Ma relation aux Archives de Roshar est… un peu compliquée. Les derniers tomes m’avaient demandé un effort considérable. Non pas que l'univers soit inintéressant, loin de là, mais les longueurs étaient légion, et j’avais souvent l’impression que l'intrigue avançait à la vitesse d'un escargot. Alors quand j'ai ouvert cette première partie de Rythme de guerre, je l'avoue, j'étais un peu sur mes gardes. Eh bien, bonne nouvelle : ça s’est nettement mieux passé !
Pour ceux qui vivraient dans une grotte et ne connaîtraient pas encore l'auteur, Brandon Sanderson est une machine à écrire ! Né en 1975, il est l'auteur des Archives de Roshar, un cycle de fantasy qui s'intègre dans son univers étendu du Cosmère, et qui prévoit à terme dix romans divisés en deux séries de cinq, chaque tome étant édité en deux volumes en France. Autant vous dire que l’on s’inscrit dans la durée, mais cet opus est bien plus rythmé que les précédents.
La guerre fait toujours rage aux quatre coins de Roshar. Les forces d'Abjection ont pris le contrôle de la moitié des royaumes humains, et celles de la coalition luttent sur tous les fronts face à un obstacle de taille : leurs ennemis se réincarnent à chaque passage de la Tempête Éternelle. Une année s'est écoulée depuis la chute d'Alethkar, et les Parshendis sont désormais menés par les Fusionnés, en guerre contre les Humains depuis des temps immémoriaux. La situation est donc très sombre, mais toutes les pièces sont enfin en place sur l’échiquier.
Kaladin, toujours hanté par ses démons intérieurs, continue de porter ce poids émotionnel qui fait de lui un héros si humain. Shallan, de son côté, continue d'explorer les fractures de sa propre identité, un fil narratif qui gagne ici en profondeur. Ce tome met également davantage en lumière Navani, souvent reléguée au second plan dans les volumes précédents. Les personnages évoluent, s'approfondissent, se remettent en question, mais la richesse de l'univers imaginé par Sanderson ne se dément pas. L'action est mieux répartie, et le climax principal commence à se dessiner dès le milieu du volume. L’écriture, quant à elle, reste fonctionnelle, claire, efficace. Elle sert l'intrigue et les personnages avant tout.
Si vous avez, comme moi, souffert des longueurs des tomes précédents, sachez que cette première partie de Rythme de guerre m'a réconciliée avec la série. L'intrigue avance, les personnages bougent, les enjeux s'étoffent. J'ai tourné les pages avec un plaisir retrouvé, heureuse de replonger dans Roshar sans avoir l'impression de faire du sur-place. Une petite victoire, en somme !
Après avoir formé une coalition humaine pour repousser l’invasion des Néantifères, Dalinar et ses Chevaliers Radieux ont mené une campagne aussi brutale qu’impitoyable. Cependant, aucun des deux camps n’a réussi à prendre le dessus et la guerre s’enlise. Le spectre de la trahison possible de son allié Taravangian pèse sur chacune des décisions stratégiques de Dalinar. De son côté, Kaladin Béni-des-foudres doit s’habituer à son nouveau rôle parmi les Chevaliers Radieux alors que ses Marchevents font face à leurs propres problèmes : des Fusionnés, de plus en plus nombreux, se réveillent alors que plus aucun sprène d’honneur n’accepte de se lier avec des humains pour faire grossir les rangs des Radieux. Des émissaires de la coalition sont envoyés à la forteresse de l’Intégrité Constante pour convaincre les sprènes de se liguer avec eux contre les forces du dieu maléfique Abjection. Sinon, ils devront se confronter à l’horreur de la défaite…
Le site de l'auteur : https://www.brandonsanderson.com/





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