipage ne compte que des repris de justice, voués à semer la terreur et le chaos sur les mers des Cent Îles et des Îles Décharnées et à périr sur les flots. Mais il n’a ni le respect de son équipage ni l’étoffe d’un meneur et se noie dans l’alcool, laissant péricliter son navire. Pourtant, son destin prend une tournure inattendue quand Meas la chanceuse lui ravit le commandement de l’Enfant de la marée en combat singulier. Cette femme dure et sans pitié est animée par une mission secrète qui non seulement donnera une raison de vivre à l’équipage de parias sous ses ordres, mais les fera aussi entrer dans la légende.

Le site de l'auteur : https://www.rjbarker.com/


« Comme quarante pour cent de la population mondiale, vous êtes en surpoids ? Vous ne vous reconnaissez plus dans le miroir ? La nourriture vous contrôle ? Rejoignez dès maintenant Re:Start. » Ce texte publicitaire, c'est la première chose qu'on lit en quatrième de couverture. Et il fait son effet : on ricane un peu, puis on se fige, parce qu'on l'a déjà entendu, ce discours. Pas tout à fait sous cette forme, pas avec ces mots-là, mais dans cette logique. C'est là tout le talent de Katia Lanero Zamora : construire une dystopie qui ne ressemble pas à de la science-fiction, parce qu'elle ressemble trop au monde réel.

Re:Start prend pour cadre une Terre ravagée par les bouleversements climatiques et les guerres, au sein de laquelle existe une bulle : le village Re:Start. Grâce à un programme sportif, des repas calibrés, des gélules minceur et une IA performante, on vous promet de devenir une véritable déesse. Parce que quoi de plus important, quand le monde se meurt, que d'avoir un corps parfait ? Un cynisme à la fois délicieux et glaçant… Re:Start est une novella au rythme rapide. On ne s'ennuie jamais. L'orientation thriller est pleinement assumée, avec une vraie mécanique de tension, une héroïne mise en danger, et une révélation progressive des coulisses de l'organisation.

Katia Lanero Zamora fait le choix d'une novella peuplée exclusivement de femmes, ce qui n'est pas anodin. Mona, le personnage principal, est notre point d'entrée dans ce monde verrouillé, et c'est un choix judicieux, parce que Mona n'est pas une héroïne simple. Elle est convaincue de la toxicité du projet Re:Start, mais elle ne peut s'empêcher d'être séduite et fascinée par le reflet que lui renvoie son miroir. Cette tension interne, entre lucidité et désir d'appartenance, est ce qui la rend profondément humaine, et la lecture carrément inconfortable par moments.

Sous le thriller, il y a un propos dur et nécessaire. L’autrice matérialise dans cette dystopie les injonctions qui pèsent sur le corps des femmes dans une société patriarcale, et montre comment celles-ci s'articulent avec l'endoctrinement et les discours sectaires. Les mécanismes qui gardent les femmes dans une perpétuelle course perdue d'avance, elle en parle très bien sans jamais tomber dans le tract militant, parce que tout passe par la narration, par les corps, par les personnages.

Le seul reproche que je pourrais adresser à ce texte, c'est sa conclusion. Le récit accélère à mesure qu'on approche de la fin, et l'histoire aurait mérité que l’autrice prenne un peu plus de temps pour être pleinement aboutie. C'est le revers du format : quand l'univers est aussi dense et les enjeux aussi forts, un dénouement trop rapide est un peu frustrant. Mais Re:Start a tout d'un grand roman : anticipation sagace et personnages qui questionnent. Une novella percutante, nécessaire, et pas près de vous lâcher.

Note : ★★★★★

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Re:Start, de Katia Lanero Zamora
Editions Argyll (2025) - 117 pages - Support papier - Recueils & Nouvelles

Comme quarante pour cent de la population mondiale, vous êtes en surpoids ? Vous ne vous reconnaissez plus dans le miroir ou vous n’osez même plus vous y regarder ? La nourriture vous contrôle ? Rejoignez dès maintenant Re:Start. Disciplinez-vous et dites adieu aux mauvais comportements. Car vous êtes une déesse et votre corps est un temple. Il y a celles qui se donnent des excuses et celles qui se donnent une chance… Et vous, que choisissez-vous ?
Mona a intégré le prestigieux village Re:Start, une communauté entièrement dédiée à la beauté des femmes. Ses habitantes, les Lumineuses, sont prêtes à embrasser leur féminité et à saisir l’opportunité de devenir des déesses grâce au programme sportif et aux gélules minceur préconisés par leur modèle et mentore, Geneviève. Mona a gravi les échelons, elle est désormais Semeuse. Tout semble parfait dans ce paradis des corps et de la féminité… jusqu’au jour où sa meilleure amie perd le contrôle. Y aurait-il une faille dans ce programme de rêve ?

