samedi 26 mai 2018

Ne lâche pas ma main, de Michel Bussi


Ne lâche pas ma main est le second roman de Michel Bussi que je lis, après Un avion sans elle. Si à l’époque, j’avais plutôt bien aimé cette intrigue méticuleusement construite, je dois avouer que cette fois, ça n’a pas très bien fonctionné. Je ne me suis pas sentie très concernée par l’histoire de Martial, et comme souvent quand on s’ennuie, on cherche la petite bête.

Le récit prend place sur l’île de la Réunion, un endroit apparemment assez éloigné de l’image que l’on pourrait s’en faire, entre plages paradisiaques et ti punch ! Comme souvent, la réalité est très loin de celle que l’on veut bien montrer aux touristes, et la cohabitation entre créoles, malbars, cafres, zarabes ou zoreilles n’est pas toujours évidente dans un contexte économique compliqué. Le couple Bellion est néanmoins venu passer des vacances de rêve sur l’île avec Sofa, leur petite fille de six ans, et tout se passerait bien dans le meilleur des mondes si Madame ne disparaissait pas brusquement en abandonnant son sang partout dans la chambre !

Dès lors, Monsieur est le premier suspect, d’autant qu’il n’a pas franchement l’attitude d’un innocent, et que son passé trouble sur l’île semble prendre un malin plaisir à refaire surface. Alors il fuit ! Il embarque sa fille dans une voiture et se fait la malle, tous les flics aux fesses. Un coupable idéal dont on se doute bien qu’il n’est pas si méchant, mais le seul problème, c’est qu’il est aussi sympathique qu’une porte de prison. A partir de là, on n’a pas envie de le plaindre. En réalité, on ne ressent même pas grand chose à son sujet. Celle qu’on plaint, c’est Sofa, d’avoir un père pareil !

Si l’atmosphère de la Réunion est assez bien rendue (même si j’ai trouvé que les nombreux mots en créole appuyaient un peu trop le propos), je n’ai pas réussi à rentrer dans l’histoire comme je l’aurais aimé. Il est vrai que c’est un véritable jeu de piste, mais on est bien loin de l’intensité d’un Chattam, d’un Dazieri ou encore d’un Sire Cédric. Le style est fluide, et les chapitres courts font qu’on avance très rapidement, mais on lit sans passion. Sous prétexte de ménager son suspens, l’auteur en dit trop peu de ses personnages, il reste en surface là où j’aurais aimé qu’il aille gratter un peu pour voir ce qu’il y avait en dessous. Finalement, ma préférée aura été un personnage archi secondaire, la petite amie de Christos !

En résumé, un roman qui ne m’a pas vraiment convaincue. Le cadre est sympathique, et l’auteur excelle à nous montrer ses différents aspects, mais les personnages ne sont guère attachants, et l’intrigue manque vraiment d’intensité. On se surprend à lire mécaniquement et quand arrive le dénouement, on se targue d’un unique “Ouais, bof…” et on oublie bien vite ce livre pour passer au suivant.

Note : ★★★☆☆

Plus d'informations

Ne lâche pas ma main, de Michel Bussi
Editions Pocket (2014) - 440 pages - Support papier - Thrillers & Polars

Un couple amoureux dans les eaux turquoise de l’île de La Réunion. Farniente, palmiers, soleil. Un cocktail parfait. Pourtant le rêve tourne au cauchemar. Quand Liane disparaît de l’hôtel, son mari, Martial Bellion, devient le suspect n° 1. D’autant qu’il prend la fuite avec leur fille de six ans. Barrages, hélicoptères… la course-poursuite est lancée au cœur de la population la plus métissée de la planète. Et si cette chasse à l’homme, ponctuée de cadavres, dissimulait la plus redoutable des manipulations ?

Site de l'auteur : http://www.michel-bussi.fr/

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