mardi 21 novembre 2017

La confrérie de l'invisible, de Richard Taleman


Richard Taleman, vous connaissez ? Non ? Alors peut-être que si je vous dis Olivier Descosse, cela vous parlera plus ? J’ai découvert récemment que ces deux auteurs ne sont qu’une seule et même personne, ce qui au passage m’a permis de mieux comprendre pour quelle raison Maxime Chattam conseillait ce début de saga sur Twitter, Olivier Descosse faisant partie de la Ligue de l’Imaginaire. Ne vous attendez pourtant pas à du Chattam, cela n'a rien à voir avec ses thrillers, ni même avec sa saga Autre-Monde d’ailleurs.

Malheureusement, comme souvent quand il y a erreur sur la marchandise, la déception pointe au bout du chemin. La Confrérie de l’Invisible est un roman jeunesse qui essaie de se faire passer pour du YA et qui sent un peu le réchauffé, il faut bien le dire. N’est pas J.K. Rowling qui veut, et David Cream n’est pas Harry Potter. Nous voilà avec un étudiant qui intègre une université du paranormal et va être confronté à une sombre entité liée à la disparition de son grand-père. Si vous ne relevez aucun parallèle là-dedans, vous avez sûrement tendance à être peu naïf, non ?

Mais ce ne serait pas un drame s’il ne manquait pas quelque chose à cette histoire. Je ne sais pas, une âme peut-être ? Les personnages sont clichés au possible entre l’intello paraplégique, le beau gosse plein de fric qui use et abuse des relations de son père, sa petite amie vierge et trompée x fois parce qu’elle ne veut pas coucher - quel fabuleux message pour nos enfants, je ne m’en suis pas remise, et je ne vous parle pas de la prise d’ecstasy en soirée ! - et notre héros, torturé mais super doué au milieu de tout ça. Voilà, voilà, voilà… Si ces ados s’avèrent cependant sympathiques, pour certains en tous cas, ils manquent clairement de profondeur.

Quant à l’intrigue, ma foi, elle est un peu longuette mais pas inintéressante. L’auteur prend son temps pour mettre en place son univers, mais ce qui m’a le plus gênée, ce sont les facilités qu’il s’autorise pour dénouer certaines situations. Une porte fermée ? Qu’à cela ne tienne, nos héros ont des dons et les adultes sont trop bêtes pour avoir songé que, dans une école pleine d’ados de ce genre, il fallait faire mieux que ça. Notre héros est en difficulté ? Et si on envoyait une entité bénéfique pour le sortir de là ? Au-delà de onze ou douze ans, ça a quand même du mal à passer, non ?

Au final, ce livre est une grande déception. L’intrigue et l’univers avaient du potentiel, mais l’auteur oscille sans cesse entre deux genres comme s’il n’arrivait pas à se décider. Ce qui en ressort, c’est un roman qui sent le réchauffé et multiplie les clichés. Dommage !

Note : ★★★☆☆

Plus d'informations

David Cream, tome 1 : La confrérie de l'invisible, de Richard Taleman
Editions J'ai Lu (2014) - 415 pages - Support papier - Ados et YA

« Bienvenue à l'Institut Californien de Parapsychologie. Cette année, nous travaillerons autour de 3 grands axes : perceptions extra-sensorielles, psychokinèse et décorporation. » À l'université de Cap Rock, les élèves qui suivent le cursus du professeur Wiseman ne sont pas comme les autres. Leur originalité ? Ils possèdent tous des dons exceptionnels : télékinésie, télépathie, pyrokinésie... L'objectif de David en s'y inscrivant : découvrir la nature de ses capacités afin d'élucider la mystérieuse disparition de son grand-père. Une quête qui l'emportera au-delà des frontières de la réalité, dans les zones insoupçonnées de l'Invisible, là où, depuis toujours, se joue le destin de l'univers.

mercredi 15 novembre 2017

Swap Marathon des Anniversaires 2018


Cela fait un petit moment que je n'ai pas participé à un swap. J'aurais voulu en lancer un ayant pour thème l'écriture, mais quand j'ai soumis l'idée, elle n'a pas eu l'air de rameuter les foules, c'est le moins que l'on puisse dire ! Alors je me suis mise en quête de quelque chose d'original et je suis tombée sur le swap de Pink-lady45.

