samedi 22 octobre 2016

L'abbaye blanche, de Laurent Malot


On se retrouve aujourd’hui avec la chronique du premier thriller d’un musicien, Laurent Malot, auteur, compositeur et interprète, dont le premier roman, De la part d’Hannah, paru en 2014 aux éditions Robert Laffont, s’est vendu à près de 25 000 exemplaires. L’abbaye blanche constitue donc sa toute première excursion dans l’univers du polar et c’est, à mon sens, une belle réussite. Alors j’aimerais avant toute chose remercier Babelio et les éditions Bragelonne qui m’ont permis d’en profiter.

C’est une histoire très immersive et sans prétention que l’auteur nous propose ici. Peut-être pas le thriller du siècle, mais de quoi passer un excellent moment de lecture, assurément. On suit Mathieu Gange, lieutenant de police de son état, dont l’épouse vient de quitter brusquement le domicile familial en l’abandonnant avec sa fille, Marine, d’à peine six ans. Alors qu’il enquête sur un meurtre, chose déjà inhabituelle dans la région, puis deux, puis trois, il commence à se demander, lorsqu’il s’avère qu’une secte serait partie prenante dans son affaire, si sa femme ne serait pas mêlée de près ou de loin à tout ça.

Le premier point fort de ce roman, c’est son dynamisme. De découvertes toutes plus inquiétantes les unes que les autres en scènes d’action réglées au cordeau, l’auteur excelle dans la mise en place d’une atmosphère dont le danger semble suinter par tous les pores. On suit des personnages qui, sans jouer les barbouzes, n’hésitent pas à défier leur hiérarchie quand cette dernière bafoue la justice et la morale au nom de ses propres intérêts. Au risque même d’y perdre la vie. Malgré toutes les pressions et les manipulations auxquelles ils vont être confrontés, Gange et ses amis font preuve d’une combativité à toute épreuve.

Car l’intrigue ne s’arrête pas à une histoire de secte, loin de là. Magistrats, politiques, renseignements généraux, les habituels garants de notre sécurité sont mouillés jusqu’au cou et jouent de leur influence pour étouffer tout ce qui doit l’être. Très vite, on ne sait plus qui tire les ficelles, qui est responsable ou qui, au contraire, a tout intérêt à voir l’affaire étalée au grand jour. Un vrai scandale d’État qui nous confronte aux malversations commises par nos dirigeants, et à l’ampleur de la tâche d’assainissement qui s’imposerait. Une plongée dans les sombres arcanes du pouvoir, dans laquelle le suspens est omniprésent.

Un seul regret concernant le dénouement, un peu trop abrupt à mon goût. J’aurais aimé retrouver tous ces personnages quelques semaines plus tard. Savoir qui, parmi les méchants, a plongé, qui s’en est sorti, et comment les choses ont tourné pour Gange et son équipe. Mais pas de quoi bouder son plaisir. Si vous avez l’occasion de lire ce livre, je vous le recommande chaleureusement, il a été pour moi une belle découverte d’automne !

Note : ★★★★☆

Plus d'informations

L'abbaye blanche, de Laurent Malot
Éditions Bragelonne (2016) - 336 pages - Support papier - Thrillers & Polars

Meurtres, amour et conspiration : une recette de la manipulation. À Nantua, dans le Jura, Mathieu Gange élève seul sa fille de six ans. Sa femme a disparu depuis plusieurs mois sans donner d’explication. Flic intègre, il fait ce qu’il peut pour assurer sa mission, quand soudain la violence s’abat sur ce coin du monde où il ne se passe presque jamais rien. Deux hommes sans lien apparent sont assassinés coup sur coup, puis on retrouve un cadavre mutilé dans la forêt. À mesure qu’il démêle les fils, Gange est entraîné dans une enquête dont les enjeux le dépassent. Notables véreux, secte, affaire d’État : le cocktail est explosif. Mais Gange ne peut pas renoncer. La disparition de sa femme n’est peut-être pas innocente...

Site de l'auteur : http://www.laurentmalot.fr/

1 commentaire:

  1. Ton billet donne envie même si j'ai un peu de mal avec les livres qui finissent un peu brutalement... j

    RépondreSupprimer