lundi 24 avril 2017

Les cambrioleurs rêvent-ils de dinosaures mécaniques, de Damien Snyers


Ce mois-ci, les éditions ActuSF proposent de télécharger et lire gratuitement quatre nouvelles se déroulant dans les univers de quatre de leurs auteurs. J’en ai profité pour découvrir la plume de Damien Snyers, dont le roman La stratégie des as m’intrigue depuis quelques temps. Je lis de plus en plus de nouvelles, et je trouve que c’est un excellent moyen, pour nous lecteurs, de se faire une idée avant de se lancer dans un achat plus conséquent.

Celle-ci nous permet de faire connaissance avec James, voleur sans grande envergure qui semble vivre de petites arnaques. As de la combine foireuse, il se débrouille pour se faire engager pour assurer la garde d’un tableau dans un musée. J’avais dans l’idée qu’il chercherait à le voler plutôt que de le protéger, mais ce n’était apparemment pas ce que l’auteur avait en tête et j’ai été bien déçue. Je crois que j’attendais tout simplement trop de ce texte, je m’attendais à du Scott Lynch mais on est bien loin du compte !

Pour deux raisons. La première réside dans le caractère de ce personnage principal qui ne m’a pas paru très sympathique. On aime généralement bien les voyous, à condition qu’ils aient du charme, mais je suis complètement passée à côté de celui de James. Alors certes, c’est une nouvelle, et le temps m’a peut-être manqué pour m’attacher à lui, mais tout le talent d’un nouvelliste réside justement dans sa capacité à faire vite et bien. Il manque à James cette gouaille et cet humour qui font tout le charme d’un Locke Lamora.

La seconde concerne l’intrigue en elle-même, qui s’est avérée très décevante. Dans la première partie, on fait connaissance avec James, son employeur, l’auteur pose le décor et les éléments de son histoire, et le tout s’avère plutôt plaisant à lire. Malheureusement, on se rend très vite compte que la suite manque cruellement de substance, et notre intérêt retombe comme un soufflet lorsque tout se résume à une course poursuite avec le fameux dinosaure mécanique du titre. Il aurait peut-être suffit de pas grand-chose pour rendre à cette nouvelle ses lettres de noblesse, mais en l’état, elle me laisse un goût d’inachevé, comme s’il lui manquait une vraie raison d’exister.

En outre, le correcteur a laissé passer certaines constructions à la « Si j’aurais su, j’aurai pas v’nu » qui m’ont fait dresser le poil ! Au final, une déception qui ne m’encourage guère à investir de mon temps dans le roman. Dommage...

Note : ★★☆☆☆

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Les cambrioleurs rêvent-ils de dinosaures mécaniques, de Damien Snyers
Editions ActuSF (2017) - 35 pages - Support numérique - Nouvelles et Recueils

Les voleurs faisant les meilleurs gardiens, James se retrouve engagé par l'un des plus redoutables d'entre eux pour garder un tableau dans le musée des Beaux-Arts de Nowy-Krakow. Mais peut-on faire vraiment confiance à une équipe uniquement composée de cambrioleurs ?

dimanche 23 avril 2017

Fin de ronde, de Stephen King


Troisième et dernier opus de la trilogie Bill Hodges, Fin de ronde est un thriller fantastique à la Sire Cédric, où le paranormal fait son entrée d’emblée de jeu. On y retrouve Bill Hodges, devenu détective privé depuis sa mise à la retraite de la police, et son associée Holly au sein de l’agence Finders Keepers. On y retrouve aussi Brady Hartsfiled, le chauffard psychopathe de Mr Mercedes, le premier tome de la saga, que l’on croyait neutralisé mais qui nous réserve encore quelques surprises.

King renoue également avec le paranormal qui lui était cher il y a quelques dizaines d’années. A cause du mauvais coup qu’il a pris sur la tête dans la salle de concert pleine d’adolescents qu’il désirait faire exploser, ou bien des traitements expérimentaux et non autorisés que lui administre en secret son médecin, Brady se découvre des capacités psychiques hors du commun. Il va bien évidemment en profiter pour fomenter une vengeance à la mesure de sa haine de Bill Hodges et de son nègre tondeur de pelouse. Entre le pouvoir de l’esprit et celui des réseaux sociaux, Fin de ronde est un véritable concentré de modernité !

On y parle de suicide, de malaise adolescent, de la manière dont un prédateur déterminé peut réussir à manipuler certaines personnes au travers de l’hypnose et des réseaux sociaux. Brady, et King à travers lui, est extrêmement habile à ce petit jeu de manipulation, à tel point que c’en est effrayant. Rien ne semble pouvoir arrêter son esprit tordu, pas même Bill Hodges que l’on retrouve ici bien affaibli, aux prises avec la maladie. Ce vieux flic à la retraite avait su me toucher dans Mr Mercedes, et mon affection ne s’était pas démentie par la suite dans Carnets noirs. Le courage et l’abnégation dont il fait preuve ici m’ont fait terriblement mal au cœur.

