samedi 13 janvier 2018

Le vol des harpies, de Megan Lindholm


J’ai toujours su que Robin Hobb écrivait aussi sous le nom de Megan Lindholm, mais je n’avais encore jamais rien lu de la seconde, je crois. Une des choses que j’apprécie beaucoup chez cet auteur, ce sont ses personnages qui sont toujours si bien travaillés, avec une personnalité propre, des sentiments toujours très fouillés et une évolution souvent passionnante. C’est presque une marque de fabrique, et on retrouve bien sûr ce talent chez Megan Lindholm. Vous allez voir que ce n’est pas le seul !

Tout commence par une vengeance. Celle de Ki, jeune veuve dont le mari et les enfants ont été assassinés et dévorés par des harpies. En représailles, elle décide de s’infiltrer dans leur nid pour détruire leurs oeufs et leur faire ainsi autant de mal qu’elles lui en ont fait. Mais la vengeance apporte rarement l’apaisement escompté, et c’est très abattue qu’elle se rend dans la famille de son mari pour partager son deuil. On la retrouve deux ans plus tard, esseulée, alors qu’elle est sur le point de s’engager dans un dangereux col de montagne au cœur de l’hiver. Que s’est-il passé pendant ces deux années et comment Ki en est-elle arrivée là, c’est ce que Le vol des harpies va nous amener à découvrir.

Je disais plus haut que Megan Lindholm avait d’autres talents que celui de nous faire rencontrer de fabuleux personnages. Et sa capacité à créer un univers dense et riche n’est pas le moindre ! Des us et coutumes romni à la déification des harpies par le peuple de Sven, l’époux de Ki, c’est dans un beau voyage qu’elle nous entraîne là. Les créatures “mi-homme mi-oiseau”, dotées d’intelligence, présentent en outre un extraordinaire pouvoir : elles peuvent permettre aux humains de renouer avec leurs morts et sont vénérées pour cela. L’acte de Ki prend, dès lors qu’on sait cela, de toutes autres proportions.

Le récit alterne ainsi entre les événements qui se sont déroulés dans la famille de Sven, que l’on devine bien vite dramatiques, et la difficile traversée de ce fichu col, en compagnie d’un étranger du nom de Vandien. J’ai particulièrement apprécié les flashbacks et le personnage énigmatique de Cora. J’ai aimé découvrir ce peuple qui voue un véritable culte aux harpies, ses rites, sa religion, sa société. En revanche, les chapitres se déroulant sous le Col des Sœurs m’ont moins convaincue, j’ai trouvé qu’ils traînaient un peu en longueur, comme s’ils n’étaient là que pour servir de faire-valoir aux autres. Et on ne sait pas très bien où tout cela nous mène au final...

Il s’agit du premier roman de l’auteur, et j’ai envie de dire que cela se sent. L’écriture est moins fluide que dans ses autres sagas, elle bute, elle accroche, et je me suis surprise à devoir relire certaines phrases plusieurs fois. Mais Megan Lindholm avait d’ores et déjà toutes les cartes en main, il lui suffisait d’apprendre à les jouer, ce que Robin Hobb a su faire avec brio. Lirais-je la suite ? Evidemment !

Note : ★★★★☆

Plus d'informations

Ki et Vandien, tome 1 : Le vol des harpies, de Megan Lindholm
J'ai Lu (2006) - 286 pages - Support papier - Fantasy

La jeune Ki voit rouge le jour où sa famille se fait massacrer par les harpies, des créatures ailées sacrées aux yeux de tous. Bravant l'interdit, elle détruit le nid de l'une d'elles et la tue. Désormais poursuivie sans relâche, tant par les harpies que par leurs nombreux serviteurs humains, et prête à tout pour leur échapper, Ki accepte de convoyer un chargement vers la lointaine Diblun, quitte à devoir emprunter le redoutable Col des sœurs. Un seul homme, Vandien, voleur de profession, ose la suivre et se dresser à ses cotés contre la toute puissance des harpies. Leur périple s'annonce long et périlleux.

Site de l'auteur : http://www.meganlindholm.com/

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