Le site de l'autrice : https://kalazam.com/


Il y a des sagas qu'on commence avec enthousiasme et qu'on termine avec soulagement. Et puis il y en a d'autres qu'on termine avec ce mélange étrange de satisfaction profonde et de légère mélancolie, celle de quitter des personnages qu'on a appris à aimer, un monde dans lequel on s'était installé. Sorcier de sang, quatrième et dernier tome de la tétralogie Ars Obscura, appartient à la seconde catégorie !

Tout commence en 1815 : Napoléon a conquis l'Europe grâce aux pouvoirs d'Élégast, un mystérieux sorcier, seul capable de pratiquer l'Art Obscur, une forme de magie aussi puissante que terrifiante. Mais la population vit dans la crainte des bulles noires, des manifestations surnaturelles qui engloutissent les gens et libèrent des hordes de monstres dans les campagnes. Ludwig Arcerese, mercenaire amnésique spécialisé dans la traque de ces créatures, croise la route d'Éthelinde Ordant, naturaliste recherchée par toutes les polices de l'Empire, et découvre qu'il sait lui aussi faire appel aux forces de l'Art Obscur.

Trois tomes et bien des péripéties plus tard, Sorcier de sang s'ouvre en 1816, après la chute de Napoléon et la défaite du sorcier Élégast. La France tente d'éviter l'effondrement politique : Irénion Brégante a pris le pouvoir et rétabli le Consulat, espérant maintenir une forme de stabilité. Mais à l'est, le sorcier russe Vakt, dont la puissance semble presque sans limite, marche sur l'Europe à la tête d'une armée de soldats fanatisés et de créatures monstrueuses.

Ce dernier tome s’ouvre sur l’Autre Monde. On y suit Olathena, une pêcheuse du peuple des Alôs. Après un temps de déstabilisation, on comprend vite que ce détour n'est pas un caprice narratif : la dimension féérique de la saga prend ici davantage d'ampleur, l'uchronie historique s'efface presque au profit d'un imaginaire où se mêlent ésotérisme, mythologie et spéculations scientifiques. La menace que Vakt fait peser sur l'humanité devient si grande que les ennemis d'hier vont devoir s'allier, et chercher de l'aide auprès de combattants singuliers.

C'est peut-être l'une des grandes réussites de cette tétralogie : Baranger a su construire une galerie de personnages qui nous tiennent à cœur, malgré leur nombre et la complexité de leurs trajectoires. Les voir converger vers l'affrontement final dans ce dernier tome est une vraie satisfaction. On mesure le chemin parcouru, on redoute de les perdre. Et l’auteur nous offre un dénouement palpitant, mené avec une belle maîtrise, qui tient toutes ses promesses.

Sorcier de sang est le tome que cette tétralogie méritait : ambitieux, généreux, et capable de refermer proprement une fresque qui court sur plus de deux mille pages ! À découvrir, vraiment.

Note : ★★★★☆

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Ars Obscura, tome 4 : Sorcier de sang, de François Baranger
Editions Denoël (2025) - 624 pages - Support numérique - Fantasy

1816. Vaincu par Ludwig, Élégast, le Sorcier Empereur, est en fuite. Afin d'éviter l'effondrement de l'Empire, Irénion Brégante a pris le pouvoir et rétabli le Consulat. Mais la menace russe s'est brusquement accentuée depuis que leur terrifiant sorcier, Vakt, a supplanté le tsar. Irénion doit à tout prix reconstituer la Grande Armée pour empêcher les Russes et l'infâme Faction Rouge d'anéantir les troupes françaises. Éthelinde s'efforce, quant à elle, de découvrir un moyen de refermer les bulles noires permanentes. En outre, les soupçons qu'elle nourrit au sujet de Lithian deviennent si sérieux qu'elle en vient à provoquer une confrontation, afin de faire avouer à la magesse le lourd secret qu'elle semble leur cacher depuis longtemps. De son côté, Ludwig, de plus en plus renfermé, retrouve enfin une raison de vivre lorsqu'il comprend qu'il a une chance de ranimer l'un des anciens portails qui menaient autrefois vers l'Autre Monde. Il ne rêve que de rejoindre la reine Mab. La menace que Vakt, Seigneur de l'Abîme, fait désormais peser sur l'humanité devient si grande que les ennemis d'hier vont devoir s'allier et même chercher de l'aide auprès de combattants singuliers... Chacun craint que les conséquences de l'ultime conflagration qui s'annonce ne signifient rien de moins que la fin de l'humanité...

