mercredi 24 mai 2017

La voie des rois, tome 2, de Brandon Sanderson


On se retrouve aujourd’hui avec Brandon Sanderson, l’un de mes auteurs de fantasy favoris. Je l’ai découvert complètement par hasard il y a quelques années avec le premier tome de la saga Fils-des-Brumes, et depuis je ne l’ai pas quitté. Le roman dont il est question ici est sorti en 2015 mais c’est un véritable pavé et j’avais besoin de courage, et de temps également il faut bien le dire, pour me lancer. La suite est parue ce mois-ci aux éditions Le Livre de Poche. C’était l’occasion que j’attendais pour me lancer dans un mois Sanderson !

Les Archives de Roshar est, l’auteur le dit lui-même, l’œuvre de toute une vie. Plus qu’une saga ou un cycle, c’est une véritable épopée de fantasy épique annoncée sur dix tomes, qui lui tient tout particulièrement à cœur. Impossible pour moi de passer à côté, vous imaginez bien ! On y suit plusieurs personnages dont les destins convergent inévitablement, et comme souvent chez Sanderson, on prend son temps. La première partie de La voie des rois tenait lieu d’introduction. On découvrait le monde de Roshar dans toute sa complexité, ses us et coutumes, ses légendes mystérieuses, ses différentes formes de magie, et les personnages principaux bien sûr. La seconde partie, dont il est question ici, voit enfin les différentes intrigues s’entremêler.

Et malgré leur densité, leur complexité, elles sont réellement passionnantes ! Luttes de pouvoir, trahisons, retournements de situation, grandioses scènes de batailles - un poil longues à mon goût mais je sais que certains apprécieront -, tout y est pour faire de ce roman un must de la fantasy. L’auteur maîtrise parfaitement son histoire et la rend très addictive grâce à l’alternance entre les différents personnages. Ces derniers sont d’ailleurs très travaillés, qu’ils soient principaux ou secondaires. Ils évoluent tout au long du livre, les situations souvent difficiles leur imposant le changement. Attachants, ce sont des personnages hors du commun et pourtant pleins de charme, qui participent au fait que l’on est happé par cette histoire et la richesse de cet univers fascinant.

J’ai passé un excellent moment de lecture ! L’intrigue est dense, le rythme intense, l’univers riche et sa découverte fascinante. Le style de l’auteur est toujours aussi soigné et constitue un magnifique écrin à son imagination débordante. J’ai d’ores et déjà plongé dans la suite, et je peux vous dire que dès le départ, elle nous réserve une jolie surprise ! Lancez-vous !

Note : ★★★★★

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Les Archives de Roshar, livre 1 : La voie des rois, tome 2, de Brandon Sanderson
Editions Le Livre de Poche (2015) - 655 pages - Support numérique - Fantasy

« Je me souviens des jours avant l'Ultime Désolation. Avant que les Hérauts ne nous abandonnent, et que les Chevaliers Radieux se retournent contre nous. Des jours où la magie était encore de ce monde, et l'honneur dans le cœur des hommes. Aujourd'hui nous surveillons quatre personnes. Le premier est un chirurgien qui est devenu soldat dans une guerre brutale. Le deuxième est un assassin qui pleure en tuant. La troisième est une jeune femme dont la robe d'étudiante abrite un cœur de voleuse et de traîtresse. Le dernier est un prince dont les yeux se sont ouverts sur le passé, tandis que son appétit pour la guerre décroît. Le monde changera. La magie des anciens jours sera de nouveau la nôtre. Ces quatre personnes sont la clé. L'un d'entre eux nous aidera. Et l'un d'entre eux nous détruira. »

Site de l'auteur : https://brandonsanderson.com/

lundi 8 mai 2017

Les flammes du destin, de Sarah Raughley


Les éditions Lumen sont spécialisées dans le Young Adult, et le moins que l’on puisse dire, c’est que j’ai passé ce cap depuis bien longtemps ! Leurs parutions m’interpellent pourtant très souvent, et la saga de Sarah Raughley n’a pas fait exception à la règle. C’est pourquoi j’ai décidé d’essayer de profiter de la dernière Masse Critique de Babelio pour faire connaissance avec la jeune Maia.

Maia est une jeune fille comme les autres, ou presque. Elle a perdu ses parents et June, sa sœur jumelle, dans un incendie, et elle partage désormais la vie de son oncle. Une drôle de vie, si vous voulez mon avis, dans un drôle d’univers où des créatures que l’on appelle des spectres menacent l’humanité. Pour y faire face, deux choses : la technologie, avec une espèce de courant bleu qui recouvre les villes d’un dôme de protection que les bestioles en question n’approchent pas ; et les Effigies, quatre jeunes femmes dotées de pouvoirs extraordinaires liés aux quatre éléments.

