Vous le savez, la romance n’est pas franchement mon rayon. Je trouve le genre trop souvent prévisible, les héros trop lisses, les tensions amoureuses trop fabriquées, tout est trop, quoi ! Pourtant, depuis quelque temps, on entend parler de romantasy à toutes les sauces, et j’ai fini par me dire que j’allais devoir m’y frotter, à un moment ou à un autre. Pour cela, j’ai choisi le gagnant du prix Livraddict 2025 dans sa catégorie : Fourth wing, de Rebecca Yarros. Et vous savez quoi ? La vie est pleine de surprises !
Violet Sorrengail n'était pas censée devenir cavalière. Fragile physiquement, elle se destinait à une vie tranquille parmi les scribes, gardiens de la mémoire et de l'histoire du royaume de Navarre. Mais sa mère, générale impitoyable à la tête de l'armée, en a décidé autrement : Violet intégrera l’académie militaire de Basgiath, là où sont formés les futurs cavaliers dragons et où les moins aptes meurent, tout simplement. Un endroit où les candidats se battent les uns contre les autres, où les épreuves sont mortelles, et où les terrifiants dragons choisissent leur cavalier. Ou les brûlent. Il n'y a pas de troisième option.
Ce qui m'a tout d’abord charmée, c'est la construction de l'univers. L’autrice a pensé son monde avec une vraie cohérence : les différentes ailes, les rangs, les hiérarchies, les épreuves, la politique du royaume… Tout ça forme un ensemble crédible et très immersif. L'arrière-plan géopolitique, notamment, est plus intéressant qu'il n'y paraît au premier abord : ces jeunes gens que l'on force à devenir soldats sont pour beaucoup les enfants de rebelles exécutés, contraints de prouver leur loyauté à ceux qui ont tué leurs parents. C'est une situation moralement inconfortable, et le roman joue beaucoup là-dessus.
Mais c'est surtout la relation entre les dragons et leurs cavaliers qui m'a vraiment emportée. Ce lien est au cœur de tout. Un dragon sans cavalier est une tragédie. Un cavalier sans dragon est mort. Et quand Violet, que personne n'attendait dans cette position, se retrouve choisie par Tairn, le dragon le plus redouté de tous, j’ai su que j’étais cuite ! La façon dont Rebecca Yarros construit leur relation, la communication entre l'animal et l'humaine, la confiance qui se construit petit à petit, la puissance qui en découle, sont la plus belle réussite du roman.
J’ai également beaucoup aimé le soin apporté aux personnages, y compris secondaires. Violet est attachante parce qu'elle n'est ni invincible ni passive : elle compense ses fragilités physiques par l'intelligence, la stratégie, une détermination qui force le respect. Xaden est bien plus que le rival ténébreux qu'il semble être au premier abord, ses motivations sont complexes, sa position morale inconfortable, et la tension qui l'oppose à Violet repose sur quelque chose de plus solide que la simple attraction physique.
Cela étant dit, la romance est là, bien présente, impossible à ignorer. La tension entre Violet et Xaden est construite sur le modèle classique des enemies to lovers, avec tout ce que cela implique de joutes verbales, de regards chargés, de moments où l'on voudrait les secouer tous les deux. Mais la dynamique entre eux est bien écrite, la progression est crédible, et les dialogues ont une vraie vivacité. Et je ne pensais pas dire ça, mais ça fonctionne, malgré des scènes de sexe très explicites qui n’apportent à mon sens pas grand-chose à l’intrigue. C’est le prix à payer pour lire de la romantasy, j’imagine.
Fourth Wing ne prétend pas être autre chose que ce qu'il est : un roman addictif, bien rythmé, avec des dragons magnifiques, une héroïne attachante et une romance qui prend beaucoup de place, mais aussi un univers cohérent, une intrigue politique élaborée, une vraie intrigue. Moi qui déteste d'habitude les romances, je le referme avec l'envie de lire la suite. C'est bien la preuve que parfois, il faut savoir se laisser surprendre !
Rien ne prédestinait Violet Sorrengail à être une cavalière. Elle était censée intégrer le quadrant des Scribes et mener une vie tranquille parmi les livres. Elle dont les os sont si fragiles qu’ils peuvent se briser en un instant… Mais aujourd’hui est le jour des conscriptions, et en tant que fille de la Générale - elle-même cavalière et dresseuse de dragons -, Violet n’a d’autre choix que de satisfaire les ordres de sa mère, et de rejoindre les épreuves de sélection pour devenir dragonnière… L’élite de la Navarre ! Pourtant, le simple fait d’envisager s’inscrire à cette compétition lui paraît ridicule… Car les dragons ne se lient pas aux humains « fragiles » : ils les brûlent ! Mais Violet est peut-être la candidate la moins forte physiquement, elle est cependant rusée et rapide. Des qualités indispensables quand on évolue dans un monde sans foi ni loi, où les alliés peuvent vite devenir des ennemis, ou peut-être encore des conquêtes… Violet va vite devoir penser à un plan solide, car cette compétition n’a que deux issues : passer toutes les épreuves ou mourir !
Le site de l'autrice : https://rebeccayarros.com/





2 commentaires
Dire que ça aurait aussi pu être un si excellent roman de "juste fantasy".
RépondreSupprimerC'est pas faux ! 😁
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