jeudi 21 juin 2018

L'homme aux cercles bleus, de Fred Vargas


Fred Vargas a reçu fin mai le prix Princesse des Asturies de littérature, pour l’ensemble de son œuvre, le jury estimant que son écriture de « portée universelle » avait permis la « revitalisation » du roman policier. Autant dire que je ne dois pas faire partie de l’univers ! L’homme aux cercles bleus était ma première incursion dans l’univers de cet auteur et je ne suis pas sûre d’y revenir. Entre un héros lunaire et un peu perché en lequel je n’ai pas réussi à me retrouver et une intrigue sans grand intérêt, je me suis ennuyée ferme.

Le récit s’attache aux pas du commissaire Jean-Baptiste Adamsberg. Personnage atypique, il se distingue par une nonchalance hors du commun et les petits dessins qu’il griffonne à longueur de journée sur des bouts de papier. Intuitif à l’extrême, il a le don d’agacer ses collègues et le lecteur aussi ! Or, dans la vie comme dans les livres, j’ai beaucoup de mal avec les gens mous comme ça, j’ai juste envie de leur taper dessus ! Alors ces 220 pages à lire ses introspections m’ont paru bien bien longues. Malheureusement, les personnages secondaires ne pas plus attachants : il y a Mathilde, une océanographe à moitié dépressive, Charles, l’aveugle aigri, et Danglard, flic lui aussi et père célibataire alcoolique. Quelle belle brochette !

A l’inverse, du côté de l’intrigue, ça partait pourtant bien. Cet homme mystérieux qui dessinait à la craie des cercles bleus sur les trottoirs de Paris m’intriguait beaucoup, tant il était évident qu’un cadavre allait finir par y apparaître. Mais que c’est long à venir ! Et puis en tant que lectrice de polars et thrillers en tous genres, j’aime beaucoup essayer de deviner l’identité de l’assassin, éprouver ma logique à celle de l’auteur. Mais quand, pour tout indice, on a l’intuition d’un flic qui voit « sourdre la cruauté des gens », les déductions ont vraiment l’air de sortir de nulle part. Et c’est valable jusqu’au dénouement qui m’a semblé bien tiré par les cheveux.

Pour finir, la plume de l’auteur est presque aussi atypique qu’Adamsberg lui-même, comme si Fred Vargas s’appliquait à coller à la bizarrerie de ses personnages. C’est peut-être le cas d’ailleurs. Certains parlent de poésie et si c’est le cas, alors je suis hermétique à cette sorte de poésie, de toute évidence. Au final, je suis complètement passée à côté de cette lecture. Je n’ai ressenti aucune empathie pour les personnages, je me suis ennuyée et je n’ai aucune envie de recommencer.

Note : ★★☆☆☆

Plus d'informations

L'homme aux cercles bleus, de Fred Vargas
Editions J'ai Lu (2008) - 220 pages - Support papier - Thrillers & Polars

"Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ?" Depuis quatre mois, cette phrase accompagne les cercles bleus qui surgissent la nuit, tracés à la craie sur les trottoirs de Paris. Au centre de ces cercles, prisonniers, un débris, un déchet, un objet perdu : trombone, bougie, pince à épiler, patte de pigeon... Le phénomène fait les délices des journalistes et de quelques psychiatres qui théorisent : un maniaque, un joueur. Le commissaire Adamsberg, lui, ne rit pas. Ces cercles et leur contenu hétéroclite sont de mauvais augure. Il le sait, il le sent: bientôt, de l'anodin saugrenu on passera au tragique.

4 commentaires:

  1. Aie, Aie, ça m'a fait ça avec "debout les morts"...et puis je ne sais pas , j'ai renouvelé l'expérience, avec un autre et un autre et j'ai adhéré de plus en plus...Je reconnais qu'il faut s'accrocher et le vouloir. Je comprends ton sentiment. J'aime beaucoup Adamsberg, il est tellement surprenant...

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    1. Je pense que j'ai tout bonnement manqué d'empathie envers lui justement et que c'est ce qui a fait que je suis passée à côté. Peut-être retenterais-je, mais pas tout de suite !

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  2. Ha! Dommage que tu n'aies pas accroché... Personnellement je suis une grande fan du commissaire Adamsberg mais je n'ai pas découvert l'univers de Fred Vargas par ce livre-là. ( C'était "sous les vents de Neptune" si mes souvenirs sont bons). En lisant ton avis, je vois ce qui te rebute et honnêtement, je me dis que peut-être je n'aurais pas accroché non plus si cela avait été via cette histoire que j'avais découvert l'univers. Il est dans ceux que j'ai le moins aimé.

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    1. Je viens de découvrir une tonne de commentaires en attente de modération sur le blog. Et le tien en faisait partie ! Désolée de répondre si tard, Spacym !
      Oui, comme je le disais plus haut, je pense que c'est surtout Adamsberg qui n'a pas éveillé d'écho en moi. Du coup, ça m'a paru bien long. J'en ai un autre dans ma PAL, mais ce ne sera pas pour tout de suite !

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