samedi 23 mars 2019

L'outsider, de Stephen King


Un an après Sleeping beauties, co-écrit avec son fils Owen, Stephen King est de retour avec un polar fantastique qui n’est pas sans rappeler Mr Mercedes, dont on retrouve d’ailleurs ici l’un des personnages principaux. L’outsider est un petit pavé de 600 pages qui se dévore plus qu’il ne se lit et dont l’adaptation en série est d’ores et déjà en cours de production. King a le vent en poupe du côté des adaptations, que ce soit au cinéma ou en série, et les romans ne sont pas encore arrivés en France que les droits audiovisuels sont déjà achetés ! Mais revenons-en au roman…

Nous sommes à Flint City, dans l’Oklahoma. Ralph Anderson est inspecteur de police et il enquête sur le meurtre d’un jeune garçon de 11 ans, violé et en partie dévoré par son agresseur. Un crime qui s’annonce vite résolu, dans la mesure où le coupable a été reconnu par de nombreux témoins et a laissé des empreintes un peu partout. Ce qui est certes un peu surprenant, c’est que Terry Maitland est plutôt du genre citoyen modèle, professeur, coach sportif bénévole, tout ça, tout ça. Mais la plupart des tueurs en série cachent bien leur jeu, alors plutôt que de prendre le risque de le laisser filer et recommencer, on préfère bâcler un peu l’enquête et on l’arrête devant plusieurs milliers de personnes.

Seulement voilà, Maitland se trouvait à plus de 100 km de Flint City au moment du meurtre et il a non seulement des témoins mais aussi des preuves. Alors comment ce type s’est-il débrouillé pour se trouver à deux endroits en même temps ? Ralph se retrouve à enquêter aux frontières du réel et passé le premier tiers du roman, les choses prennent une tournure franchement étrange. Comme souvent chez King, tout commence par une situation bien ancrée dans notre réalité qui dévie insidieusement vers… autre chose, disons. Le personnage de Ralph Anderson est plutôt du genre cartésien, si bien que sa confrontation avec le surnaturel va lui donner du fil à retordre car elle va nécessiter de croire à quelque chose d’extraordinaire.

J’ai beaucoup aimé cet aspect du roman. Les interrogations de Ralph, la manière dont il se débat pour réfuter l’évidence, se refusant à accepter l’inacceptable. J’ai aussi apprécié les personnages féminins, des femmes fortes, qui ont les pieds sur terre et qui pourtant n’hésitent pas à admettre que “l’univers est infini”, comme le dit Shakespeare. La présence un peu lunaire de Holly Gibney apporte une dimension supplémentaire à tout ça, c’est un personnage que j’aime beaucoup. Au final, ma seule déception réside dans le coupable lui-même, le croque-mitaine.

Chez King, le combat du Bien contre le Mal est un thème récurrent et pendant des années, seuls les enfants ont pu lutter. A présent, nous avons Holly Gibney ! Par bien des côtés, son innocence enfantine s’en rapproche et c’est sans doute ce qui me plaît tant en elle. Mais cette fois, le grand méchant n’était pas vraiment à la hauteur. J’y ai cru un moment, lors de sa confrontation avec la petite Grace, mais le final me laisse un goût d’inachevé. Où est passée l’abjection de Randall Flagg ? Ou la méchanceté affamée de Grippe-Sou ? C’est ce méchant sans réelle envergure qui coûte sa cinquième étoile à ce roman. J’espérais une fin en apothéose avec une entité digne d’un Crimson King, et j’ai trouvé que l’auteur était un petit peu passé à côté.

Bon, entendons-nous bien, ça reste un très bon roman que je recommande volontiers ! C’est juste que, de mon auteur préféré, j’attends encore et toujours plus ! Un immense merci à Shy qui m’a offert ce livre et fait le plaisir de le lire en même temps que moi, en compagnie de Piplo.

Note : ★★★★☆

Plus d'informations

L'outsider, de Stephen King
Éditions Albin Michel (2019) - 576 pages - Support papier - Fantastique & Horreur

Parfois, le mal prend le visage du bien. Le corps martyrisé d'un garçon de onze ans est retrouvé dans le parc de Flint City. Témoins et empreintes digitales désignent aussitôt le coupable : Terry Maitland, l'un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l'équipe locale de baseball, professeur d'anglais, marié et père de deux fillettes. Et les résultats des analyses ADN ne laissent aucune place au doute. Pourtant, malgré l'évidence, Terry Maitland affirme qu'il est innocent. Et si c'était vrai ?

