mardi 30 août 2016

La république des voleurs, de Scott Lynch


Six ans après la parution du second volume de la série, La république des voleurs nous offre enfin la suite des aventures de Locke Lamora et de son complice Jean. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore, je les engage vivement à découvrir cette saga, mais en attendant, qui sont ces Salauds Gentilshommes ? Des voleurs, tout simplement, de sympathiques escrocs au grand cœur capables de monter de gigantesques arnaques sans faire preuve d’aucun excès de violence. Et ce sont de sacrées retrouvailles que l’auteur nous a concoctées là.

On retrouve Jean et Locke quelques semaines après la fin du tome précédent, et en bien mauvaise posture. Empoisonné, Locke est à l’article de la mort et sa seule chance de survie est entre les mains de ses pires ennemis, les mages-esclaves. A l’injonction de Jean, et malgré leur méfiance viscérale envers les mages, tous deux vont accepter une mission qui va les confronter au seul et unique amour de Locke, une femme avec laquelle ils ont été élevés, une ancienne Salope, Sabetha.

J’avais trouvé quelques longueurs à Des horizons rouge sang, pour au final m’incliner bien bas face à l’habileté de l’auteur et de ses personnages à monter une arnaque aussi bien pensée. Ici, pas vraiment d’arnaque, il est question de politique, une élection pour être exacte, et de l’affrontement d’un adversaire qui les connaît par cœur, et qui tire les ficelles du cœur d’artichaut de Locke. C’est mon seul regret, la seule raison pour laquelle ce roman n’a pas été un coup de cœur. J’attendais une nouvelle arnaque, et j’en ai été pour mes frais.

Malgré tout, le récit reste passionnant, ne vous y trompez pas. Extrêmement dynamique, on y retrouve en outre, presque avec délectation, les flash-backs initiés dans Les mensonges de Locke Lamora, premier tome de la saga, dans l’enfance de Locke. La virtuosité de Scott Lynch à mener deux intrigues de front au sein d’un même roman m’épatera toujours. On avait entendu parler de Sabetha dans les deux tomes précédents, mais on fait ici réellement sa connaissance. On la découvre jeune, alors qu’elle faisait partie des Salauds Gentilshommes, puis devenue adulte. Et ses relations avec Locke sont capitales dans la construction de la personnalité de notre héros.

Autre point très important, et qui nous prouve si besoin était que Scott Lynch a de la suite dans les idées, l’énigme initiale du nom de Locke Lamora, son véritable nom, et de son passé, rejaillit ici. Et c’est une véritable claque pour le lecteur ! Je n’entrerai pas dans les détails pour ne pas vous spoiler, mais il est clair que ce mystère fait de ce troisième tome une transition idéale vers une intrigue qui s’annonce encore plus passionnante !

Un roman qui a su balayer toutes les réserves qu’avait pu induire le second tome et qui me laisse plus fébrile que jamais dans l’attente de La Ronce d’Emberlain, dont la parution en version originale est prévue à la fin du mois de septembre prochain.

Note : ★★★★★

Plus d'informations

Les Salauds Gentilshommes, tome 3 : La république des voleurs, de Scott Lynch
Éditions Bragelonne (2014) - 668 pages - Support numérique - Fantasy

Après le plus grand casse de leur carrière, Locke et son inséparable complice, Jean, ont réussi à s’échapper. Mais Locke ne s’en est pas tiré indemne : empoisonné, il est mourant. Aucun alchimiste n’est en mesure de l’aider. Alors que le moment fatidique approche, une mystérieuse Mage Esclave lui propose un marché qui le sauvera ou mettra un terme à ses souffrances. Locke hésite, jusqu’à ce que la mage mentionne le nom d’une femme qu’il a connue par le passé. L’amour de sa vie. Sa rivale en matière d’habileté et d’intelligence. Et, s’il accepte cette mission, son plus dangereux adversaire. À l’approche des élections de la cité des mages, les différentes factions recrutent leurs stratèges. Locke doit faire un choix : affronter ou séduire celle qu’il n’a jamais pu oublier. Leurs vies dépendent peut-être de sa décision…

Site de l'auteur : http://www.scottlynch.us/

lundi 29 août 2016

Le challenge de la Licorne - Session III - [En cours]


Oyez oyez, braves gens, le challenge de la Licorne revient pour la troisième année consécutive, du 1er septembre 2016 au 31 Août 2017 ! Et j'ai, bien sûr, à nouveau décidé d'y participer. Le principe est toujours le même, et vous allez voir qu'il est d'une simplicité extrême : il s'agit tout bêtement de lire des thrillers et de la fantasy au cours de l'année à venir. Rien de plus simple, en ce qui me concerne, ce sont deux genres que j'affectionne tout particulièrement !

