vendredi 6 juillet 2018

Le silence du rossignol, de Lian Hearn


Voilà un livre qui traîne dans ma PAL depuis plusieurs années ! Il faut dire que l’Asie et sa culture ne m’ont jamais particulièrement attirée et j’avais presque acheté ce livre à mon corps défendant, parce que de nombreuses personnes dans mon entourage m’en disaient du bien. De là à décider de se plonger dedans, il y avait un pas à franchir et il m’a fallu du temps pour ça.

Il n'empêche que sans ce petit parfum d’Asie justement, Le silence du rossignol serait un roman de fantasy très classique. C’est une quête initiatique, celle d’un jeune homme innocent dont toute la famille est massacrée sous prétexte de religion par la dictature en place, et sur les épaules duquel va reposer la libération de tout un peuple. On a déjà lu ça des centaines de fois, au bas mot, mais la particularité du roman de Lian Hearn, c’est qu’il se déroule dans un Japon féodal imaginé et qu’on y trouve les mœurs et les décors qui vont avec.

A cause de mon manque chronique de connaissances sur le sujet, l’expérience était intéressante. J’ai eu un mal fou à me faire aux noms propres japonais : prénoms, noms, lieux me demandaient un réel effort de concentration - et je suis d’ailleurs toujours incapable de lire Yaegahara sans le prononcer laborieusement dans ma tête - mais j’ai fini par m’y faire. Je m’attendais à davantage de descriptions par contre, tant des rizières, des maisons ou des jardins que des coutumes, et je suis restée un peu sur ma faim de ce côté-là. Ce qui m’a beaucoup plu en revanche, c’est la sérénité qui se dégage de certains passages, ces moments hors du temps où tout semble suspendu…

Takeo est un personnage très attachant et les relations qui s’établissent entre Shigeru et lui ont su me toucher. Elles sont empreintes de respect et de loyauté. J’ai moins accroché au personnage de Kaede et à leur amour au premier regard, en revanche, je n’y ai pas cru une seule seconde. C’est dommage parce que, indépendamment de lui, cette jeune fille a une destinée intéressante, bien qu’elle soit un peu trop soumise à mon goût. Dans cette civilisation, tout semble passer par les hommes et les guerriers en particulier.

Une lecture plaisante et agréable, qui m’aura apporté son lot de découvertes sans l’aspect un peu rébarbatif et laborieux que je craignais. Il me reste quand même une foule de questions, sur les Invisibles et leur religion, sur la Tribu et les pouvoirs innés de ses membres, et je compte bien sur la suite pour m’apporter quelques réponses. En un mot, rafraîchissant !

Note : ★★★★☆

Plus d'informations

Le Clan des Otori, tome 1 : Le silence du rossignol, de Lian Hearn
Editions Gallimard (2002) - 329 pages - Support papier - Fantasy

Dans sa forteresse d’Inuyama, l’impitoyable seigneur Iida Sadamu, du clan des Tohan, assure sa protection grâce au “parquet du rossignol” qui conduit à sa chambre. Construit avec un art consommé, ce parquet chante au moindre effleurement d’un pied humain. Aucun assassin ne peut le franchir sans qu’Iida l’entende… Au XVIème siècle, dans un Japon médiéval mythique, le jeune Takeo grandit dans un village tranquille, au sein d’une communauté qui condamne la violence. Mais cette communauté est victime de persécutions, et les habitants du village de Takeo sont massacrés par les hommes d’Iida. Sauvé et adopté par sire Shigeru, chef du Clan des Otori, le jeune garçon se trouve plongé dans un univers d’intrigues et de luttes violentes entre les clans de ce Japon féodal. Animé par son désir de vengeance et son devoir de loyauté, transporté par l’intensité de son amour pour la belle Kaede, Takeo devra trouver sa propre voie. Sa quête le conduira derrière les murailles d’Inuyama, où il devra franchir le parquet du rossignol… cette nuit-là le rossignol se taira-t-il ?

Site de l'auteur : http://www.lianhearn.com/

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