Site de l'auteur : https://www.stephenking.com/ 

vendredi 8 mars 2019

Gaïa, de Yannick Monget


L’Homme n’a pas su respecter la Nature. Il n’y a plus aucune raison pour que la Nature respecte l’Homme... Roman auto-édité en 2006, Gaïa a été repris en 2012 par les éditions Bragelonne et c’est à l’occasion de l’une de leurs opérations numériques que je me le suis procuré. Le quatrième de couverture m’avait intriguée et j’étais très curieuse de ce que j’espérais être un thriller écologique prometteur. On ne peut pas dire que j’ai été emballée par ce que j’ai lu, malheureusement !

Alexandre Grant, P.D.G. sans scrupule d’une société de biotechnologie, se rend dans un village d’Amazonie où il possède une exploitation de bois exotique qui connaît quelques perturbations. Sur place, il fait la connaissance d’Anne Cendras, une biologiste française qui l’interpelle en vain sur les conséquences écologiques de son exploitation. Après un bref retour aux Etats-Unis, Grant se rend à Paris pour ses affaires mais à peine a-t-il débarqué sur le sol français qu’il est mis en quarantaine dans une base militaire. Un virus inconnu, apparemment issu du village d’Amazonie dont il rentre, est en train de se propager à la vitesse d’une pandémie.

Tel est le point de départ de Gaïa, de Yannick Monget. Fondateur du groupe Symbiom créé en 2008 pour sensibiliser l’opinion aux problématiques environnementales contemporaines, il est aussi l’auteur de plusieurs livres photos et de deux romans dont Gaïa fait partie. C’est donc avec l’assurance de trouver une ambiance fortement teintée d’écologie que je me suis lancée, curieuse. Malheureusement, les bonnes intentions ne font pas forcément les bonnes histoires et je me suis ennuyée ferme à la lecture de ce roman à l’intrigue digne d’un blockbuster américain. Un roman qui se voulait militant et qui au final manque tellement de crédibilité qu’il en devient risible.

Et c’est sans parler des personnages qui sont de véritables caricatures. Nous avons le capitaliste sans cœur ni conscience - enfin, en apparence, parce qu’en fait, non, il a un passé, le gars, une histoire larmoyante à souhait avec son papa -, la biologiste écologiste et moralisatrice à laquelle on a juste envie de mettre des claques tellement qu’elle se pose en donneuse de leçons, les militaires surentraînés qui tombent dans tous les pièges possibles et imaginables… En termes de subtilité, il faudra repasser. Ce livre est là pour faire passer un message, pas pour raconter une histoire, que les choses soient bien claires. Ah oui mais moi, c’est un roman que j’étais venue lire !

En bref, je suis complètement passée à côté ! A moins que ce ne soit l’auteur qui est passé à côté de son objectif en s’identifiant un peu trop à son héroïne donneuse de leçons... On n’y croit pas une seule seconde. L’intrigue, redondante au possible, manque d’intensité et de crédibilité ; les dialogues sont lourds et sans saveur ; les personnages clichés, sans âme. Une réelle déception qui m’incite à vous encourager à aller voir ailleurs.

Note : ★★☆☆☆

Plus d'informations

Gaïa, de Yannick Monget
Éditions Bragelonne (2012) - 456 pages - Support numérique - Science-fiction

Et si un jour l'homme prédateur devenait la proie, à son tour menacée d'extinction ? Le monde sombre dans le chaos : un phénomène nouveau et inexpliqué affecte les écosystèmes du monde entier. Le comportement des animaux est bouleversé, les espèces végétales sont frappées d'impossibles mutations alors qu'une étrange épidémie se répand, qui pourrait causer la mort de millions de personnes. Au cœur de la forêt tropicale amazonienne, Alexandre Grant, P.-D.G. d'une société de biotechnologie américaine, rencontre Anne Cendras. La célèbre biologiste française est convaincue que ce cataclysme n'a rien à voir avec le réchauffement climatique, mais qu'il menace la survie de toute l'humanité. Aucun gouvernement ne sait comment enrayer ce phénomène et déjà le contact est rompu avec certaines régions du globe. Seuls quelques individus, que tout oppose en apparence, sont bien décidés à comprendre et à lutter ?

Site de l'auteur : https://www.symbiom.org/

samedi 23 février 2019

Lecture commune - L'outsider


Un enfant assassiné, un suspect confondu. Et pourtant... L'Outsider, de Stephen King, est sorti au mois de janvier aux éditions Albin Michel. Il a tout de suite rejoint ma PAL numérique et il est même possible que le format papier attente mon retour de vacances dans ma boîte aux lettres. Qu'il est difficile de résister ! Mais j'ai d'autres obligations livresques et je ne peux pas me lancer tout de suite...

