dimanche 20 mai 2018

Sleeping Beauties, d'Owen & Stephen King


On se retrouve aujourd’hui avec la chronique du dernier Stephen King, un roman écrit à quatre mains avec son fils cadet Owen. Je ne vais pas vous faire l’injure de vous présenter le père, mais Sleeping Beauties est le troisième livre du fils, aucun des deux précédents n’étant paru en France. Sorti début mars, il a beaucoup fait parler de lui, la faute à un thème d’actualité, prolongement des débats actuels sur le harcèlement et les inégalités homme-femme. La couverture est juste splendide et j’attendais cette parution avec grande impatience.

C’est donc un pavé de plus de 800 pages que nous proposent le père et le fils. On y suit plusieurs personnages au sein d’une petite ville des Appalaches, Dooling, à l’heure où la fièvre Aurora s’abat sur le monde. Aurora ? Les fans de Walt Disney auront reconnu le prénom de la princesse Aurore de La Belle au Bois Dormant ! C’est une drôle d’épidémie qui touche exclusivement les femmes. Quand elles s’endorment, elles ne se réveillent plus. Elles continuent de respirer mais un étrange cocon visqueux rappelant la toile d’araignée les recouvre et malheur à celui qui se risquerait à tenter de les en sortir, elles passent alors à l’attaque !

Adepte des romans de Stephen King depuis l’adolescence, j’ai tout lu de lui, et Sleeping Beauties m’a énormément rappelé Dôme, en particulier dans la manière dont la tension monte petit à petit jusqu’à atteindre son paroxysme cataclysmique. Les personnages sont nombreux, et si l’on devine rapidement quels sont les bons et les méchants, l’évolution de certains d’entre eux, poussés par la peur ou l’ambition, sonne juste et n’en est que plus horrible. Malgré tout, je dois bien avouer que j’ai trouvé la première partie de ce roman très très longue. Pas au point de laisser tomber, mais à celui de commencer un autre livre en parallèle !

Le thème est pourtant très bien mené. On pourrait craindre un certain manichéisme, mais les King évitent l’écueil haut la main avec des personnages particulièrement bien construits, ayant tous leurs parts d’ombre et de lumière. Car dans la petite ville de Dooling, secrets et mensonges foisonnent dans toutes les familles ! Et puis il y a Evie, mystérieuse jeune femme insensible à la fièvre Aurora, capable de lire dans les pensées et de commander aux papillons de nuit. Elle prend partie pour la gente féminine, et elle est sans pitié, mais quel est son réel objectif ?

Au final, une lecture sympathique. Une très belle idée de départ et des personnages très intéressants, complexes et bien construits, mais une intrigue qui traîne malheureusement en longueur dans sa première partie. Si j’ai passé un agréable moment, on est néanmoins bien loin des coups de cœur que Stephen King sait si bien déclencher chez moi.

Une lecture commune avec Aristide, Charlène, Jorian, Mathys, Piplo et Shy.

Note : ★★★★☆

Plus d'informations

Sleeping Beauties, d'Owen & Stephen King
Editions Albin Michel (2018) - 830 pages - Support numérique - Fantastique & Horreur

Un phénomène inexplicable s’empare des femmes à travers la planète : une sorte de cocon les enveloppe durant leur sommeil et si l’on tente de les réveiller, on prend le risque de les transformer en véritables furies vengeresses. Bientôt, presque toutes les femmes sont touchées par la fièvre Aurora et le monde est livré à la violence des hommes. À Dooling, petite ville des Appalaches, une seule femme semble immunisée contre cette maladie. Cas d’étude pour la science ou créature démoniaque, la mystérieuse Evie échappera-t-elle à la fureur des hommes dans un monde qui les prive soudainement de femmes ?

Site de l'auteur : https://owen-king.com/ et https://www.stephenking.com/

4 commentaires:

  1. Mmh, celui-ci me fait bien envie, du coup ! :-) Ceci dit, j'ai récemment lu "Sac d'os" de King, et j'avais failli abandonner suite à de très nombreuses longueurs. Or je vois que tu parles ici de longueurs dans "Sleeping Beauties"...

    Les deux sont-ils comparables côté rythme ?

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    1. Si tu crains les longueurs, ça risque de coincer avec King d'une manière générale. Il aime prendre son temps, surtout au début de ses livres, nous faire découvrir ses persos et leur petite vie tranquille avant que le surnaturel ne s'invite.
      Après, certains sont plus longs que d'autres, et je crois que Sleeping Beauties fait partie des pires de ce côté-là ! Je ne me souviens plus précisément de Sac d'os, et malheureusement, je ne chroniquais pas encore à l'époque.
      En résumé, je pense que pour apprécier King, il y a mieux...

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    2. Hé bien figure toi que j'aime beaucoup King, malgré ses longueurs récurrentes ! :-) Comme quoi, tout arrive ! J'en ai lu une petite dizaine, mais si certains ont été géniaux (Salem, Simetierre, Marche ou crève), d'autres ont été plus compliqués (comme Sac d'os, justement). Du coup je note Sleeping Beauties pour le "cas-où" ... mais en gardant en tête que ses longueurs ne sont peut-être pas les meilleures de King ^^ Merci, en tout cas !

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    3. Oui, c'est exactement ça ! ;-)

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