dimanche 16 juin 2019

Les orphelins de métal, de Padraig Kenny


Les professionnels de la chaîne du livre s’interrogent souvent sur les raisons qui peuvent bien pousser un lecteur à acheter tel ouvrage plutôt que tel autre, et se demandent si la couverture a une quelconque influence sur ce choix. En ce qui me concerne, elle est un élément essentiel, surtout pour un auteur qui m’est inconnu. C’est la première chose qui m’attire et si elle n’est pas à mon goût, je passe directement mon chemin. Autant dire que je me suis intéressée aux Orphelins de métal, de Padraig Kenny, grâce à la splendide couverture des éditions Lumen. A peine a-t-elle commencé à fuiter sur le net que j’ai eu envie de ce livre, c’est bien simple.

C’est la raison pour laquelle je me suis précipitée dessus quand je l’ai aperçu au sein des ouvrages de la Masse Critique Babelio du mois de mai. Je savais qu’il s’agissait de littérature jeunesse mais il m’arrive d’en lire et l’univers de Padraig Kenny titillait mon imagination. Ce n’était pas mon seul choix, pourtant quand j’ai découvert l’avoir obtenu, j’étais ravie. J’ai bien vite déchanté et ça n’a rien à voir avec le roman lui-même : j’ai reçu des épreuves non corrigées, alors qu’il était sorti en librairie depuis un mois et demi ! Difficile de ne pas avoir l’impression d’être prise pour une truffe, pour parler poliment !

Il leur restait sans doute des exemplaires à écouler, ils n’ont pas hésité. Ils ne l’avaient pourtant signalé nulle part, je suis allée vérifier sur le site de Babelio. Adieu la magnifique couverture qui me faisait tant envie et bonjour les fautes d’orthographe, les mots manquants et… pompon sur la pomponnette, les pages manquantes. Oui, vous lisez bien, les pages manquantes ! Il fallait le faire, quand même. De quoi vous gâcher la lecture d’un roman que vous attaquiez pourtant avec tant d’enthousiasme. Bref, revenons plutôt à Padraig Kenny et ses orphelins qui ne sont en rien responsables, malgré tout.

C’est un roman jeunesse, très jeunesse, mais que n’importe quel jeune lecteur va adorer, pour peu qu’il ait entre les mains un exemplaire comportant toutes les pages. Désolée, c’était plus fort que moi ! En tant qu’adulte, j’ai un tout petit peu moins adhéré. L’univers est pourtant extraordinaire. C’est un monde où les inventeurs créent des robots à taille d’enfants -la taille adulte est formellement interdite, pour ne pas risquer de confusion. Dans le passé, certains ont même réussi à leur insuffler une âme par magie, à tel point qu’ils ne savent pas eux-mêmes qu’ils sont des robots. C’est interdit à présent, à cause d’un grave accident, mais vous vous doutez bien que c’est à l’un de ceux-là que nous allons avoir à faire.

Les personnages sont très réussis, bien qu’un peu trop humains pour des robots, à mon sens, mais ce petit groupe d’enfants est terriblement attachant. D’une honnêteté scrupuleuse, ils croient à l’amitié et sont prêts à tout pour sauver leur ami. Le bémol, c’est l’intrigue ou peut-être la manière trop simpliste dont elle est menée. On sent venir les choses à des kilomètres et l’auteur reste trop souvent à la surface. Si cela conviendra à de jeunes lecteurs, leurs parents se sentiront sans doute un peu frustrés. Quant à moi, j’attendais davantage d’explications concernant les automates, l’insufflation d’âme, le contexte de cette Angleterre si différente de celle que nous connaissons.

Au final, c’est une lecture très tendre que nous propose Padraig Kenny. Un univers fascinant mais un petit peu sous-exploité, des personnages très attachants -encore que le héros soit très vite éclipsé par ses copains, si vous voulez mon avis- et une intrigue aventureuse mais un poil attendue. Je reste un peu sur ma faim, mais je suis persuadée que ce ne sera pas le cas de vos chères têtes blondes !

Erratum : Contactée par Babelio, j'ai appris après coup que l'envoi d'épreuves non corrigées avait été signalé par l'éditeur mais par reporté, par erreur, sur le site au moment de la masse critique. Les éditions Lumen ont même eu la gentillesse de me proposer un nouvel envoi de l'exemplaire réellement édité. J'ai refusé, mais je les remercie de tout cœur de cette proposition.

Note : ★★★☆☆

Plus d'informations

Les orphelins de métal, de Padraig Kenny
Lumen (2019) - 345 pages - Support papier - Ados & YA

"Je sais à présent que j'ai un cœur, parce qu'il est brisé..." Christopher a beau être orphelin, il fait l'envie de tous ses amis... des amis bien particuliers, puisque ce sont des robots ! C'est que, contrairement à eux, il est ce qu'on appelle un Authentique : un être humain doté d'une âme, une vraie. Apprenti auprès d'un inventeur malhonnête, Absalom, le garçon observe avec consternation les manigances de son mentor, et passe ses soirées à enchanter ses camarades de métal avec les rares souvenirs qui lui restent d'avant – avant l'incendie qui lui a enlevé ses parents. Malheureusement, l'escroc se double d'un menteur... Absalom dissimule depuis des années un étonnant secret ! 
Quand la vérité éclate par une froide journée enneigée, le destin de Christopher est bouleversé à jamais. Enlevé par de parfaits inconnus, il part – enfin – à la découverte de lui-même. Mais c'est sans compter sur ses compagnons, qui ne l'entendent pas de cette oreille. Parmi eux, Lapoigne, un géant mécanique muet, Manda, petite fille perdue dans un monde qu'elle ne comprend pas, ou encore Rob, qu'Absalom n'a jamais vraiment terminé. Bien décidée à rattraper Christopher, la joyeuse bande se lance à sa poursuite sur les routes à bord d'une camionnette dérobée à leur créateur...

Compte Twitter de l'auteur : https://twitter.com/padraig_kenny?lang=fr

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