Seul petit bémol à cette histoire, les quelques longueurs induites par le point de vue de Brady, mais le machiavélisme qui préside à son esprit torturé compense largement. Finalement, Fin de ronde conclut de bien belle façon cette intrigue originale et touchante, grâce à des personnages terriblement attachants. Les thématiques choisies par l’auteur sont une fois de plus fortes et universelles. Sans être un chef d’œuvre, c’est un très bon roman, bien ficelé et efficace, qui vous fera passer un excellent moment de lecture. Lisez la trilogie, elle est atypique chez King, mais vraiment réussie.

Note : ★★★★☆

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Off-Ret Hodges, tome 3 : Fin de ronde, de Stephen King
Editions Albin Michel (2017) - 430 pages - Support numérique - Thrillers & Polars

Sept ans après le massacre perpétré par Brady Hartsfield, alias Mr Mercedes, celui-ci gît sur un lit d'hôpital, paralysé, le cerveau endommagé, subissant les essais cliniques expérimentaux du docteur Babineau. Mais le criminel s'aperçoit qu'il est désormais doté de pouvoir de télékinésie. Il intègre le corps du médecin, bien décidé à manipuler et à pousser au suicide son ennemi Bill Hodges.

Site de l'auteur : https://www.stephenking.com/

mercredi 12 avril 2017

Lecture commune - Silo


Qui n'a pas entendu parler de Hugh Howey ? Auto-édité sur Internet, il rencontre un immense succès populaire, à tel point qu'il attire l'attention d'un éditeur américain qui fait de ce succès initial une réussite mondiale colossale. En France, les éditions Actes Sud ont mis le paquet en 2013 pour obtenir Silo et le faire connaître.

Depuis lors, ce petit bijou noté 16,5/20 sur Livraddict a rejoint ma PAL numérique. Julie, ma binôme du swap Livres et Thé, et moi nous sommes rendues compte que nous l'avions en commun dans nos PAL, et avons prévu de le lire ensemble mi-Juin. Souvent qualifié d'objet littéraire non identifié à cause de la manière dont il mélange les genres (science-fiction, polar ou même western !), j'attends  évidemment beaucoup de ce roman.

Si l'envie vous prend de nous rejoindre dans l'aventure, n'hésitez pas, nous vous accueillerons avec un immense plaisir.


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Silo, tome 1, de Hugh Howey
Éditions Actes Sud (2013) - 558 pages - Support numérique - Science-fiction

Dans un futur post-apocalyptique indéterminé, quelques milliers de survivants ont établi une société dans un silo souterrain de 144 étages. Les règles de vie sont strictes. Pour avoir le droit de faire un enfant, les couples doivent s’inscrire à une loterie. Mais les tickets de naissance des uns ne sont redistribués qu’en fonction de la mort des autres. Les citoyens qui enfreignent la loi sont envoyés en dehors du silo pour y trouver la mort au contact d’un air toxique. Ces condamnés doivent, avant de mourir, nettoyer à l’aide d’un chiffon de laine les capteurs qui retransmettent des images de mauvaise qualité du monde extérieur sur un grand écran, à l’intérieur du silo. Ces images rappellent aux survivants que ce monde est assassin. Mais certains commencent à penser que les dirigeants de cette société enfouie mentent sur ce qui se passe réellement dehors et doutent des raisons qui ont conduit ce monde à la ruine.

mardi 11 avril 2017

Marquer les ombres, de Veronica Roth


Quand l’auteur de Divergente se lance dans le space opera dystopique, il y a de quoi être intrigué et nombreux sont les fans à s’être jetés sur Marquer les ombres dès sa sortie. J’ai quant à moi profité de la dernière Masse Critique de Babelio pour en faire la demande, et j’ai eu la chance d’être sélectionnée. Dans cette nouvelle saga, Veronica Roth joue la sécurité en se cantonnant à un genre qu’elle affectionne, la dystopie, mais elle se paie néanmoins le luxe de créer tout un univers en positionnant son intrigue dans une galaxie dominée par une fédération de neuf planètes.

L’histoire s’attache à deux peuples en particulier, les Thuvésit et les Shotet, contraints de se partager la même planète, ce qui ne va bien évidemment pas sans mal, d’autant plus que Ryzek, qui gouverne les seconds, est un véritable tyran. Un dictateur auquel les oracles ont prédit qu’il serait un jour détrôné par un ennemi du clan adverse. Dès lors, Ryzek n’a plus qu’une seule idée en tête, tout mettre en œuvre pour déjouer ce coup du sort. C’est là qu’entrent en jeu nos deux héros : Akos, fils de l’oracle Thuvésit, et Cyra, la sœur de Ryzek.

Un point de départ somme toute assez classique, avec deux personnages principaux nés de familles ennemies, forcés de cohabiter, d’apprendre à se connaître, s’apprécier et plus si affinités... Cela ne vous rappelle rien ? Là s’arrête la comparaison, rassurez-vous ! Faute d’être original, l’univers développé par l’auteur n’en est pas moins intéressant. J’ai aimé découvrir les us et coutumes de ces deux peuples. J’ai aussi adoré le don – ou la malédiction, plutôt – de Cyra, et la manière dont il a transformé sa vie. On sent que l’auteur a mûrement travaillé son sujet pour nous proposer quelque-chose de très abouti.

