dimanche 14 octobre 2018

La disparition de Stéphanie Mailer, de Joël Dicker


L’auteur genevois Joël Dicker n’en est plus à son coup d’essai. Après le succès retentissant de La vérité sur l’affaire Harry Quebert puis du Livre des Baltimore, deux romans que j’avais beaucoup aimés au demeurant, il nous propose cette année La disparition de Stéphanie Mailer. Un bon gros pavé de 640 pages dont l’action se déroule à Orphea, petite station balnéaire imaginaire, près de New-York. Une lecture qui me laisse un sentiment assez mitigé, vous allez comprendre pourquoi.

En 1994, un quadruple meurtre, dont celui du maire de la ville, est commis à Orphea. Après moult rebondissements, le coupable est identifié mais meurt dans un accident de voiture alors qu’il essayait de fuir la police. Vingt ans plus tard, Stéphanie Mailer, journaliste ambitieuse, décide de se faire un nom en écrivant un livre sur cette affaire. A force de fouiner partout, elle découvre que les deux enquêteurs de l’époque sont complètement passés à côté de l’enquête : le coupable présumé n’était pas le bon. Et le véritable meurtrier n’a aucune envie de voir la vérité éclater au grand jour.

Le récit alterne donc des scènes de l’enquête de Jesse et Derek, les deux enquêteurs, en 1994 et en 2014. Les personnages sont nombreux, pas loin d’une trentaine. Tous sont à un tournant de leur existence et Joël Dicker les utilise pour brouiller les pistes, mettant au jour des secrets sur ses protagonistes qui pourraient tous être liés à cette affaire… ou pas du tout. Il excelle dans l’art de manipuler le lecteur et je me suis immergée dans l’intrigue très facilement. Mais au bout d’un moment, ça devient un peu redondant et on finit par se demander si tout cela n’est pas un peu trop tiré par les cheveux. Plus j’avançais dans ma lecture, plus je craignais son dénouement.

Par bien des aspects, on frise la caricature, dans les personnages comme les situations. Et puis, il y a la résolution de l’affaire, décevante au possible, avec un coupable qui a la gentillesse d’avouer ses crimes et heureusement, notre trio d’enquêteurs n’ayant pas été fichu de dénicher la moindre preuve contre lui. De quoi laisser les amateurs de Dicker un peu dubitatifs, il nous a montré être capable de beaucoup mieux que ça ! Bref, un roman qui n’aura pas su me convaincre. Passée la première moitié du livre, l’intrigue s'essouffle et je n’ai jamais retrouvé l’engouement que j’avais éprouvé pour les deux précédents. Dommage.

Note : ★★★☆☆

Plus d'informations

La disparition de Stéphanie Mailer, de Joël Dicker
Editions de Fallois (2018) - 640 pages - Support numérique - Thrilles & Polars

30 juillet 1994. Orphea, petite station balnéaire tranquille des Hamptons dans l'Etat de New York, est bouleversée par un effroyable fait divers : le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu'une passante, témoin des meurtres. L'enquête, confiée à la police d'Etat, est menée par un duo de jeunes policiers, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Ambitieux et tenaces, ils parviendront à confondre le meurtrier, solides preuves à l'appui, ce qui leur vaudra les louanges de leur hiérarchie et même une décoration. Mais vingt ans plus tard, au début de l'été 2014, une journaliste du nom de Stephanie Mailer affirme à Jesse qu'il s'est trompé de coupable à l'époque. Avant de disparaitre à son tour dans des conditions mystérieuses. Qu'est-il arrivé à Stephanie Mailer ? Qu'a-t-elle découvert ? Et surtout : que s'est-il vraiment passé le soir du 30 juillet 1994 à Orphea ?

Site de l'auteur : https://joeldicker.com/

4 commentaires:

  1. Pfiouuu ! je ne l'ai pas encore dans ma pal ! j'attendais la sortie poche. Mais avec ce que tu nous dit e...On va peut-être vite passer à autre chose ! Déjà dans son drnier roman, on ressentait un peu cette sensation de tourner en rond et d'allonger la sauce comme on dit. Le premier reste mon préféré. ;)

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    1. Il s'est fait laminer par certains critiques, mais je préférais me faire ma propre opinion. Sans être aussi "critique", il est quand même nettement en dessous des précédents. Merci de ton passage, Licorne.

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  2. Coucou :)
    Je me dis que je fais bien d'attendre la version poche alors... Je sais que je le lirai de toute façon car j'ai beaucoup aimé les deux précédents, surtout le premier (alors que j'étais très réticente à l'idée de le lire). Merci pour ton avis.
    Bises

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    1. Coucou ! J'avais beaucoup aimé le premier moi aussi, mais j'avais déjà quelques réserves sur le second quand je relis ma chronique de l'époque. Celui est celui de trop, il faut qu'il se renouvelle, vraiment. Bises.

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