La vie de Maia bascule le jour où elle devient une Effigie à son tour, juste avant une formidable attaque de Spectres, et c’est là-dessus que l’auteur choisit de nous ouvrir son récit. Une entrée en matière pleine de dynamisme, qui donne immédiatement la couleur. Les événements s’enchaînent à un rythme effréné, de batailles en rebondissements, et on n’a vraiment pas le temps de s’ennuyer. Sarah Raughley développe une intrigue intéressante, faute d’être réellement passionnante, et s’attache de près à ses héroïnes, chacune étant dotée d’une personnalité qui lui est propre.

J’aurais aimé malgré tout qu’elle reste moins à la surface des choses, qu’on en apprenne plus sur la manière dont les Spectres ont soudain surgi, ou encore sur la Secte, cette organisation qui porte bien son nom, sorte d’agence internationale qui lutte contre les cauchemardesques créatures aux côtés des Effigies. En apparence en tous cas… Parce qu’on sent bien qu’il se trame quelque chose de pas très net, et les réponses sont loin de nous être toutes données à la fin du tome.

Un roman où prime l’efficacité, et qui constitue clairement l’introduction d’une saga que l’on devine épique. Il pose les bases d’un univers qui ne demande qu’à être développé, et j’attends énormément de la suite. Des réponses à mes questions, bien sûr, mais pas seulement. J’espère aussi moult petits détails pour donner vie et substance à cet univers original. A découvrir, pour les fans de super-héroïnes !

Note : ★★★☆☆

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The Effigies, tome 1 : Les flammes du destin, de Sarah Raughley
Editions Lumen (2017) - 442 pages - Support papier - Ados & YA

« Je m’appelle Maia Finley, j’ai seize ans et je suis la nouvelle Effigie. » Depuis quelques jours, Maia se répète ces mots en boucle, sans oser les prononcer à voix haute. Car à la minute où le monde l’apprendra, sa vie basculera. Elle deviendra une véritable célébrité, ses fans boiront la moindre de ses paroles… et son espérance de vie chutera drastiquement.
C’est que les Effigies, ces jeunes femmes dotées chacune d’un pouvoir unique lié aux quatre éléments, ne sont pas là par hasard : elles doivent protéger l’humanité des Spectres – des créatures de cauchemar – mélange de chair pourrissante et de ténèbres, qui la terrorisent depuis maintenant près d’une centaine d’années. À la mort de chaque Effigie, ses capacités, ainsi que la somme de ses souvenirs, se transmettent à son héritière choisie au hasard quelque part sur la planète.
Alors, quand Manhattan subit une attaque sans précédent, Maia n’a d’autre choix que de descendre dans l’arène. Elle qui idolâtre les Effigies, comme autrefois sa sœur jumelle morte dans un incendie, va cependant tomber de haut : les trois jeunes filles ne veulent plus entendre parler les unes des autres. Pourtant le danger se rapproche, car un homme énigmatique, Saul, semble capable à la surprise générale de contrôler les Spectres. Maia se retrouve aspirée dans une spirale infernale, au moment même où le feu qui couve en elle menace de la consumer tout entière !


Site de l'auteur : https://sarahraughley.com/

vendredi 28 avril 2017

Inséparables, de Elie Darco


On se retrouve aujourd’hui avec une nouvelle chronique en littérature jeunesse, un thriller jeunesse précisément : Inséparables, d’Elie Darco. Directement contactée par l’auteur, j’ai failli refuser ce service presse tant mon agenda IRL comme livresque est chargé en ce moment, mais le quatrième de couverture a fait le job. Il a su m’intriguer suffisamment pour me convaincre de dénicher à ce roman une petite place dans le planning !

Elie Darco nous propose ici l’histoire d’Alec et Beryl, deux adolescents nés de parents militaires. Trimballés toute leur enfance au gré des affectations, ils se sont plus ou moins élevés tous seuls, et ont pris l’habitude de faire les quatre cents coups. Lorsqu’une nouvelle mutation les expédie à Morran, petite ville pluvieuse et paumée, ceinturée par une épaisse forêt, l’enthousiasme n’est clairement pas à la carte. Et puis un soir, alors que, morts d’ennui, ils empruntent l’arme de service de leur père pour aller s’entraîner dans la forêt, les choses tournent mal.