La principale et unique différence par rapport aux années précédentes réside dans le mode de fonctionnement. Exit les sessions alternées thriller puis fantasy ou inversement, vous lisez ce que vous voulez quand vous le voulez, pour peu que vous atteigniez votre objectif en nombres de livres par genre en fin d'année. Trois niveaux sont proposés :

  • Niveau 1 - Elfes psychopathes : 6 livres (3 fantasy & 3 thrillers)
  • Niveau 2 - Dragons sanguinaires : 12 livres (6 fantasy & 6 thrillers)
  • Niveau 3 - Trolls tueurs fous : 18 livres (9 fantasy & 9 thrillers)

Un système de points permettra aux meilleurs de chaque niveau de gagner un petit cadeau à la fin de l'année. Et pour corser le jeu, Licorne a ajouté quelques défis lecture pour cumuler des points supplémentaires. Ainsi, vous remportez 1 point de plus si le livre lu atteint 400 pages, 1 point de plus si son auteur est une femme, et 1 point de plus si son auteur est français.

Les inscriptions sont d'ores et déjà ouvertes sur Livraddict ou sur le blog de ma partenaire.

Plus d'informations

Challenge de la Licorne III - Organisé par La Licorne
Son blog - Précisions sur Livraddict


NIVEAU VISE : Dragon sanguinaire

MON AVANCEMENT : 
Dernière mise à jour le 01/09/2016 

Fantasy







Thrillers








dimanche 7 août 2016

The revolution of Ivy, de Amy Engel


Souvenez-vous, The book of Ivy s’achevait sur une situation dramatique pour la jeune Ivy : accusée de trahison, elle était bannie de Westfall, exclue de l’autre côté de la barrière. The revolution of Ivy reprend là où le premier tome s’était arrêté, et nous la retrouvons, seule et terrifiée, mais néanmoins décidée à survivre à cette nouvelle épreuve. C’est donc avec ce second volume qu’Amy Engel clôture les aventures de son héroïne, mais il semble malheureusement que l’âme de cette histoire soit restée en arrière, dans la petite communauté de Westfall.

En effet, cet opus est assez court, et il ne s’y passe pas grand-chose, il faut bien le reconnaître. Dans toute la première partie, Ivy est seule, en proie à des démons qu’elle refuse pourtant d’affronter, ne serait-ce qu’en s’interrogeant sur le bien fondé de ce qu’elle a fait ou pas fait à Westfall. Elle fonctionne en zombie, résignée, et marche sans fin dans l’espoir de trouver d’autres survivants. Qu’elle finit par trouver, au demeurant, et ils sont plutôt sympathiques, mais comme presque tout dans ce roman, ils manquent cruellement de consistance.

L’intrigue est extrêmement prévisible, tout est cousu de fil blanc, sans surprise ni aucun retournement de situation. Les événements se déroulent exactement de la manière dont on devine qu’ils vont se dérouler, sans la moindre prise de risque. En réalité, Ivy n’est elle-même jamais réellement en difficulté, finalement. L’univers dystopique est presque oublié, à quelques détails près, et tout tourne autour des possibles retrouvailles entre Ivy et Bishop. Pour une révolution (celle du titre de cet opus), c’est complètement raté, tout est beaucoup trop lisse.

Le final lui-même m’a laissée de glace, tout va beaucoup trop vite, les choses sont à peine survolées. Et à cause de ce vrai manque de profondeur, on se retrouve à lire machinalement, avec indifférence et sans réelle émotion. Un roman à conseiller en début de collège, pas davantage, les ados plus âgés risquant de clairement rester sur leur faim. Dommage de clôturer cette saga, qui avait pourtant du potentiel, sur une telle fausse note.

