Le Guet de More, premier tome de la duologie Contrer les brumes, paru en 2025 aux éditions Scrinéo, avait posé les bases d'un univers original et d'une héroïne attachante. Orgaï, la cité nomade, second et dernier tome du diptyque, paru en avril 2026, referme cette histoire, et de quelle manière !
L'Amertume est une étendue de brumes mortelles qui gagne peu à peu sur le monde habitable. Elle charrie des spores qui propagent une maladie dégénérative fatale, et en son sein, rôdent les chimères, des insectes géants monstrueux. Pour se protéger, des bastions appelés guets utilisent le feu bleu, une composition alchimique capable de tenir les brumes à distance. Clervie est la seule femme du guet de More. Apprentie alchimiste dans un univers résolument masculin, elle cache un lourd secret lié à la brume. Jusqu’au jour où Noweramu, un chimèron, hybride mi-humain mi-chimère, est fait prisonnier par les guetteurs…
Orgaï, la cité nomade reprend exactement là où Le Guet de More s'était arrêté : Clervie a fui le bastion et se retrouve à errer sur le Rivage avec Nowe, lequel n'a qu'une envie, se débarrasser de cette responsabilité inattendue. Déterminé à rejoindre Orgaï, la cité dont il est originaire, il ne peut cependant se résoudre à abandonner celle qui l’a libéré.
Je dois l'avouer, j'ai mis du temps à entrer dans ce tome. Les premières pages m'ont semblé résolument jeunesse, et je ne dis pas ça comme un reproche, mais comme un constat de lectrice qui cherchait peut-être quelque chose de plus… recherché ? La relation naissante entre Clervie et Nowe m'a d'abord laissée sceptique. Ces deux êtres n’ont absolument rien en commun, et pourtant un lien se tisse. Trop vite ? Trop facilement ? J'avais du mal à y croire, à me laisser porter par ce qui semblait vouloir devenir une romance dans un cadre hostile.
Mais Léa Muna avait bien plus de suite dans les idées qu’une banale romance ! À partir du moment où nos deux héros atteignent enfin Orgaï, cette cité nomade dont le concept même est une idée formidable, et dont je ne dirai rien de plus pour préserver la surprise, le roman change de vitesse. Et la seconde moitié, je l'ai littéralement dévorée. Car l’intrigue révèle une complexité inattendue.
Léa Muna a construit un univers vraiment riche, cohérent, qui ne se résume pas à son décor spectaculaire. Son monde est une vraie réussite : alchimie, politique, philosophie, sans parler de la relation qu'elle tisse entre humanité et nature… Cela fonctionne parfaitement bien ! Et l'émotion, qui tardait à venir, finit par arriver. Les derniers chapitres m'ont vraiment remuée. La relation entre Clervie et Nowe, que j'avais trouvée trop précipitée au départ, prend une profondeur et une nuance qui la rachètent largement. Ce n'est pas une romance fleur bleue, c'est quelque chose de plus délicat, de plus respectueux des différences entre les deux personnages, et c'est précisément ce qui la rend touchante.
Orgaï, la cité nomade est une conclusion réussie pour une duologie qui méritait son lectorat. Donnez-lui le temps de se déployer et vous serez récompensés par un récit intense, prenant, et porté par un univers d'une originalité rare dans la fantasy francophone actuelle. Léa Muna est une autrice à suivre, et je ne vais pas m’en priver !
Après sa fuite du guet de More, la jeune alchimiste, en quête de réponses, désire suivre le chimèron. Ce dernier a un autre plan en tête : se libérer de toute responsabilité envers elle. Mais sur le Rivage, personne n'est jamais seul... Et il devient souvent difficile de distinguer ses alliés de ses ennemis. Parviendront-ils à esquiver brumes et chimères afin d'atteindre Orgaï, la cité-nomade ? Pour réussir, Clervie et Noweramu devront s'en remettre l'un à l'autre, car leur survie dépend du lien qui les unit. Et si ce voyage vers Orgaï était celui du cœur et de la vérité ?
Le compte Instagram de l'autrice : https://www.instagram.com/lea_muna/








