Seul sur Mars


Me revoici avec une chronique d’un ouvrage pour le moins d’actualité, même si on n’en est pas encore tout à fait aux missions habitées à destination de la planète rouge. Seul sur Mars est l’histoire d’un Robinson Crusoé des temps modernes, un naufragé stellaire échoué sur une île déserte qui s’appelle Mars. Un roman de science-fiction tout autant qu’un techno-thriller au compte à rebours efficace, et à l’humour toujours présent.

Mais revenons-en à l’intrigue. Mark Watney, notre héros, est ingénieur et botaniste à bord de la mission Arès 3 à destination de Mars. Abandonné sur place au cours d’une évacuation d’urgence par des coéquipiers qui le croient mort, il n’a de quoi survivre que pour quelques semaines, et aucun moyen de communication. Bien décidé à mourir le poing dressé, il va tenir un journal de ses tentatives de survie jusqu’à la prochaine mission martienne, prévue quatre ans plus tard. Un scénario catastrophe auquel il est finalement assez facile de croire.

Malgré tout, et bien que j’ai apprécié ce roman, il n’aura pas été le coup de cœur que j’espérais, et cela pour plusieurs raisons. Le jargon technique pour commencer, beaucoup trop présent à mon goût. Pas tellement dans les termes utilisés, puisque je sors d’une filière scientifique et suis donc à même d’appréhender ou à peu près, les techniques citées ici, mais dans le nombre de problèmes et d’expériences qui nous sont détaillés par le menu. C’est trop, comme si l’auteur cherchait à nous prouver par A+B qu’il ne raconte pas n’importe quoi.
Marque-page Fantastique
Challenge Dungeon Book Monster

Ensuite, à cause de Marc Watney lui-même. Non que notre héros ne soit pas sympathique, c’est même tout le contraire, ses pointes d’humour et d’autodérision, en particulier lors de ses échanges chaotiques avec la NASA, m’ont fait sourire à de nombreuses reprises. Mais l’auteur est passé complètement à côté de l’aspect psychologique de son histoire ! Quand on reste autant de temps sur une planète déserte et inhospitalière au possible, à lutter contre la mort et l’adversité à chaque seconde, complètement seul et isolé de tous, on est en droit d’avoir des états d’âmes, il me semble, astronaute ou pas. Et bien non, notre Watney ne se concentre que sur une seule chose : sa survie. C’est bien, mais j’ai quand même eu du mal à y croire.

Pourtant, le récit est bien rythmé, on sent bien à quel point tout pourrait brusquement s’arrêter, et notre héros disparaître, pour une simple faute d’inattention ou au contraire un imprévisible aléa. Mais on ne peut pas vraiment dire qu’il y ait beaucoup de tension, à aucun moment on ne s’inquiète réellement pour Watney. La structure du récit ne s’y prête pas, elle est trop linéaire avec une succession ininterrompue de problèmes exposés et de solutions trouvées. Sans parler de la fin à l’américaine, dégoulinante de bons sentiments...

Au final, une lecture sympathique et divertissante, que je ne regrette absolument pas, entendons-nous bien, mais qui est loin d’avoir satisfait toutes les attentes que j’avais en ouvrant ce livre. Ça se lit bien, mais ça ne me laissera sans doute pas un souvenir impérissable.

Note : ★★★☆☆

Plus d'informations

Seul sur Mars, de Andy Weir
Editions Bragelonne (2014) - 408 pages - Lu au format ePub - Science-fiction


Mark Watney a été l'un des premiers humains à poser le pied sur Mars. À présent, il est persuadé d'être le premier à y mourir. Lorsqu'une tempête de sable mortelle force ses coéquipiers à évacuer la planète, Mark se retrouve seul et sans ressources. Pourtant Mark n'est pas prêt à baisser les bras. Ingénieux, habile de ses mains et surtout très têtu, il affronte les problèmes en apparence insurmontables un par un. Isolé et aux abois, parviendra-t-il à survivre en faisant mentir les statistiques ?

Site de l'auteur : http://www.andyweirauthor.com/

12 commentaires

  1. Je pense que si la fin était différente j'aurais préféré et je suis d'accord cela manque de tension!!!

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    1. Oui, c'est dommage. Reste à voir ce que va donner le film ! Merci d'être passée par ici, Falline.

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  2. Le sujet ne m'inspirait pas mais après ce que tu en dis, je suis certaine de ne pas le lire … Ma PAL te remercie du coup ;)

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    1. De rien pour ta PAL, alors ! ^^ J'espère te donner envie pour d'autres livres prochainement, My. Merci de ton passage.

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  3. Dommage pour cet aspect un peu moins crédible au niveau de l'attitude du héros.
    Joli premier coup porté!! Je n'aurai mon nouveau King que samedi, je le commencerai tout de suite ;-)

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    1. Je ne lis pas très vite, d'autant plus qu'en ce moment, on a des problèmes de plomberie à la maison, c'est un peu la misère. Je suis sûre que tu me rattraperas ! ;-)

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  4. Et bien tu vois, je suis bien contente d'avoir vu le film que j'ai beaucoup aimé .. le jargon littéraire est remplacé par des images claires et nettes, et les émotions sont palpables, un grand acteur ce Matt Damon ! La fin est tout aussi dégoulinante de bons sentiments, je te rassure .. Prévois tu de le voir ?

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    1. J'en avais l'intention, mais mes hommes ne sont pas très chauds. Il faudrait que je me trouve une amie pour m'accompagner ! ;-)

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  5. pour ma part j'ai adoré! pour le côté psychologique il y a de grosses ellipses temporelles et je pense que l'auteur a préféré se concentrer sur autre chose, le personnage ne rédigeant pas forcément son journal de bord quand il déprime..?

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    1. Oui, c'est l'argument régulièrement avancé par ceux qui ont aimé. Personnellement, je trouve que c'est un peu facile. En tous cas, ça le rend agaçant à la longue.

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  6. J'avais lu le roman après avoir vu le film, à l'époque.
    Si vous voulez lire une oeuvre qui pourrait être considérée comme une "préquelle" de celle-ci, je vous suggère "L'aube est bleue sur Mars", où nous voyons par les yeux d'une jeune femme la toute première expédition humaine vers Mars... dans les années 2040. Ce bouquin de Florence Hinckel a d'ores et déjà été chroniqué par deux personnes dans le cadre du "challenge martien (autour de la planète Mars) - 2e édition, qui court jusqu'au 31/03/2025.
    (s) ta d loi du cine, "squatter" chez dasola
    PS: et, non, je ne crois pas que le seul nom de Frédéric MARS suffise à permettre à ses oeuvres d'y être acceptées... désolé ;-)

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