mercredi 16 septembre 2020

Dracula, de Bram Stoker


Voilà un roman qui dort dans ma PAL depuis des lustres, sans que je me décide à l’en sortir. Il faut dire que les vampires n’ont plus vraiment la cote ces dernières années, et même si le célèbre Comte n’a pas grand chose à voir avec Edward Cullen, Stephenie Meyer a bien cassé le mythe. Enfin, je le croyais... Cela étant, j’ai profité de cette rentrée et d’un petit challenge organisé sur l’Imag’In Café pour me lancer dans ce classique de la littérature fantastique et découvrir Dracula.

Soyons clairs : c’est une lecture qui s’est avérée laborieuse pour moi, aussi bien par la forme que par le fond. L’histoire nous est racontée au travers de journaux intimes, ceux d’un petit groupe d’amis qui vont être confrontés au terrible comte Dracula. De ce fait, les dialogues sont quasi inexistants et remplacés par de longs monologues où l’on nous retrace les faits par le menu, avec force détails et circonvolutions. Le style est très ampoulé* avec des phrases à rallonge qui rendent la lecture pas très agréable. Alors cela cadre sans doute avec ce qui se faisait à l’époque, je veux bien le croire, il n’empêche que j’ai trouvé ça ennuyeux au possible.

En outre, contrairement à l’effet escompté, cela instaure une telle distance avec les personnages qu’on ne s’attache pas vraiment à eux. Ils sont si éloignés de nous, tant par leur comportement machiste que par la lenteur de leurs esprits face à Dracula, qu’on a juste envie de les secouer. Tout est si prévisible. Quant au Comte, il est quasi inexistant. On le côtoie quelques temps dans la toute première partie, en Transylvanie, et puis plus du tout ensuite. Tout mon intérêt pour ce roman résidait là-dedans : je m’attendais à apprendre plein de choses sur le mythe de Dracula. Raté !

Mais alors complètement, car il n’y a pas de mythologie derrière tout ça et Dracula m’a semblé bien bien creux. Van Helsing le dépeint comme une créature puissante et à l’intelligente exceptionnelle, pleine de dédain et de morgue. Il nous faut le croire sur parole car ce n’est pas du tout ce qu’on nous montre. La traque est à peine plus intéressante : il n’y a aucun suspens dans cette quête de caisses pleines de terre ! Et quand enfin s’annonce la confrontation, elle est si rapide qu’elle nous laisse complètement frustrés avec un goût d’inachevé. Tout ça pour ça ?!

Au final, ce roman est une réelle déception. Je m’étais pourtant préparée à un style un peu vieillot mais j’espérais plus de mordant et je suis complètement passée à côté. Je le referme avec ennui et surtout le sentiment d’avoir vu un mythe s’écrouler. Un comble !

* Nota bene : Je me suis rendue compte après coup qu'il existait d'autres traductions que celle de Jacques Finné en ma possession et pour en avoir parcouru au moins une, il semble que cela change pas mal la donne.

Note : ★☆☆☆

Plus d'informations

Dracula, de Bram Stoker
Le Livre de Poche (2009) - 604 pages - Support papier - Fantastique & Horreur

Répondant à l'invitation du conte Dracula qui prépare son prochain voyage en Angleterre, Jonathan Harker découvre à son arrivée dans les Carpates un pays mystérieux. Un pays aux forêts ténébreuses et aux montagnes menaçantes. Un pays peuplé de loups dont les habitants se signent au nom de Dracula. Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu'éprouver une angoisse grandissante. Ce comte, qui contrôle son courrier et verrouille les portes de son château, ne se reflète pas dans les miroirs et se déplace sur les murs en défiant les lois de l'apesanteur... Jonathan Harker doit se rendre à la terrifiante évidence : il est prisonnier d'un homme qui n'est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres...

2 commentaires:

  1. Je l'ai lu il y a longtemps mais je me souviens avoir beaucoup aimé cette lecture. Cela m'avait amusée de retrouver les différents aspects au fondement de la mythologie du vampire contemporain tout en étant plongée dans une atmosphère très gothique. Je trouve la scène au début du roman, quand Jonathan arrive au château du Comte, particulièrement réussie :)
    En revanche, je suis tout à fait d'accord avec toi en ce qui concerne les longueurs du roman...

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    1. Je crois que mon problème, c'est que je n'y ai pas trouvé mon compte en termes de "fondements de la mythologie du vampire", justement. Ne sont restées que les longueurs et du coup...
      Merci de ton passage ici ! :)

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