Le compte Bluesky de l'auteur : https://bsky.app/profile/francois-baranger.bsky.social


Avec ce quatrième volume d'anthologie steampunk, Oneiroi continue de construire une ligne éditoriale cohérente et engagée. Le steampunk y est présenté comme un genre issu de la science-fiction, prenant ses racines dans les écrits de Jules Verne et de H.G. Wells, et qui donne la parole aux marginaux et aux laissés-pour-compte. Ce n'est pas qu'un argument marketing : ça se ressent dans le choix des thèmes de leurs anthologies, et ce quatrième opus s'interroge sur l'utilisation d'inventions technologiques à des fins politiques.

C'est Alexandre Boise qui ouvre le bal avec Le prix du charbon. Son héros, Théodore Nicéphore Niépce, est le fruit de son époque, à savoir xénophobe et sexiste, et il pourra en agacer plus d’un ! En ce qui me concerne, j’ai trouvé que le ton irrévérencieux et la pointe d'humour de cette nouvelle allégeaient le propos sans en diluer la substance. On sent combien l’auteur s’est amusé à l’écrire, et cet entrain est communicatif. Une belle entrée en matière.

Vient ensuite Sacha Page avec Prophétesse. Quelle belle idée que celle de transposer le steampunk dans la Rome antique ! Un mélange audacieux qui fonctionne bien. Voir le colisée et le culte d'Isis revisités à travers le prisme des inventions mécaniques et des jeux de pouvoir religieux, je ne m’y attendais pas du tout. On y croise des personnages que j'aurais volontiers suivis plus longtemps, portés par une plume qui sait créer une belle atmosphère.

J'ai eu un peu plus de mal avec Zvukofon, de Matthieu Clerjaud. L'idée de départ est pourtant pleine de promesses — un phonographe détourné à des fins de propagande, c'est exactement le genre de concept qui fait tout le sel du steampunk engagé. Mais j'ai trouvé que le récit prenait son temps sans tout à fait tenir ses promesses, et la chute ne m'a pas surprise autant que je l'aurais espéré. Rien de rédhibitoire, juste une légère impression de potentiel pas tout à fait exploité.

Paul Carto clôt l'anthologie avec Soleil noir. Ses personnages existent d'emblée. On ne les apprivoise pas progressivement, on les rencontre et on les reconnaît, comme si on les connaissait déjà un peu. C'est un talent rare dans le format court, où les auteurs manquent souvent de place pour donner de l'épaisseur à leurs héros : Carto, lui, n'a pas ce problème. L'immersion est quasi instantanée, et avec elle, l'inquiétude pour ce qui va leur arriver. Le bémol, c’est que, pour moi, le final est un peu trop abrupt, et c’est d’autant plus frustrant que le reste du texte est bon.

Invention & Jeux de pouvoirs est donc une anthologie portée par une ligne thématique cohérente et des textes solides. C’était déjà le cas des recueils précédents, et j’imagine que ça l’est aussi des suivants — oui, je suis en retard dans mes lectures. Le genre de livre qui donne envie de suivre ces auteurs dans leurs futurs projets et de découvrir plus avant le steampunk, alors foncez !

Note : ★★★★☆

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Anthologie de Nouvelles Steampunk, vol. 4 : Invention & jeux de pouvoir, d'un collectif Oneiroi
Oneiroi (2022) - 168 pages - Support papier - Nouvelles & Recueils

Le steampunk joue avec l’histoire du XIXe siècle, la tord et en imagine des ressorts différents de notre réalité. Dans cette anthologie, vous marcherez dans les pas d’inventeurs en quête de gloire, de pouvoir, de connaissance ou d’argent. Pris dans les feux croisés de la politique, ces ingénieurs interrogent leur sens moral : ils devront décider entre mettre leur création au service du gouvernement ou du peuple. Cependant, ce choix leur appartient-il vraiment ?

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