Piplo et The Shy Augurey ont accepté de m'attendre ! Et c'est donc première quinzaine de Mars que cette petite lecture commune improvisée devrait débuter. Alors si le cœur vous en dit, n'hésitez pas à nous contacter en commentaire pour nous rejoindre dans cette aventure. Les critiques sont plutôt bonnes et j'ai vraiment vraiment hâte de commencer ce roman.


Plus d'informations

L'outsider, de Stephen King
Éditions Albin Michel (2019) - 576 pages - Support numérique - Fantastique & Horreur

Parfois, le mal prend le visage du bien. Le corps martyrisé d'un garçon de onze ans est retrouvé dans le parc de Flint City. Témoins et empreintes digitales désignent aussitôt le coupable : Terry Maitland, l'un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l'équipe locale de baseball, professeur d'anglais, marié et père de deux fillettes. Et les résultats des analyses ADN ne laissent aucune place au doute. Pourtant, malgré l'évidence, Terry Maitland affirme qu'il est innocent. Et si c'était vrai ?

Site de l'auteur : https://www.stephenking.com/

vendredi 22 février 2019

Le pays des grottes sacrées, partie 1, de Jean M. Auel


On se retrouve aujourd’hui avec la première partie du sixième tome des Enfants de la Terre, intitulé Le pays des grottes sacrées, de Jean M. Auel. J’avais beaucoup aimé le début de cette saga préhistorique, mais les dix années écoulées entre les livres 5 et 6 m’auront été fatales, je crois. J’ai mis beaucoup de temps à me relancer dans cette suite, même après sa sortie, et j’arrive au bout avec un profond sentiment de déception.

Désormais pleinement acceptée par les membres de la Neuvième Caverne, Ayla est devenue acolyte de la Zelandoni, la première parmi ceux qui servent la Grande Terre Mère. Mais elle vient aussi de mettre au monde une petite fille du foyer de son compagnon, et l’équilibre entre ses obligations et son devoir de mère n’est pas toujours facile à trouver. C’est alors que la Zelandoni lui propose un long périple à la découverte des grottes sacrées.

C’est en livre audio que j’ai découvert cette première partie, une exclusivité Audible Amazon lu par Delphine Saley. C’était ma première expérience Audible et très sincèrement, c’est une catastrophe ! La lectrice se croit apparemment obligée de déguiser sa voix pour interpréter les différents personnages et c’est juste ridicule, pour ne pas dire grand-guignolesque ! C’est dommage car sans cela, son timbre serait plutôt agréable à entendre, mais je n’ai pas réussi à m’y faire, même après une vingtaine d’heures d’écoute.

Indépendamment du support, j’étais heureuse de retrouver Ayla et Jondalar, mais l’histoire est affreusement redondante, il faut bien le reconnaître. A chaque nouvelle tribu rencontrée au cours de leur voyage, l’auteur insiste sur les réactions suscitées par la jeune femme : son accent, son loup, ses chevaux... Tout l’intérêt réside dans la découverte des grottes sacrées, mais là encore, après deux ou trois visites identiques, on se surprend à lever les yeux au ciel. Il ne se passe pas grand chose d’intéressant dans cette première partie et on s’ennuie ferme.

Au final, il m’aura fallu bien du temps pour arriver au bout. Entre descriptions et redites, la saga s’essouffle et c’est comme si l’auteur n’avait plus rien à nous raconter. Ayla a beau être une jeune femme charmante, ses aventures manquent désormais singulièrement de piquant. Il me reste la deuxième partie de ce dernier tome à écouter mais ce ne sera peut-être pas pour tout de suite !

Note : ★★☆☆☆

Plus d'informations

Les Enfants de la Terre, tome 6 : Le pays des grottes sacrées, partie 1, de Jean M. Auel
Editions Pocket (2012) - 606 pages - Support audio - Littérature historique

La petite orpheline Cro-Magnon recueillie par des Neandertal a fait bien du chemin. Elle vient de mettre au monde une petite fille, et a été peu à peu adoptée par les membres de la Neuvième Caverne, le clan de son compagnon Jondalar. A tel point que la Zelandoni, guérisseuse et chef spirituel de la tribu, la choisit pour lui succéder un jour. Afin de parvenir à cette fonction, Ayla suit pendant plusieurs mois la grande prêtresse. Mais cette formation, jalonnée de rites de passage, n’a rien d’une promenade de santé, et la jeune femme devra franchir bien des obstacles avant de devenir Zelandoni. Saura-t-elle trouver un équilibre entre ses obligations de jeune mère et d’épouse et les exigences de son apprentissage ?

