lundi 8 septembre 2014

Mais c'est à toi que je pense

Mais c'est à toi que je pense, de Gary A. Braunbeck

Editions Bragelonne (2010)
Format ePub, 254 pages
Thriller & Polar


La voiture de Mark Sieber tombe en panne alors qu’il rentre chez lui. En attendant que son véhicule soit réparé, Mark loue une chambre pour la nuit dans le motel le plus proche. À peine installé, il est brutalement enlevé par un groupe d’inconnus. Lorsqu’il reprend connaissance, il se trouve en compagnie de trois enfants, Thomas (onze ans), Arnold (douze ans), Rebecca (quinze ans) et leur leader Christopher (vingt et un ans). Horriblement défigurés et mutilés, ils viennent d’échapper à un tueur en série pédophile qui se fait appeler Grendel. Ils ont besoin d’un adulte pour les ramener à leurs parents, que certains n’ont pas vus depuis dix ans… et ils ont choisi Mark.

Ma chronique
C’est à l’occasion de l’une des opérations promotionnelles des éditions Bragelonne sur le numérique que j’ai découvert l’existence de ce roman, dont le quatrième de couverture a su m’intriguer. Gary A. Braunbeck est a priori un nouvelliste réputé et prolifique, ayant également écrit une dizaine de romans. Je n’avais jamais entendu parler de lui, honte à moi car il semble qu’il ait remporté plusieurs fois le prestigieux Bram Stoker Award, ce n’est pas rien quand même ! Et Mais c'est à toi que je pense est reconnu comme son chef-d’œuvre.

Dès les toutes premières pages, l’auteur nous plonge au cœur de l’intrigue. Pas de chichi, aucun de ces atermoiements qui permettent de découvrir tranquillement les différents personnages dans leur univers, l’auteur nous met d’emblée le nez dans le caca, si j’ose dire. Et j’avoue que ces premières pages ont bien failli me faire tourner les talons. Je ne pense pas que la plume de Braunbeck puisse laisser qui que ce soit indifférent, on aime ou on n’aime pas, mais on ressent fatalement quelque chose. Personnellement, les descriptions sordides du martyr subi par ces pauvres gosses (violences sexuelles, mutilations en tous genres) m’ont laissée clairement dubitative tant elles donnaient dans la surenchère.

Indépendamment de ça, le parti pris adopté par l’auteur est intéressant. Mais c’est à toi que je pense - mais qu’est-ce que c’est que ce titre qui n’a rien à voir avec le schmilblick ? – n’est pas un thriller comme les autres, je ne suis même pas sûre qu’on puisse à proprement parler de thriller, d’ailleurs. Les enfants ont déjà échappé à leur tortionnaire, ils ont « juste » besoin d’un adulte pour les ramener chez eux, et c’est de la relation qui va s’établir entre eux et cet adulte qu’il est question ici. Une relation pour le moins conflictuelle, essentiellement avec Christopher, la plus âgée des victimes, dont le psychisme a clairement été atteint par tout ce qu’il a subi. Cela nous réserve des moments assez intenses, faits de bagarres et de hurlements, dont la lecture ne m’a apporté aucun plaisir.

Beaucoup de violence dans ce roman donc, et en même temps, il nous touche. On s’attache rapidement aux enfants, ou même à Mark, ce « type bien » qui se retrouve embringué dans une histoire qui le dépasse de loin, et dont il ressortira marqué à vie. La psychologie de chacun est détaillée et interpelle forcément le lecteur. On est horrifié et en même temps, on a tellement envie que tout finisse bien, que ces pauvres gosses finissent enfin par obtenir un peu de bonheur et de sérénité que l’on se surprend à tourner les pages toujours plus vite.

Un roman qui me laisse clairement perplexe. J’ai détesté à cause de cette surenchère de violence gratuite, et en même temps, certains passages m’ont touchée directement au cœur. Au final, une curiosité je dirais, mais à ne surtout pas mettre entre toutes les mains car certaines scènes sont proprement insoutenables.

Note : ★★★☆☆
Lu en numérique !

2 commentaires:

  1. A coup sûr, ce livre correspond bien à mon challenge ! ;) J'ai noté la violence gratuite dont tu parles et qui ressort beaucoup apparemment, pour cela je passe mon tour sur ce livre car j'avoue qu'avec les thrillers que j'ai lu ces derniers temps, j'en ai eu mon compte ... Mais je le note pour plus tard. Merci Kalhan pour cette participation.

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    1. J'ai eu beaucoup de mal sur le début, je te le confirme. Ensuite, l'effet s'atténue un peu parce qu'on est plus centré sur ses relations avec les gosses, mais quand même, il y a des moments compliqués, et c'est vrai qu'il faut choisir son moment...

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