Alors le swap Marathon des Anniversaires 2018, c'est quoi ? J'ai envie de dire que c'est un swap géant, ou plutôt douze mini-swaps, un par mois. Douze personnes inscrites, dont les anniversaires tombent chacun des mois de l'année. Chaque mois, les onze qui ne fêtent pas leur anniversaire envoient un mini-swap à la douzième, celle qui prend un an de plus. Oui, vous avez bien compris, cela fait onze colis à envoyer en un an... mais le mois de son propre anniversaire, on en reçoit aussi onze !

Je suis instantanément tombée amoureuse de l'idée. Oui, mais c'est la ruine, vous allez me dire ! Et bien pas forcément, parce qu'on est censé recycler des livres nous appartenant, autant que possible. Il peut s'agir d'un livre présent dans la liste de souhaits du swappé, un livre correspondant à ses goûts littéraires ou tout simplement un livre que l'on a envie de lui faire découvrir.

Les inscriptions sont closes, mais je ne manquerai pas de vous faire partager mon enthousiasme tout au long de l'année. J'ai bien hâte que cela commence !


Plus d'informations

Swap Marathon des Anniversaires 2018
Organisé par Pink-lady45 sur Livraddict.

Contenu des colis
- 1 carte d'anniversaire
- 1 livre
- 1 petite surprise (facultatif)

Participants 
- Janvier : Martineke
- Février : Lily21
- Mars : Lectorinette
- Avril : Pink-lady45
- Mai : LaurenceAuthentique
- Juin : Bebenoah
- Juillet : Krokette
- Août : Lilye
- Septembre : Licia-Bio
- Octobre : Kkrolyn
- Novemebre : Sabaha
- Décembre : Kahlan (ImagIn sur LA)


mardi 14 novembre 2017

Un coeur très froid, de Karin Slaughter


Pour découvrir un auteur que vous n’avez encore jamais eu l’occasion de lire, il existe une solution à moindre frais : les nouvelles. Rares sont les maisons d’éditions qui acceptent de parier dessus mais quand elles proviennent d’une célébrité comme Karin Slaughter, on n’hésite pas à s’en servir comme un outil promotionnel ! Les librairies numériques regorgent ainsi de textes gratuits qui peuvent s’avérer intéressant. Un cœur très froid en fait partie.

Il s’agit d’une nouvelle d’une quarantaine de pages dans laquelle on suit Pam, une honnête femme plaquée par son mari après vingt ans d’abnégation et le décès de leur fils de seize ans. Elle a tout accepté de lui, y compris la responsabilité de l’échec de leur mariage. Et le jour où il lui annonce qu’il se meurt d’un cancer et lui demande d’assister à ses derniers instants, elle accepte encore. Entre naïveté et faiblesse de caractère, cette femme est une victime, jusqu’au bout des ongles.

Ce n’est pas le genre de personnage qui m’est sympathique, mais je ne pense pas que le souhait de l’auteur était de nous la faire aimer. Pam subit, elle a toujours subi. Pendant les vingt ans qu’a duré son mariage et même ensuite, après le divorce, quand son mari n’a rien trouvé de mieux à faire qu’écrire un livre sur le décès de leur fils dans lequel il pointe la moindre des failles de son épouse, réelle ou imaginaire. On a envie de la secouer pour la faire réagir. Certes, son mari est un être abject, mais il n’est clairement pas le seul responsable de la situation. Elle se soumet.

En quelques pages, Karin Slaughter réussit, avec une grande habileté, à éveiller certaines émotions en nous. Certains éprouveront de la compassion pour Pam, d’autres de la colère envers son époux, d’autres encore de l’agacement envers la faiblesse de cette femme. Mais dans tous les cas, difficile de rester de glace. Le seul point noir de ce texte, c’est son dénouement, trop rapide et prévisible. On n’imagine pas une seule seconde que John ait convoqué sa femme par remord, on se doute bien qu’il prépare quelque chose. Mais la fin est ratée dans le sens où l’auteur essaie de nous faire croire que Pam réagit enfin, mais que sa réaction manque de panache !

Au final, une nouvelle intéressante, bien menée, qui suscite nombre d’émotions, mais cette bonne impression est entachée par une fin décevante. En revanche, pari gagné, cela m’a quand même donné envie de découvrir plus avant cet auteur.