Site de l'auteur : http://www.jeanauel.com/

mercredi 20 février 2019

Oiseau de nuit, de Robert Bryndza


C’est des pistes enneigées que je vous propose aujourd’hui la chronique d’un thriller paru aux éditions Belfond : Oiseau de nuit, de Robert Bryndza. J’avais beaucoup aimé La fille sous la glace, la première aventure de la DCI Erika Foster. Premier polar d’un auteur de comédies romantiques, il avait remporté un vif succès en France comme à l’étranger. C’est donc avec curiosité que j’ai postulé à la masse critique de Babelio en janvier pour lire ce second volet, et avec grand plaisir que je me suis plongée dans cette nouvelle enquête.

On retrouve Erika, notre enquêtrice meurtrie par la vie et surtout la mort de son mari, en pleine canicule à Londres. Elle est appelée sur une sordide scène de crime : le corps d’un médecin a été retrouvé nu, attaché dans son lit, asphyxié par un sac en plastique sur sa tête. De toute évidence, le pauvre homme ne s’est pas lui-même donné la mort. Quand un second cadavre est retrouvé dans des circonstances similaires, cela ne fait plus aucun doute, il s’agit d’un serial killer. Dès lors la jeune femme se lance sur sa piste mais quand elle annonce qu’il s’agit d’une tueuse et non d’un tueur, rares sont ceux qui la suivent.

Car Erika n’est pas particulièrement douée avec les gens, il faut bien le dire. Elle manque souvent de diplomatie et se refuse à pratiquer la langue de bois. Elle a également tendance à n’en faire qu’à sa tête ce qui, dans le cadre de son métier, lui attire souvent des ennuis, en particulier avec sa hiérarchie. Son instinct est pourtant sûr, mais elle va se rendre compte que cela ne suffit pas. Surtout sur cette enquête, que ses supérieurs ont l’air de vouloir régler aussi vite que possible, quitte à lui imposer leurs propres conclusions, aussi abracadabrantes soient-elles.

Seulement quand son meilleur ami se retrouve soudain impliqué, il n’est plus question de laisser faire. Erika se lance dans l’enquête corps et âme, au mépris d’un danger pourtant bien réel. En tant que lecteur, on connaît l’identité de la tueuse assez rapidement, tout l’intérêt consiste à comprendre ses motivations. L’auteur alterne les points de vue et on flirte avec elle jusqu’à la fin du livre. On découvre les atrocités qu’elle a subies tout au long de sa vie, les névroses qu’elle a développées et pourquoi. Par moments, on se surprend à la plaindre, à avoir envie de comprendre. Erika elle-même est curieusement déstabilisée par cette femme.

Au final, tout cela nous donne un roman très addictif, qu’on lit presque d’une traite sans voir le temps passer. J’ai beaucoup aimé cette histoire qui, même si elle ne révolutionne pas le genre, se révèle efficace et prenante. Erika est un personnage attachant. A un instant clé de son existence, elle ne passe pas une journée sans penser à la disparition de son époux et malgré tout, le temps commence à faire son œuvre, ce qui ne va pas sans culpabilité de sa part. Une histoire percutante, avec une héroïne tout en nuances, fragile mais déterminée. J’attends le prochain tome, annoncé à l’automne, avec grande impatience.

Note : ★★★★☆

Plus d'informations

Oiseau de nuit, de Robert Bryndza
Editions Belfond (2019) - 408 pages - Support papier - Thrillers & Polars

Londres, aujourd'hui. Au cœur d'une nuit caniculaire, l'inspectrice Erika Foster est appelée sur une épouvantable scène de crime : un chirurgien renommé vient d'être retrouvé asphyxié dans son lit, nu, un sac plastique sur la tête, les poignets attachés. Jeu sexuel qui aurait mal tourné ? C'est ce que peut laisser croire la présence d'une revue gay à ses côtés. Quelques jours plus tard, le corps d'un journaliste de tabloïds est découvert dans des circonstances similaires. Pour Erika Foster et son équipe le doute n'est plus permis : un serial killer rôde. Mais quel est son mobile ? Pourquoi ses victimes sont-elles toutes des hommes brillants, à la vie très secrète ? Comment les choisit-il ? Alors qu'une vague de chaleur plonge la ville en pleine torpeur, Erika va devoir garder son sang-froid pour débusquer ce tueur noctambule, avant qu'il ne frappe de nouveau. Mais qui sait qui il observe en ce moment même ? Et si Erika n'était pas aussi en sécurité qu'elle le croit ?

Site de l'auteur : https://robertbryndza.com/