Je ne savais pas très bien à quoi m’attendre, mais ce roman a été une agréable surprise. Complices, les deux héros sont profondément attachés l’un à l’autre ; ils ont l’habitude de ne compter que sur eux-mêmes, ils se serrent les coudes, font front commun et se soutiennent envers et contre tout. En même temps, leur relation n’est pas dénuée des chamailleries habituelles entre un frère et une sœur, ce qui nous les rend totalement crédibles, naturels et attachants. Ils constituent le point fort de ce roman.

Ce n’est pas le seul, le récit est passionnant et rondement mené. L’auteur maîtrise tous les tenants et les aboutissants de son intrigue, et elle nous mène par le bout du nez. Elle distille les indices au compte-gouttes, et maîtrise parfaitement l’art de maintenir le suspens tout en faisant monter la pression ! L’atmosphère de la petite ville de Morran est pesante à souhaits et lorsque les parents eux-mêmes semblent se retourner contre leurs enfants, elle devient carrément étouffante. Le seul bémol à apporter à mon enthousiasme concerne l’univers, si proche du nôtre et pourtant différent, concernant lequel j’aurais aimé avoir davantage de précisions.

En conclusion, Inséparables est un très bon roman. Palpitant et bien écrit, il nous propose une intrigue bien construite, des personnages attachants, et une plume vive et dynamique que l’on découvre avec beaucoup de plaisir. Une très chouette découverte pour laquelle je remercie vivement l’auteur et les éditions Magnard.

Note : ★★★★☆

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Inséparables, de Elie Darco
Editions Magnard (2017) - 302 pages - Support papier - Ados & YA

Alec et sa soeur Beryl, dix-sept et dix-huit ans, ont été ballottés au gré des affectations successives de leurs parents, tous deux militaires de carrière. Plus ou moins livrés à eux-mêmes depuis l'enfance, ils aiment repousser leurs limites et tenter de nouvelles expériences, quittes à enfreindre les règles d'une société sécuritaire, qui entend lutter aussi bien contre le terrorisme que contre le gaspillage énergétique.
Un jour, la famille échoue dans une petite ville perdue au milieu d'un massif forestier. Pour ces adolescents habitués aux espaces urbains, aux salles d'arcade et aux tripots clandestins, l'adaptation est difficile. Très vite, l'ennui les guette. Un soir, Alec et Beryl subtilisent le pistolet de leur père et vont s'entraîner à tirer en forêt. Des copains de classe les rejoignent. Dans l'obscurité, un écho semble répondre à l'un des coups de feu et une lumière danse entre les arbres. Alec et Beryl découvrent alors ce qu'ils imaginent être une ancienne station militaire à l'abandon.
Mais le lendemain, le chef de la police se présente chez eux : le cadavre d'une jeune fille a été retrouvé cette même nuit, en bordure de la forêt... Pour Alec et Beryl, c'est le prélude d'une série de bouleversements, qui vont les mettre à rude épreuve. Envers et contre tous, ils vont tenter de rester soudés. Inséparables.


Site de l'auteur : http://eliedarco.com/

lundi 24 avril 2017

Les cambrioleurs rêvent-ils de dinosaures mécaniques, de Damien Snyers


Ce mois-ci, les éditions ActuSF proposent de télécharger et lire gratuitement quatre nouvelles se déroulant dans les univers de quatre de leurs auteurs. J’en ai profité pour découvrir la plume de Damien Snyers, dont le roman La stratégie des as m’intrigue depuis quelques temps. Je lis de plus en plus de nouvelles, et je trouve que c’est un excellent moyen, pour nous lecteurs, de se faire une idée avant de se lancer dans un achat plus conséquent.

Celle-ci nous permet de faire connaissance avec James, voleur sans grande envergure qui semble vivre de petites arnaques. As de la combine foireuse, il se débrouille pour se faire engager pour assurer la garde d’un tableau dans un musée. J’avais dans l’idée qu’il chercherait à le voler plutôt que de le protéger, mais ce n’était apparemment pas ce que l’auteur avait en tête et j’ai été bien déçue. Je crois que j’attendais tout simplement trop de ce texte, je m’attendais à du Scott Lynch mais on est bien loin du compte !

Pour deux raisons. La première réside dans le caractère de ce personnage principal qui ne m’a pas paru très sympathique. On aime généralement bien les voyous, à condition qu’ils aient du charme, mais je suis complètement passée à côté de celui de James. Alors certes, c’est une nouvelle, et le temps m’a peut-être manqué pour m’attacher à lui, mais tout le talent d’un nouvelliste réside justement dans sa capacité à faire vite et bien. Il manque à James cette gouaille et cet humour qui font tout le charme d’un Locke Lamora.

