mardi 3 juin 2014

Celui dont le nom n'est plus

Celui dont le nom n'est plus, de René Manzor

Editions Kéro (2014)
Format broché, 400 pages
Thriller & Polar

Londres, au petit matin. Sur une table de cuisine, un homme vidé de ses organes. Devant une vieille dame sous le choc, l’inspecteur McKenna a sa mine des mauvais jours. Pourquoi cette femme à la vie exemplaire a-t-elle massacré l’homme qu’elle a élevé comme son fils ? Ça n’a aucun sens. Pourtant, tout l’accuse.
Deux jours après, ça recommence. Un homme tué de façon similaire par la personne qui l’aime le plus au monde. Toutes les vingt-quatre heures, un nouveau supplicié. Tous ces meurtres ont comme point commun : des présumés coupables éplorés et une épitaphe en lettres de sang où l’on peut lire : "Puissent ces sacrifices apaiser l’âme de Celui dont le Nom n’est plus".
Trois destins vont se lier autour de ces meurtres incompréhensibles. McKenna, flic irlandais, père de quatre garçons, veuf depuis un an et fou de chagrin. Dahlia Rhymes, criminologue américaine, spécialiste en meurtre rituel et satanique, désignée pour comprendre les ressorts des assassins. Nils Blake, avocat qui a rangé sa robe, mais remonte au créneau pour défendre ces coupables pas comme les autres. Trois destins, et trois vies détournées à jamais de leur cours.

Ma chronique
Avant d’écrire des histoires, René Manzor a commencé par en réaliser. Ses deux premiers films, Le Passage et 3615 Code Père Noël, l’ont fait remarquer aux Etats-Unis où il a travaillé quelques années avant de rentrer en France et de se mettre à l’écriture. Celui dont le nom n’est plus est son second roman, un thriller haletant pour la découverte duquel je remercie vivement les éditions Kero.

C’est roman extrêmement addictif que celui-ci. Dès les toutes premières pages, l’auteur nous embarque, et avec quelle facilité, dans une histoire palpitante, et d’un réalisme qui fait froid dans le dos. Un univers qui ne nous est pas complètement étranger, puisqu’il y est question de don d’organes, d’hypnose, de rites funéraires, autant de notions qui nous parlent, et qui sont ici manipulées par le tueur. Le style est fluide et direct, mais jamais gore, les descriptions les plus dures nous étant heureusement épargnées. Et à raison puisqu’on n’a aucun mal à appréhender toute l’horreur de la situation, même sans elles.

Les personnages sont à la fois un peu clichés et en même temps particulièrement attachants. Le flic un peu bourru qui s’évertue à élever tout seul ses quatre enfants, suite au décès de son épouse ; la profileuse américaine au passé torturé qui débarque là-dedans comme un chien dans un jeu de quille ; l’avocat de la défense, cador du barreau et néanmoins attachant par ses antécédents médicaux. Un trio de personnages très aboutis, bénéficiant chacun d’un passé, d’une histoire, d’un vécu qui l’a construit et nous le rend presque réel, attachant en tous cas.

L’enquête est menée tambour battant, les rebondissements sont nombreux, et la tension va crescendo jusqu’à un dénouement pour le moins explosif. Mais tout tient parfaitement debout. Le lecteur dénoue les fils de l’intrigue en même temps que les enquêteurs. On appréciera que l’auteur ait osé aller au bout des choses, et ne pas ménager ses personnages sous prétexte d’un happy end. Une fin qui reste surprenante, malgré tout, et à laquelle j’ai complètement adhéré. Une lecture sous influence, on en redemande ! Un auteur qu’on aurait envie de découvrir plus avant.

Note : ★★★★★

2 commentaires:

  1. ah ! je note ce titre tu n'en dis pas trop, mais juste assez pour me donner l'envie de m'y pencher, tout ça m'intrigue diablement ! bises ;)

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    1. C'est toujours difficile de ne pas spoiler, avec les thrillers. Je m'en voudrais de gâcher ton futur plaisir ! ;o)

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