Éric Giacometti et Jacques Ravenne forment un duo assez unique : l’un est profane, l’autre initié. Amis de longue date, férus de symbolique et d'ésotérisme, ils collaborent depuis 2005 et la sortie du premier opus de leur série consacrée aux enquêtes du commissaire franc-maçon Antoine Marcas. Le règne des Illuminati, paru en 2014, en constitue le neuvième volet, mais c’est ma toute première excursion dans l’univers de ces deux auteurs. J'ai bien aimé l'expérience, même s’il souffre, à mon sens, de quelques défauts.
Marcas affronte ici une organisation secrète qui se revendique des Illuminati, ce groupe occulte qui enflamme les imaginations depuis sa disparition, au XVIIIe siècle. Deux histoires sont racontées en parallèle, avant de plus ou moins se recouper à la fin du livre. De Paris à San Francisco, Marcas remonte la piste d'une conspiration qui prend ses racines en 1794 dans la Révolution française – l’une des trames narratives, menée par Annibal Ferragus, chargé d’élucider le meurtre d'une jeune femme mutilée – et va traverser les siècles jusqu'au cœur de la Silicon Valley – l’autre trame narrative, celle de Marcas.
J'ai particulièrement apprécié ces deux fils temporels et leurs héros respectifs. Marcas, le commissaire contemporain, incarne le flic intègre pris dans une affaire qui le dépasse. Mais le personnage d’Annibal Ferragus apporte une vraie plus-value à l'histoire. Ce policier révolutionnaire, confronté à la Terreur de Robespierre, évolue dans un contexte historique passionnant. Tous deux partagent les mêmes valeurs maçonniques et la même détermination. En revanche, j’avoue avoir été déçue par la manière dont leurs histoires se rejoignent, trop superficielle à mon goût. J’attendais quelque chose de plus profond.
Le roman souffre également de quelques longueurs, notamment au milieu du récit, où j’ai parfois eu l’impression que l’intrigue tournait en rond et que les deux auteurs tiraient sur la corde pour atteindre un format plus conséquent. Chapitres courts, alternance entre les deux époques, rebondissements en tous genres : tout était conçu pour maintenir le lecteur en haleine. L'écriture reste d’ailleurs efficace, le style accessible et fluide, mais… Certains passages auraient quand même gagné à être raccourcis !
Du règne de la Terreur à l'assassinat du président Kennedy, des loges maçonniques au Bohemian Club américain, apprêtez-vous à plonger dans l'histoire secrète des États-Unis ! Une dimension qui constitue à la fois la force et la faiblesse du roman. D'un côté, elle crée une tension narrative prenante et permet aux auteurs d'explorer des zones d'ombre fascinantes de l'Histoire. De l'autre, elle verse parfois dans le complotisme un peu facile, et la surenchère dans le final - si bien que j’ai fini par m’y perdre un peu, très honnêtement.
Cela étant dit, malgré ces quelques réserves, j'ai passé un bon moment de lecture, ne vous y trompez pas. Les auteurs maîtrisent leur sujet et parviennent à vulgariser des concepts complexes sans ennuyer le lecteur. Je reprendrai sûrement la saga du début un jour, petit à petit. Cette première incursion m'a donné envie de découvrir les aventures antérieures d'Antoine Marcas. Un bon thriller ésotérique, donc, même s'il aurait gagné à être un peu plus resserré.
Paris, siège de l'Unesco : l'abbé Emmanuel est abattu par un tireur isolé. Un assassinat rappelant à certains celui de Kennedy et qui alimente très vite les plus folles thèses conspirationnistes. D'autant que la juge Gardane a découvert que le tueur était franc-maçon. À charge maintenant pour le commissaire Marcas de faire la lumière sur les possibles implications de cette révélation. De Paris à San Francisco, Marcas va affronter le fantôme d'une société secrète qui enflamme les imaginations depuis sa disparition mystérieuse, au XVIIIe siècle. L'enjeu : une découverte aux frontières de la science...
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