Malheureusement, ce premier tome a les « inconvénients de ses avantages », dans le sens où ces multiples descriptions et introspections finissent à la longue par casser le rythme du récit, et rendre l’intrigue assez longuette. Autre point noir, et là de taille : les personnages eux-mêmes, pour lesquels j’ai eu bien du mal à éprouver la moindre empathie. Je les ai trouvés assez guindés et peu naturels. A tel point qu’on ne se sent pas vraiment concerné par ce qui leur arrive, on ne tremble pas pour eux, on se contente de lire platement leur histoire, sans réelle émotion, et ça, ça ne pardonne pas.

En définitive, un tome d’introduction qui malheureusement ne déclenche pas l’enthousiasme attendu. Du potentiel avec un univers intéressant, mais des personnages auxquels on peine à s’attacher, et une intrigue qui manque de dynamisme. Je lirai la suite si l’occasion se présente, mais sans réelle conviction.

Note : ★★★☆☆

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Marquer les ombres, de Veronica Roth
Editions Nathan (2017) - 471 pages - Support papier - Ados & YA

Dans une galaxie dominée par une fédération de neuf planètes, certains êtres possèdent un “don”, un pouvoir unique. Akos, de la pacifique nation de Thuvhé, et Cyra, soeur du tyran qui gouverne les Shotet, sont de ceux-là. Mais leurs dons les rendent, eux plus que tout autre, à la fois puissants et vulnérables. Tout dans leurs origines les oppose. Les obstacles entre leurs peuples, entre leurs familles, sont dangereux et insurmontables. Pourtant, pour survivre, ils doivent s’aider – ou décider de se détruire.

Site de l'auteur : http://veronicarothbooks.com/

vendredi 31 mars 2017

Résilience, de Julia M. Tean


La lecture a toujours constitué pour moi une soupape de sécurité. Une parenthèse enchantée absolument nécessaire dans ma petite vie pour quitter un moment la réalité parfois difficile ou stressante du quotidien, et m’offrir une virée dans la vie d’un autre. C’est la raison pour laquelle la grande majorité des billets présents sur eTemporel sont des chroniques SFFF ou des thrillers. Malgré son quatrième de couverture trompeur, Résilience fait exception à la règle. Pour ceux qui penseraient avoir à faire à un thriller, on vous a trompé sur la marchandise !

En effet, ce court roman n’a rien d’un thriller, encore moins d’une romance homosexuelle, comme j’ai parfois pu le lire au hasard de mes pérégrinations sur Internet. Il s’agit d’un plaidoyer contre le racisme et l’homophobie, et si l’intention est fort louable, le résultat ne m’a malheureusement pas convaincue. On suit Vincent, un jeune homme de dix-sept ans qui vient de commettre un parricide. Les chapitres alternent entre les scènes de prison et des flash-back dans l’enfance du jeune homme, destinés à nous expliquer comment et pourquoi il en est arrivé là.

D’une santé extrêmement fragile, Vincent souffre d’une maladie dégénérative depuis l’enfance. Malade, faible, déformé et renfermé, il faut bien reconnaître que la nature ne l’a pas gâté. Sa mère, prostituée à domicile sous les yeux de son fils, l’ignore purement et simplement. Quant à son père, il est l’archétype du bonhomme violent, raciste et homophobe, et le pauvre gosse est quotidiennement battu, humilié, et conditionné pour haïr les étrangers et les pédés. Vous imaginez bien que tout cela ne peut que mal finir, et c’est évident dès les premières pages.

Pourtant, on nous détaille par le menu toutes les atrocités subies par Vincent, et ce dans un style très cru. Au final, ce sont 147 pages de maltraitance quasi ininterrompue qui nous attendent, les rares instants de grâce vécus par le jeune homme n’étant que le prélude à plus d’humiliation et de souffrance. Une surenchère probablement destinée à choquer le lecteur, à l’interpeler sur les certes terribles conséquences du racisme et de l’homophobie, mais qui au final donne surtout l’impression de servir d’excuse à Vincent pour le meurtre qu’il a commis.

On en ressort au bord de la nausée, écœuré par ce que Vincent a subi, par ce qu’il a commis, par cette histoire toute entière en définitive. Soutenir la lutte contre l’homophobie, oui, de bon cœur, mais pas en recommandant cet ouvrage, et surtout pas auprès des jeunes.

Note : ★★☆☆☆

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Résilience, de Julia M. Tean
Editions Rebelle (2016) - 147 pages - Support papier - Littérature contemporaine

Pour ses dix-neuf ans, Vincent s’est offert un parricide. Il a tué son bourreau. Mais peut-on vraiment se libérer de l’emprise du Mal ? Peut-on se reconstruire après avoir subi le pire ? Incarcéré, Vincent doit affronter ses démons, apprendre à se connaître et s’accepter… pour atteindre la délivrance, sa résilience.

Site de l'auteur : http://juliamtean.free.fr/