La seconde concerne l’intrigue en elle-même, qui s’est avérée très décevante. Dans la première partie, on fait connaissance avec James, son employeur, l’auteur pose le décor et les éléments de son histoire, et le tout s’avère plutôt plaisant à lire. Malheureusement, on se rend très vite compte que la suite manque cruellement de substance, et notre intérêt retombe comme un soufflet lorsque tout se résume à une course poursuite avec le fameux dinosaure mécanique du titre. Il aurait peut-être suffit de pas grand-chose pour rendre à cette nouvelle ses lettres de noblesse, mais en l’état, elle me laisse un goût d’inachevé, comme s’il lui manquait une vraie raison d’exister.

En outre, le correcteur a laissé passer certaines constructions à la « Si j’aurais su, j’aurai pas v’nu » qui m’ont fait dresser le poil ! Au final, une déception qui ne m’encourage guère à investir de mon temps dans le roman. Dommage...

Note : ★★☆☆☆

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Les cambrioleurs rêvent-ils de dinosaures mécaniques, de Damien Snyers
Editions ActuSF (2017) - 35 pages - Support numérique - Nouvelles et Recueils

Les voleurs faisant les meilleurs gardiens, James se retrouve engagé par l'un des plus redoutables d'entre eux pour garder un tableau dans le musée des Beaux-Arts de Nowy-Krakow. Mais peut-on faire vraiment confiance à une équipe uniquement composée de cambrioleurs ?

dimanche 23 avril 2017

Fin de ronde, de Stephen King


Troisième et dernier opus de la trilogie Bill Hodges, Fin de ronde est un thriller fantastique à la Sire Cédric, où le paranormal fait son entrée d’emblée de jeu. On y retrouve Bill Hodges, devenu détective privé depuis sa mise à la retraite de la police, et son associée Holly au sein de l’agence Finders Keepers. On y retrouve aussi Brady Hartsfiled, le chauffard psychopathe de Mr Mercedes, le premier tome de la saga, que l’on croyait neutralisé mais qui nous réserve encore quelques surprises.

King renoue également avec le paranormal qui lui était cher il y a quelques dizaines d’années. A cause du mauvais coup qu’il a pris sur la tête dans la salle de concert pleine d’adolescents qu’il désirait faire exploser, ou bien des traitements expérimentaux et non autorisés que lui administre en secret son médecin, Brady se découvre des capacités psychiques hors du commun. Il va bien évidemment en profiter pour fomenter une vengeance à la mesure de sa haine de Bill Hodges et de son nègre tondeur de pelouse. Entre le pouvoir de l’esprit et celui des réseaux sociaux, Fin de ronde est un véritable concentré de modernité !

On y parle de suicide, de malaise adolescent, de la manière dont un prédateur déterminé peut réussir à manipuler certaines personnes au travers de l’hypnose et des réseaux sociaux. Brady, et King à travers lui, est extrêmement habile à ce petit jeu de manipulation, à tel point que c’en est effrayant. Rien ne semble pouvoir arrêter son esprit tordu, pas même Bill Hodges que l’on retrouve ici bien affaibli, aux prises avec la maladie. Ce vieux flic à la retraite avait su me toucher dans Mr Mercedes, et mon affection ne s’était pas démentie par la suite dans Carnets noirs. Le courage et l’abnégation dont il fait preuve ici m’ont fait terriblement mal au cœur.

Seul petit bémol à cette histoire, les quelques longueurs induites par le point de vue de Brady, mais le machiavélisme qui préside à son esprit torturé compense largement. Finalement, Fin de ronde conclut de bien belle façon cette intrigue originale et touchante, grâce à des personnages terriblement attachants. Les thématiques choisies par l’auteur sont une fois de plus fortes et universelles. Sans être un chef d’œuvre, c’est un très bon roman, bien ficelé et efficace, qui vous fera passer un excellent moment de lecture. Lisez la trilogie, elle est atypique chez King, mais vraiment réussie.

Note : ★★★★☆

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Off-Ret Hodges, tome 3 : Fin de ronde, de Stephen King
Editions Albin Michel (2017) - 430 pages - Support numérique - Thrillers & Polars

Sept ans après le massacre perpétré par Brady Hartsfield, alias Mr Mercedes, celui-ci gît sur un lit d'hôpital, paralysé, le cerveau endommagé, subissant les essais cliniques expérimentaux du docteur Babineau. Mais le criminel s'aperçoit qu'il est désormais doté de pouvoir de télékinésie. Il intègre le corps du médecin, bien décidé à manipuler et à pousser au suicide son ennemi Bill Hodges.

Site de l'auteur : https://www.stephenking.com/