Le fils du magicien, de Sandrone Dazieri

Il y a des romans qui vous happent dès les premières pages, qui vous tiennent en haleine, vous font frissonner. Et puis il y a les autres… Malgré un quatrième de couverture intrigant, Le fils du magicien de Sandrone Dazieri peine à captiver vraiment.

L’histoire suit Antonio, un adolescent de 15 ans dont le père, un ancien forain surnommé "le Magicien", est retrouvé mort brûlé dans sa caravane. Convaincu qu’il ne s’agit pas d’un accident, Antonio décide de mener sa propre enquête. Une fiction qui repose sur les actes du “Monstre de Florence”, un tueur en série qui a fait trembler la Toscane de 1968 à 1985. Une bonne idée sur le papier, mais je suis un peu passée à côté.

Le premier problème vient d’Antonio lui-même. Il devrait être le moteur du roman, celui qui nous embarque avec lui dans sa quête de vérité. Sauf qu’il manque de personnalité, de profondeur, et que, si l’on comprend son chagrin et sa colère, on ne les ressent pas vraiment. On peine à s’attacher à lui et on reste détaché face à ce qui lui arrive (à savoir pas grand-chose, en définitive). C’est d’autant plus dommage que l’histoire repose entièrement sur lui.

Autre point négatif à mon sens : l’absence de suspense. Dès le début, on nous présente la mort du père comme un mystère à résoudre, et pourtant, on ne ressent jamais réellement de tension. Antonio trouve des indices, interroge des gens, mais il n’est jamais vraiment en danger et on a l’impression qu’il enquête plus par désœuvrement qu’autre chose. Le récit avance, certes, mais sans le petit frisson qu’on attend d’un bon thriller.

L’univers des forains et des marginaux aurait pu être un terrain de jeu fascinant pour une histoire de vengeance et de secrets. Mais tout reste en surface. Les personnages secondaires, censés apporter de la couleur et du mystère, ne sont pas assez creusés. L’auteur nous donne quelques pistes, quelques éléments de contexte, mais rien qui ne vienne enrichir réellement l’intrigue.

Au final, Le fils du magicien n’est pas un mauvais livre en soi, il se lit bien, mais ce n’est pas non plus un bon thriller. Il manque d’émotion, de tension et d’un héros auquel on puisse vraiment s’attacher. On tourne les pages, on arrive à la fin, et... on referme le livre sans grand souvenir marquant. Moi qui avais adoré la saga Dante Torre du même auteur, je suis restée sur ma faim !

Note : ☆☆

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Le fils du magicien, de Sandrone Dazieri
Robert Laffont (2025) - 175 pages - Support papier - Thrillers & Polars

Nord de l'Italie, été 1993. Antonio, 15 ans, vient de terminer le collège et attend impatiemment les vacances. Mais son père, surnommé le Magicien, est retrouvé mort dans sa caravane incendiée. Un bouquet de roses rouges est déposé près de la dépouille, possible signature d'une mafia ou d'une secte. Antonio mène l'enquête au sein du milieu forain dans lequel il vivait.

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