Schémas artificiels, de Martha Wells

Après Défaillances systèmes, Martha Wells poursuit les aventures de son androïde émancipé dans le deuxième tome de Journal d'un AssaSynth : Schémas artificiels. Si j'ai plutôt apprécié cette lecture, il faut reconnaître que l'effet de surprise du premier opus a disparu, et que cette suite ne m'a pas emballée plus que ça.

Toujours accro aux séries télévisées et à la recherche de sa place dans une société qui n’en prévoit aucune pour les machines autonomes, AssaSynth s’est fait embaucher comme consultant de sécurité auprès de trois scientifiques en litige avec leur employeur, qu'il sauve de plusieurs tentatives de meurtre et d'un kidnapping. Parallèlement à cette mission, il cherche à remonter le fil de son passé et à comprendre ce qui s'est réellement déroulé lors du massacre dont il était fait mention dans le tome 1.

La mise en place de l'intrigue est un peu laborieuse, et la première partie de la novella, consacrée aux échanges entre AssaSynth et EVE - pour Emmerdeur de Vaisseau Expéditionnaire -, une IA de vaisseau de transport, manque un peu de rythme. Leurs interactions sont pleines de cette ironie mordante qui fait tout le sel de la saga, cette relation permettant à Wells d'explorer la conscience émergente de son personnage, ses capacités relationnelles, sa difficulté à gérer les émotions qu'il ne devrait pas éprouver. Mais cela manque d’action et, même si la seconde partie relance l’intrigue proprement dite, la novella peine à trouver son équilibre.

Le côté ironique et mordant d'AssaSynth reste présent, même s'il y a un peu moins d'humour dans ce tome que dans le précédent. Le ton pince-sans-rire de l'androïde continue de faire mouche lorsqu'il commente avec détachement les absurdités du comportement humain, ou qu'il compare sa situation à celle des personnages de ses séries préférées. La dimension psychologique d’AssaSynth est très réussie, ça, on ne peut pas le lui enlever, et l'écriture à la première personne permet de rester au plus près des pensées de l'androïde, de saisir ses doutes, ses frustrations, sa façon à lui d'analyser les situations.

Toutefois, cette voix si particulière ne suffit plus à elle seule à porter l'intrigue, et on se rend compte que la formule commence à s'essouffler légèrement. Surtout que l’intrigue principale n’est pas non plus extraordinaire. Les tentatives de meurtre contre les trois scientifiques sont prévisibles, le déroulement de l'enquête suit des rails bien balisés, et même la révélation concernant le massacre passé manque de punch. L’autrice ne prend aucun risque, préférant rejouer une partition éprouvée plutôt que d'explorer de nouvelles directions : quête de soi, intelligence artificielle, libre arbitre…

Schémas artificiels reste donc une lecture plaisante, mais inégale. On y retrouve ce qui faisait le charme du premier tome, mais l'effet de nouveauté s'est estompé et l'intrigue manque de punch. Néanmoins, l'exploration de la personnalité d'AssaSynth et l'introduction d'EVE constituent des apports intéressants qui justifient la lecture. Pour l’instant…

Note : ☆☆

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Journal d'un AssaSynth, tome 2 : Schémas artificiels, de Martha Wells
Lizzie (2024) - 3h 48mn - Support audio - Science-fiction

Les SecUnits se moquent pas mal des actualités. Même après avoir piraté mon module superviseur et débloqué mes accès, je n’y ai jamais prêté grande attention. D’abord, parce que les téléchargements de contenu multimédia risquent moins de déclencher les alarmes éventuelles des réseaux locaux et satellitaires, mais surtout, parce que les informations sont d’un ennui mortel et que je me fiche éperdument des querelles entre humains tant que je n’ai pas 1) à y mettre un terme, 2) à nettoyer après eux. Où AssaSynth se fait passer pour un humain augmenté et embaucher comme consultant de sécurité auprès de trois scientifiques en litige avec leur employeur...

Le site de l'autrice : https://marthawells.com/

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