Un profond sommeil m'avait beaucoup plu. Ce roman de Tiffany Quay Tyson, une autrice qui est née et qui a grandi à Jackson dans le Mississippi, bénéficiait d’une atmosphère envoûtante, de personnages aux blessures profondes, et de cette façon si particulière qu’a l’autrice de faire peser le passé sur le présent comme une chape de plomb. Alors je me suis jetée sur Les trois rivières avec enthousiasme, mais de trop grandes attentes sont mauvaises compagnes de lecture.
Nous sommes dans le Mississippi, au confluent de trois rivières, sur une propriété familiale à l'abandon. Après avoir reçu un message urgent de sa mère, Melody, claviériste désenchantée d'un groupe de pop chrétienne, revient à la ferme, où elle découvre que son père est en train de mourir. En parallèle, on suit Geneva, sa mère, qui a tout planté pour aller chercher du réconfort auprès de Pisa, une guérisseuse d'origine chickasaw, et Obi, un fugitif en fuite après avoir grièvement blessé, peut-être tué, quelqu'un qui menaçait son fils Liam, et qui trouve refuge sur la propriété alors que le Mississippi entre en crue.
On nous promet une tempête qui va tout précipiter, des secrets qui remontent avec les eaux, des blessures familiales qui ne pouvaient pas rester enfouies indéfiniment, une catharsis dans la boue et la pluie. Sauf que tout cela met beaucoup de temps à arriver, et nous, on attend. On suit ces trois personnages qui traînent leur misère, sans que se dégage vraiment la tension qu'on nous avait annoncée. La crue, censée être le moteur dramatique, reste longtemps un arrière-plan vaguement menaçant plutôt qu'une force véritablement narrative.
En outre, je ne me suis attachée à aucun des personnages. Melody est trop désenchantée pour qu'on ait envie de la secouer, ou même de la plaindre. Les choix de Geneva m’ont laissée de glace. Et je me suis contentée d’observer Obi, dont la situation aurait pourtant dû susciter une certaine empathie, de loin, sans vraiment me sentir concernée. Ils sont tous, à des degrés divers, plongés dans un marasme dont ils semblent incapables de sortir par eux-mêmes, et cela m’a tenue à distance plutôt que de me tirer vers eux.
Les fils narratifs s'étirent sur trois jours sans que grand-chose ne se passe vraiment, jusqu'à une convergence finale qui arrive un peu tard pour rattraper l'ensemble. Les questions posées — que transmet-on à ses enfants, comment s'émanciper des traumatismes familiaux — auraient pu être intéressantes, mais elles sont noyées dans un récit qui prend beaucoup de temps pour pas grand-chose. Bref, je me suis ennuyée ferme !
Claviériste d'un groupe de pop chrétienne minable, Melody Mahaffey traîne depuis trois ans son mal-être sur les routes des États-Unis. Lorsqu'elle reçoit un appel de détresse de sa mère, Geneva, avec qui elle a une relation difficile, elle décide de revenir à la ferme de Three Rivers, cette vaste propriété à l'abandon du sud du pays que sa famille continue d'appeler "la maison". Là, elle découvre avec stupeur que son père est mourant et que Geneva a déserté le foyer conjugal pour faire une retraite spirituelle auprès d'une femme médecin amérindienne. Alors qu'une pluie torrentielle s'abat sur la région, et que le Mississippi entre dans une crue sans précédent, un fugitif, Obi, et son jeune fils, trouvent refuge à Trois Rivières. À mesure que la terre se désagrège sous les flots, des rancunes, des mensonges et de sombres secrets refont surface, prêts à tout emporter sur leur passage.
Le site de l'autrice : https://www.tiffanyquaytyson.com/