Note : ★★★☆☆

Plus d'informations

Un cœur très froid, de Karin Slaughter
Editions HarperCollins (2017) - 39 pages - Support numérique - Nouvelles & Recueils

Pendant vingt ans, Pam a été une femme loyale, honnête, folle amoureuse de son mari John – mais incapable de lui dire non. Elle a tout supporté, y compris son attitude pitoyable quand leur fils est décédé dans un accident de voiture, jusqu’à ce qu’il la quitte pour une autre. Tandis que John refait sa vie et devient richissime, Pam conserve son modeste travail d’enseignante, jusqu’au jour où John l’appelle : atteint d’un cancer, il va se faire cryogéniser. John veut qu’elle soit là au moment où il va mourir…

Site de l'auteur : http://www.karinslaughter.com/

lundi 13 novembre 2017

Le retour de l'assassin, de Robin Hobb


Une fois n’est pas coutume, Le retour de l’assassin est un roman qui porte bien son titre français… Il s’agit de la seconde partie du second tome de la saga Le Fou et l’Assassin de Robin Hobb, et il marque le retour de notre assassin préféré qui semble se retrouver lui-même. Après des années à se laisser aller en tant que seigneur de campagne au domaine de Flétribois, il aura fallu l’enlèvement de sa fille Abeille pour le réveiller et le ramener en partie à ce qu’il était. Et quel plaisir c’est de le retrouver enfin !

Vous qui lisez la suite, laissez tomber ici tout espoir d’objectivité ! Quand il s’agit de Robin Hobb, et en particulier des aventures de Fitz et du Fou, je n’en ai aucune. Mes chroniques oscillent invariablement entre le coup de cœur et le j’ai adoré ! Aucune chance que cela change aujourd’hui : j'ai adoré !

On retrouve donc Fitz égal à lui-même, c’est-à-dire hanté par la culpabilité de n’avoir su protéger ni sa fille ni Demoiselle Evite, que lui avait confiée Umbre, ni même son ami le Fou. Désormais Prince au grand jour à Castelcerf, il est aux prises avec un terrible cas de conscience : obéir à son Roi au nom des intérêts du royaume, ou foncer tête baissée en quête de sa fille et de vengeance par les piliers d’Art. S’il a toujours l’apparence d’un homme de quarante ans, l’âge et le manque d’entraînement pèsent cependant sur lui, et toute la première partie est consacrée à sa valse-hésitation. Cela ne signifie pas qu’on s’y ennuie, attention ! L’habileté de Robin Hobb pour décrire la psychologie de ses personnages n’est plus à prouver et les relations entre Fitz et le Fou sont toujours aussi fascinantes.

On s’intéresse également beaucoup aux personnages secondaires : l’agaçant Lant, le naïf Persévérance, le mystérieux Cendre et même le vieil Umbre dont le corps se dégrade à vitesse grand V depuis qu’il lui est déconseillé d’utiliser l’Art pour le maintenir en état. Et puis l’action se fait plus présente dans la seconde partie. Notre assassin se met enfin en route, et c’est une fois de plus l’occasion pour l’auteur de nous immerger dans son formidable univers. Le Fou et l’Assassin rejoint Les Cités des Anciens, et c’est à Kelsingra, aux côtés de Malta et Reyn que nous nous retrouvons. Devinez dans quel état j’ai terminé ce roman : surexcitée ! J’ai littéralement dévoré le dernier tiers, incapable de lâcher ma liseuse jusqu’à une heure du matin, et tournant et me retournant dans mon lit une heure de plus après ça !

Un quatrième tome qui ne s’essouffle pas, loin de là, et qui nous laisse sur un atroce cliffhanger ! La suite est d’ores et déjà dans ma PAL et les paris sont ouverts : combien de temps vais-je résister avant de m’y plonger ?

Note : ★★★★★

Plus d'informations

Le Fou et l'Assassin, tome 4 : Le retour de l'assassin, de Robin Hobb
Editions Pygmalion (2016) - 451 pages - Support numérique - Fantasy

Affaibli par le poids des années, FitzChevalerie cherche un moyen de secourir la dernière personne qui semble avoir encore besoin de lui en ce monde. Malgré l’envie du Fou d’aider son vieil ami à poursuivre les ravisseurs d’Abeille, son état de santé lui interdit tout nouveau danger. Et aujourd’hui connu de tous à la cour, le noble lignage de Fitz ne lui permet plus la liberté dont il jouissait autrefois. En dépit de ces difficultés, il lui faudra se conformer aux ordres du roi ou subir les conséquences de ses actes pour mener à bien sa mission, qui sera peut-être la dernière… Partagé entre tristesse, haine et faiblesse, Fitz doit à nouveau emprunter les piliers d’Art et rattraper coûte que coûte Dwalia et ses sbires. Aura-t-il la force de recouvrer ses anciens talents d’assassin, d’accomplir sa quête, pour son vieil ami et sa fille ?