Note : ★★☆☆☆

Plus d'informations

The book of Ivy, tome 2 : The revolution of Ivy, de Amy Engel
Éditions Lumen (2015) - 322 pages - Support numérique - Ados & YA

J'ai tout perdu. Mon foyer. Ma famille. L'homme que j'aime. Ce serait si facile de capituler, de fermer les yeux et d'attendre que la faim et la soif aient raison de moi. Ou bien qu'une bête sauvage me trouve. Ou même un autre survivant... Mais je refuse d'abandonner. J'en ai terminé avec la lâcheté. Il est temps pour moi d'agir, enfin. Bishop me l'avait bien dit, cet univers hostile ne pardonne pas la moindre erreur. Et au-delà de la barrière, c'est encore pire. L'hiver approche, et si je veux survivre, il va me falloir trouver de l'eau, des vivres, un abri. D'autres condamnés avec lesquels m'allier. Mais surtout, je vais devoir faire un choix : dois-je oublier ma vie d'avant, me venger de ceux qui m'ont trahie... ou mener, purement et simplement, la révolution ? Car je ne suis plus une Westfall, ni une Lattimer. Simplement Ivy. Et je suis enfin libre.

Site de l'auteur : http://amyengel.net/

mercredi 3 août 2016

L'héritier, de Pierre Pevel


J’avais été séduite par Le chevalier, première partie de la saga de fantasy intitulée Haut-Royaume, de ce grand auteur qu’est Pierre Pevel, au point d’en faire un de mes coups de cœur de l’année 2013. Et bien L’héritier, le second tome, a résolument pris le même chemin, pas moyen d’y couper ! Nous avions laissé Lorn, notre héros, dans une situation pour le moins désespérée, nous étions sur des charbons ardents à son sujet, mais en digne auteur sadique et soucieux de ménager son suspens, ce n’est pas avec lui que Pierre Pevel ouvre cette nouvelle histoire !

En effet, la première partie de L’héritier est consacrée à Alan, ce fameux prince Aldéran, fils cadet du Haut-Roi, meilleur ami de Lorn mais aussi et surtout en seconde position dans l’ordre de succession à la couronne du Haut-Royaume. C’est un jeune homme bien différent de Lorn, sympathique jusqu’à l’exubérance, courageux et noble, il aurait tout pour faire un roi adulé de ses sujets. C’est sur ses pas que l’on découvre les intrigues et complots qui se répandent dans tout le royaume, alors que le roi se meurt et que la guerre avec la belle et fière cité d’Arcante semble inévitable. Avant de retrouver Lorn, plus énigmatique que jamais, aux prises avec l’Obscure qui prend de plus en plus de place en lui.

L’univers de Pierre Pevel se fait plus dense encore que dans le premier tome, on découvre de nouvelles contrées, de nouveaux peuples et de nouveaux personnages surtout. On réalise la puissance de l’Obscure et ce qu’elle peut faire faire à un homme bon et noble comme Lorn, le transformant peu à peu, l’incitant à laisser libre cours à ses plus noirs instincts, comme la vengeance. On s’interroge sur l’assemblée des Ir’kans, toujours aussi énigmatique, et sur le devenir du Haut-Royaume dont une obscure prophétie annonce la déchéance. Il est aussi question de courage, de noblesse et de loyauté...

Entre rebondissements, révélations et batailles épiques, on ne s’ennuie pas une seconde avec L’héritier, et je l’ai littéralement dévoré ! Une aventure réellement haletante, tourmentée, mais menée d’une main de maître. Quant au dénouement de ce second volume, il laisse présager une suite tout aussi passionnante, avec un coup de théâtre final qui nous fait trépigner d’impatience. Pour patienter justement, Pierre Pevel nous propose de découvrir une autre contrée du Haut-Royaume dans un spin-off, une trilogie baptisée Les sept cités. Une histoire qui se déroule à Samarcande, en parallèle de celle de Lorn et Alan. Et devinez ! Je vais me la procurer de ce pas !

