mercredi 22 juillet 2020

Un(e)secte, de Maxime Chattam


J’ai découvert Maxime Chattam avec Le sang du temps, qu’une collègue m’avait prêté. À la suite de cette lecture, j’ai dévoré presque toute sa bibliographie et il est très vite devenu l’un de mes auteurs préférés en termes de thrillers. Malheureusement, depuis quelques années, je suis déçue par ses publications qui manquent cruellement d’intensité à mon goût et Un(e)secte ne fait pas exception à la règle. J’en suis la première affligée, notez bien. Décortiquons un peu tout ça…

Tout commence par un prologue assez dérangeant, surtout pour l’entomophobique que je suis ! Il nous donne un aperçu de ce qui nous attend, ou du moins il devrait car en réalité, on est loin du compte. Kat est détective privé à New York, elle enquête sur la disparition d’une jeune femme qu’elle soupçonne très vite d’être tombée sous influence. Atticus est flic à Los Angeles, il est en perte de vitesse lorsqu’il se voit confier une affaire atypique : un corps rongé par des insectes en l’espace de quelques heures à peine, ce qui est en principe totalement impossible. Vous vous en doutez, les deux cas finiront par converger, les deux héros par se rencontrer et par tomber… Non, pas d’histoire d’amour là-dedans, Dieu merci !

En revanche, l’intrigue est très classique et le sujet en lui-même ne suffit pas à remporter les suffrages. Maxime Chattam essaie de nous expliquer en postface que tout cela est plausible, voire probable car de nombreuses études sont en cours. Soit. Sauf qu’à aucun moment, il n’a réussi à convaincre tout à fait la peureuse des insectes que je suis. C’est quand même un comble, sachant que le terreau était sacrément fertile ! Je craignais ce livre, entre son titre, sa couverture et les retours que j’avais lus sur le prologue. J’ai repoussé sa lecture pendant des semaines et au final… Rien, ou pas grand chose.

Du côté des personnages, si Kat a su me toucher par ses contradictions, j’ai eu plus de mal avec Atticus qui m’a semblé manquer de naturel, comme un pantin qu’on aurait du mal à animer. Leur duo est plutôt sympathique, mais on n’a pas vraiment le temps d’en profiter. Le dénouement est trop rapide et sans réelle surprise, car on devine facilement où l’auteur veut nous emmener. Il soulève pourtant nombre de questions intéressantes sur les dérives de notre société, le problème de la surpopulation, la solitude et les laissés-pour-compte.

Au final, cette histoire avait un énorme potentiel, mais elle souffre à mon sens d’un gros problème de rythme. L’intrigue met un temps fou à se mettre en place pour s’achever en deux coups de cuillère à pot. En outre, j’attendais plus de Maxime Chattam, plus d’insectes, plus de peur, plus d’intensité. Ses romans me paraissent de plus en plus édulcorés, comme s’il essayait de plaire au plus grand nombre au mépris de son identité, celle qu’il affichait au moment de la Trilogie du Mal en tous cas. Et c’est bien dommage, car c’était cet auteur qui me plaisait !

Note : ★★☆☆

Plus d'informations

Un(e)secte, de Maxime Chattam
Editions Albin Michel (2019) - 454 pages - Support numérique - Thrillers & Polars

Et si tous les insectes du monde se mettaient soudainement à communiquer entre eux ? À s'organiser ? Nous ne survivrions pas plus de quelques jours. Entre un crime spectaculaire et la disparition inexpliquée d'une jeune femme, les chemins du détective Atticus Gore et de la privée Kat Kordell vont s'entremêler. Et les confronter à une vérité effrayante. Des montagnes de Los Angeles aux bas-fonds de New York, un thriller implacable et documenté qui va vous démanger.

La page Facebook de l'auteur : https://www.facebook.com/ChattamMaxime/

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