dimanche 8 septembre 2019

Celle qui a tous les dons, de M.R. Carey


Une salle de classe où les enfants sont attachés à des fauteuils roulants, bien espacés les uns des autres. Une institutrice qui n’a pas le droit d’approcher ses élèves, sous le regard froid d’hommes en armes chargés de faire respecter les règles. La disparition mystérieuse de certains camarades, qu’on ne revoit plus jamais. Et le soir, retour à une cellule d’isolement dénuée de tout confort ou objet personnel. Telle est la vie que mène Mélanie, dix ans…

Comment résister à pareille entrée en matière ? Quand on aime les histoires de zombies et qu’on a adoré la saga Feed, de Mira Grant, Celle qui a tous les dons est comme un morceau de chocolat, une véritable gourmandise ! J’ai adoré cette histoire ! Pour son originalité, essentiellement. Le point de vue de cette petite fille naïve sur le monde qui l’entoure et qu’elle cherche à comprendre avec ses yeux d’enfant qui n’a jamais rien vu d’autre que les murs de sa cellule. Son amour sans bornes pour son institutrice, la seule personne à jamais avoir fait preuve de bonté à son égard.

La première partie du roman est vraiment addictive. Dès les premières pages, on est touché par Mélanie, ce qu’elle vit et sa manière de percevoir les choses. On a envie de comprendre comment cette petite fille et ses camarades en sont arrivés là, comment le monde en est arrivé là. L’auteur développe son univers avec habileté et soulève des questions d’éthique fondamentales, dont la plus célèbre : la fin justifie-t-elle les moyens ? Sous couvert de trouver un remède à un virus qui a décimé l’espèce humaine, a-t-on le droit d’utiliser des enfants comme cobayes ?

Puis la base est attaquée. Mélanie se retrouve dehors, à l’abri de toute expérience à son encontre, certes, mais à la merci de l’organisme qui colonise son cerveau. Là où les événements devraient s’accélérer, l’intrigue subit malheureusement un petit coup de mou en se transformant en fuite à travers le pays. Pourtant, c’est aussi le moment que choisit l’auteur pour développer ses autres personnages, à commencer par l’institutrice, mais aussi l’ignoble scientifique qui n’attend qu’une occasion de découper le cerveau de Mélanie en rondelles, et le sergent Parks qui les accompagne dans leur épopée. Une partie plus calme, mais pas inintéressante.

Certains ont reproché à l’auteur des personnages caricaturaux et une intrigue assez linéaire. J’ai quant à moi trouvé que la mayonnaise prenait sacrément bien. J’ai également apprécié le final et son retournement de situation qui ne manque pas d’ironie. J’ai lu que ce roman avait été porté à l’écran, je vais tenter de me le procurer, mais d’ici là, je vous recommande le livre et j’ajoute illico sa suite à ma wishlist. Un presque coup de cœur !

Note : ★★★★★

Plus d'informations

Celle qui a tous les dons, tome 1, de M.R. Carey
Editions Le Livre de Poche (2018) - 528 pages - Support audio - Fantastique & Horreur

Tous les dons ne sont pas une bénédiction. Chaque matin, Melanie attend dans sa cellule qu'on l'emmène en cours. Quand on vient la chercher, le sergent Parks garde son arme braquée sur elle pendant que deux gardes la sanglent sur le fauteuil roulant. Elle dit en plaisantant qu'elle ne les mordra pas. Mais ça ne les fait pas rire. Melanie est une petite fille très particulière...

La page Facebook de l'auteur : https://www.facebook.com/MRCareyAuthor/

2 commentaires:

  1. Réponses
    1. J'ai particulièrement apprécié l'originalité du point de vue. Je le recommande bien volontiers. Merci de ton passage ici !

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