dimanche 28 décembre 2014

Cul-de-sac

Cul-de-sac, de Douglas Kennedy

Editions Folio (2006)
Format poche, 292 pages
Thriller & Polar





Cul-de-sac est le récit d'un voyage au paradis des grands espaces australiens qui vire au cauchemar éveillé. Nick, héros bien malgré lui de ce thriller féroce, n'avait rien contre ce pays avant d'écraser un kangourou par une nuit sans lune. Sa rencontre avec la jeune et robuste Angie va le mener en plein coeur du bush. Au milieu de nulle part. Au sein d'un clan d'allumés coupés du monde, sans aucune route pour quitter ce traquenard. Nick, désormais n'aura qu'une seule obsession : comprendre ce qu'il fait là et sauver sa peau. Fuir alors que toute la communauté le surveille.

Ma chronique
J'ai découvert l'existence de ce roman à l'occasion d'un festival de bande-dessinée dans lequel se trouvait son adaptation : Piège nuptial, de Christian de Metter. J'ai bien aimé cette dernière et c'est ce qui m'a donné envie de lire le livre. Cela tombait bien, une de mes collègues l'avait dans sa bibliothèque, et me l'a gentiment prêté. Cul-de-sac est le premier roman de Douglas Kennedy, un auteur dont je n'avais jamais rien lu, jusqu'ici.

C'est l'histoire de Nick, un journaliste approchant la quarantaine qui, à l'heure des bilans, se rend compte qu'il n'a non seulement pas construit grand-chose de sa vie, mais en plus qu'il n'en a pas vraiment profité non plus. Il décide donc de tout plaquer pour aller découvrir le monde, et en particulier le bush australien. C'est un personnage que l'auteur nous rend immédiatement sympathique, un peu paumé sans doute, mais gentil et honnête, auquel on ne souhaite rien de mauvais. On le suit avec plaisir à la découverte du désert australien, que l'auteur décrit de manière tout à fait convaincante.

Ça n'aurait néanmoins pas grand intérêt s'il ne se passait rien. Nick va ainsi faire la connaissance d'Angie, une jeune femme issue d'une petite communauté paumée au cœur du bush, et cette rencontre va marquer pour lui le début d'un véritable calvaire. Drogué, emmené de force à Wollanup, à 700 kilomètres de la première ville, marié contre son gré, il se retrouve prisonnier d'une bande de déjantés qui n'ont que faire des lois australiennes ou internationales. C'est avec effroi qu'on le découvre complètement impuissant, totalement à la merci de cette bande de fous qui n'ont pour autre ambition que de tuer des kangourous et se saouler à la mauvaise bière.

La plume de l'auteur sert admirablement bien son histoire. Le récit est écrit à la première personne, et Nick manie l'autodérision comme un art. Il nous compte son histoire sans fard, sans chercher à se mettre en valeur ou à en faire des tonnes, presque cliniquement, et c'est ce qui rend les choses si atroces ! Les membres de la communauté sont également tellement bien dépeints qu'ils en sont parfaitement crédibles, même si on hallucine complètement face à certaines de leurs paroles ou attitudes. L'ambiance est terriblement malsaine, sordide, et on se surprend à tourner les pages à toute vitesse en espérant que Nick trouve le moyen de se sortir de là !

Un petit livre court qui se lit presque comme une friandise. On sourit, puis on ne sourit plus du tout, on frémit pour ce pauvre Nick au contraire. Un condensé de ce que le bush a de pire à offrir, intense, oppressant, et néanmoins très plaisant. A découvrir !

Note : ★★★★☆

3 commentaires:

  1. Le titre m'avait attiré ..Mais l'auteur m'avait quelque peu déçu...Alors je n'ai pas insisté.. Tu en parles si bien ...ça donnerait envie de retenter l'affaire ... Bises et bonnes fêtes ;)

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    1. Tu avais lu celui-là ou un autre du même auteur ? J'avais que je découvrais Douglas Kennedy, je n'avais aucun autre a priori que l'histoire qui m'avait beaucoup plu en BD, et qui m'a encore plus plu en livre ! ;o)

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  2. J'ai lu "La femme du V" et un autre, je me souviens même plus du nom, une relation dangereuse je crois... J'ai pas accroché ... Mais cela fait un moment, il faudrait peut-être que je revois cela ...Je me souviens que pour moi le style était assez fade et les histoires un peu abracadabrantes...

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