Il y a des sagas qu'on commence avec enthousiasme et qu'on termine avec soulagement. Et puis il y en a d'autres qu'on termine avec ce mélange étrange de satisfaction profonde et de légère mélancolie, celle de quitter des personnages qu'on a appris à aimer, un monde dans lequel on s'était installé. Sorcier de sang, quatrième et dernier tome de la tétralogie Ars Obscura, appartient à la seconde catégorie !
Tout commence en 1815 : Napoléon a conquis l'Europe grâce aux pouvoirs d'Élégast, un mystérieux sorcier, seul capable de pratiquer l'Art Obscur, une forme de magie aussi puissante que terrifiante. Mais la population vit dans la crainte des bulles noires, des manifestations surnaturelles qui engloutissent les gens et libèrent des hordes de monstres dans les campagnes. Ludwig Arcerese, mercenaire amnésique spécialisé dans la traque de ces créatures, croise la route d'Éthelinde Ordant, naturaliste recherchée par toutes les polices de l'Empire, et découvre qu'il sait lui aussi faire appel aux forces de l'Art Obscur.
Trois tomes et bien des péripéties plus tard, Sorcier de sang s'ouvre en 1816, après la chute de Napoléon et la défaite du sorcier Élégast. La France tente d'éviter l'effondrement politique : Irénion Brégante a pris le pouvoir et rétabli le Consulat, espérant maintenir une forme de stabilité. Mais à l'est, le sorcier russe Vakt, dont la puissance semble presque sans limite, marche sur l'Europe à la tête d'une armée de soldats fanatisés et de créatures monstrueuses.
Ce dernier tome s’ouvre sur l’Autre Monde. On y suit Olathena, une pêcheuse du peuple des Alôs. Après un temps de déstabilisation, on comprend vite que ce détour n'est pas un caprice narratif : la dimension féérique de la saga prend ici davantage d'ampleur, l'uchronie historique s'efface presque au profit d'un imaginaire où se mêlent ésotérisme, mythologie et spéculations scientifiques. La menace que Vakt fait peser sur l'humanité devient si grande que les ennemis d'hier vont devoir s'allier, et chercher de l'aide auprès de combattants singuliers.
C'est peut-être l'une des grandes réussites de cette tétralogie : Baranger a su construire une galerie de personnages qui nous tiennent à cœur, malgré leur nombre et la complexité de leurs trajectoires. Les voir converger vers l'affrontement final dans ce dernier tome est une vraie satisfaction. On mesure le chemin parcouru, on redoute de les perdre. Et l’auteur nous offre un dénouement palpitant, mené avec une belle maîtrise, qui tient toutes ses promesses.
Sorcier de sang est le tome que cette tétralogie méritait : ambitieux, généreux, et capable de refermer proprement une fresque qui court sur plus de deux mille pages ! À découvrir, vraiment.
1816. Vaincu par Ludwig, Élégast, le Sorcier Empereur, est en fuite. Afin d'éviter l'effondrement de l'Empire, Irénion Brégante a pris le pouvoir et rétabli le Consulat. Mais la menace russe s'est brusquement accentuée depuis que leur terrifiant sorcier, Vakt, a supplanté le tsar. Irénion doit à tout prix reconstituer la Grande Armée pour empêcher les Russes et l'infâme Faction Rouge d'anéantir les troupes françaises. Éthelinde s'efforce, quant à elle, de découvrir un moyen de refermer les bulles noires permanentes. En outre, les soupçons qu'elle nourrit au sujet de Lithian deviennent si sérieux qu'elle en vient à provoquer une confrontation, afin de faire avouer à la magesse le lourd secret qu'elle semble leur cacher depuis longtemps. De son côté, Ludwig, de plus en plus renfermé, retrouve enfin une raison de vivre lorsqu'il comprend qu'il a une chance de ranimer l'un des anciens portails qui menaient autrefois vers l'Autre Monde. Il ne rêve que de rejoindre la reine Mab. La menace que Vakt, Seigneur de l'Abîme, fait désormais peser sur l'humanité devient si grande que les ennemis d'hier vont devoir s'allier et même chercher de l'aide auprès de combattants singuliers... Chacun craint que les conséquences de l'ultime conflagration qui s'annonce ne signifient rien de moins que la fin de l'humanité...
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