Site de l'auteur : http://www.robinhobb.com/

dimanche 5 novembre 2017

L'énigme du magicien, d'Andrea Cremer


Trois choses m’avaient beaucoup plu dans le premier opus de la saga Le Secret de l’Inventeur, d’Andrea Cremer : un univers uchronique fascinant, une intrigue bien ficelée et des personnages plein de panache. Ainsi, sans être un coup de cœur, Rébellion avait été une très belle découverte, dont j’avais hâte de lire la suite. Cette suite, je viens de la refermer, et j’avoue que ma déception est à la hauteur de mon attente. L’énigme du magicien est un tome qui me semble être de transition, avec tout ce que cela implique.

On retrouve Charlotte et ses compagnons là où on les avait laissés : en fuite vers la Nouvelle-Orléans où ils espèrent rejoindre la Résistance, après l’explosion des Catacombes. C’est l’occasion d’une ou deux scènes d’action, certes, mais dans l’ensemble, cette fuite sans fin m’a paru bien ennuyeuse. L’intrigue n’avance pas d’un poil, si ce n’est que l’auteur souligne, sans subtilité aucune, les capacités hors du commun de Grave. Et ce que je considérais comme une lecture YA sympathique se transforme alors en littérature jeunesse sans grand intérêt.

Les événements s’enchaînent à toute vitesse, chaque situation étant résolue avec une facilité assez peu crédible. L’intrigue ne progresse qu’à pas de fourmi et ce qui se passe n’est pas vraiment passionnant. Les mœurs originales de la Nouvelle-Orléans, qui auraient pu venir enrichir l’univers, sont à peine effleurées, les personnages eux-mêmes n’évoluent pas tellement. Le côté steampunk du premier tome est quasiment inexistant. Et comme si le triangle amoureux, qui prend ici des proportions assez dommageables, ne suffisait pas, l’auteur trouve encore le moyen d’intégrer une nouvelle histoire d’amour encore plus cliché. Quel dommage !

De nouveaux personnages a priori intéressants font néanmoins leur entrée en scène, mais là encore, j’émets quelques réserves. Nicodème le magicien aurait pu être passionnant si l’auteur ne lui avait pas coupé l’herbe sous le pied en quelques pages à peine. D’ailleurs, j’en suis encore à me demander s’il est le magicien du titre de ce deuxième volume, et si oui, pourquoi ? Quant à Jean-Baptiste le pirate… Vous avez déjà entendu parler d’un pirate appelé Jean-Baptiste, vous ?! Un choix qui m’a plongée dans un abîme de perplexité.

Bref, vous l’aurez compris, j’ai été déçue de cette lecture, d’autant plus que le premier tome m’avait beaucoup plu. Tout est ici survolé, l’univers, les personnages et les événements, et on se surprend à lire sans passion ni réel intérêt. C’est vraiment dommage, car l’auteur avait une petite pépite entre les mains. J’ai l’impression d’un potentiel gâché, et je m’interroge encore quant à la lecture de la suite.

Note : ★★★☆☆

Plus d'informations

Le Secret de l'Inventeur, tome 2 : L'énigme du magicien, d'Andrea Cremer
Editions Lumen (2016) - 370 pages - Support numérique - Ados & YA

Après l’explosion des Catacombes, le seul foyer qu’elle ait jamais connu, Charlotte est contrainte de mener sa petite troupe de résistants à l’oppresseur anglais, parmi lesquels une dizaine d’enfants, vers La Nouvelle-Orléans. Désormais leader du groupe, elle se retrouve face à des choix difficiles pour préserver la vie de ses jeunes protégés, mais continue de voir en Grave, malgré sa force herculéenne et ses origines inquiétantes, un allié et un ami. L’Empire fera tout pour les empêcher de rallier le quartier général de la Résistance, où les attendent son frère Ashley et Jack, qu’elle tient désormais pour un traître… et c’est sans compter les stratagèmes de Nicodème, un puissant mage, et du capitaine du célèbre Persée, un flibustier français aux intentions troubles. Mais le danger ultime pourrait bien venir de la propre mère de Charlotte : leader de la rébellion, elle semble décidée à faire de Grave le premier des membres d’une invincible armée !

Site de l'auteur : https://www.andreacremer.com/