Note : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Plus d'informations

Haut-Royaume, tome 2 : L'héritier, de Pierre Pevel
Éditions Bragelonne (2014) - 498 pages - Support numérique - Fantasy

Après les derniers événements qui ont déchiré le Haut-Royaume, le prince Alan a pris le commandement de la garde d'Onyx, garante de l'autorité du souverain. Mais la reine, aussi ambitieuse qu'impitoyable, est bien décidée à gouverner à la place de son époux mourant. Menacé par la guerre civile et les luttes de pouvoir, le royaume se trouve plus divisé que jamais. Les desseins du Dragon du Destin sont obscurs, mais ils finissent toujours par s'accomplir.

mardi 26 juillet 2016

Phobos : Origines, de Victor Dixen


Si vous faîtes partie de ceux qui ont lu les deux premiers tomes de la pétillante saga Phobos, de Victor Dixen et que, comme moi, vous regrettiez de ne pas en avoir appris davantage sur les six prétendants, alors Phobos : Origines est fait pour vous. Il ne s’agit pas du troisième tome de la saga, comme certains l’ont cru un moment, mais bel et bien d’une préquelle qui dévoile les origines de chacun des six participants au programme. Et leur donne pour nous, lecteurs, cette consistance qui leur manquait un peu jusqu’ici.

Le livre est donc découpé en six parties, chacune dédiée à un candidat. On apprend quelle était leur vie avant qu’ils ne rejoignent l’émission, quelles sont leurs motivations pour aller sur Mars lors d’un voyage qu’ils savent sans retour, dans l’espoir de fonder une famille avec une illustre inconnue. Tous ont une histoire pour le moins dramatique, et c’est précisément la raison pour laquelle Serena les a choisis. Car à chaque page, la télé-réalité garde une importance primordiale. Ainsi l’auteur alterne les parties filmées issues des archives du programme, et la narration habituelle, plus intimiste.

Les différents backgrounds sont très soignés, on sent bien que l’auteur s’est appliqué à ne négliger aucun des candidats, même si certaines histoires sont évidemment un poil plus abouties que les autres, comme celles de Mozart et Marcus. Chaque partie nous montre un peu plus le vrai visage de Serena, et il n’est guère brillant. En effet, dès les prémices du programme, cette femme savait précisément où elle voulait aller, quel type de candidats il lui fallait pour mener à bien sa télé-réalité, et mettre tous les atouts de son côté pour engranger un maximum d’argent. Elle est habile au point d’en être effrayante, et si les candidats ne le devinent pas, le lecteur, lui, sait précisément où cela va les mener, et c’est presque pire !  

Pour être tout à fait honnête, je craignais que ce hors-série n’ait pas grand intérêt. Ça sentait le truc commercial à plein nez, et je freinais des quatre fers. Au final, j’avoue avec plaisir m’être complètement trompée, car bien qu’il soit en marge de la série, il lui est à mon sens absolument nécessaire. Il nous apporte de nombreux éléments pour mieux comprendre les garçons et leurs réactions sur Mars, et au final, nous attacher à eux. C’est toujours avec une belle efficacité que Victor nous entraîne sur ses pas. Et moi qui avait moyennement apprécié le second tome, j’ai presque envie de le relire, à présent que je suis à même de porter un nouvel œil sur les garçons. Rien d’autre à dire que vivement le tome 3 !

Note : ★★

Plus d'informations

Phobos : Origines, de Victor Dixen
Éditions Robert Laffont (2016) - 300 pages - Support numérique - Ados et YA

Ils incarnent l'avenir de l'Humanité. Six garçons doivent être sélectionnés pour le programme Genesis, l'émission de speed-dating la plus folle de l'Histoire, destinée à fonder la première colonie humaine sur Mars. Les élus seront choisis parmi des millions de candidats pour leurs compétences, leur courage et, bien sûr, leur potentiel de séduction. Ils dissimulent un lourd passé. Le courage suffit-il pour partir en aller simple vers un monde inconnu ? La peur, la culpabilité ou la folie ne sont-elles pas plus puissantes encore ? Le programme Genesis a-t-il dit toute la vérité aux spectateurs sur les "héros de l'espace" ? Ils doivent faire le choix de leur vie, avant qu'il ne soit trop tard.

Site de l'auteur : http://victordixen.com/