dimanche 24 septembre 2017

Nulle part sur la Terre, de Michael Farris Smith


Plus le temps passe, plus les parutions des éditions Sonatine me font de l’œil. Aussi, quand Babelio m’a proposé de chroniquer Nulle part sur la Terre, de Michael Farris Smith, je n’ai pas hésité longtemps, planning chargé ou pas. Ce n’est pas à proprement parler un thriller, pas vraiment un polar non plus, plus un roman noir dans la pure tradition du genre. Un roman qui parle de pardon et de rédemption ; une histoire pleine d’humanité, dans ce qu’elle a de plus violent, de plus désespéré et de plus glauque, de plus touchant aussi ; un cri de détresse et peut-être enfin d’espoir.

Nous sommes à McComb, dans le Mississippi, une petite ville de quinze mille habitants tout juste où le temps semble s’être arrêter. Un coin paumé où l’on partage son temps entre la pêche à la ligne, les maisons à retaper et les soirées de beuverie dans les bars. Il n’y a rien et pourtant, ou peut-être malgré tout, les émotions bouillonnent, le passé abat son emprise infernale sur le présent. Russel sort de prison, où il a passé onze ans de sa vie à expier pour la mort d’un jeune homme dans un accident de voiture qu’il a causé sous l’emprise de l’alcool. Il est attendu en ville de pied ferme. Maben quant à elle revient à McComb en compagnie de sa fille, après des années d’errement, elles n’ont rien ni personne. Et ces deux âmes égarées vont se trouver.

On est bien loin de l’histoire d’amour idyllique, pas d’inquiétude. Maben et Russel, chacun dans leur genre, sont des personnages torturés, désespérés, fatalistes et terriblement touchants. C’est ce qui fait la force de l’auteur, sa capacité à créer des personnages aussi vivants, crédibles, qui forcent l’empathie. Quand on n’a plus rien, qu’on ne demande qu’un peu de considération et qu’on n’obtient que du mépris, qu’on est sans cesse sur le fil et qu’une mauvaise décision entraîne des conséquences funestes. Et puis il y a cette petite ville, presque personnage à part entière, où planent de terribles secrets empreints de violence et l’alcool.

Une atmosphère sombre, étouffante, oppressante, qui nous fait retenir notre souffle jusqu’au matin, jusqu’à savoir ce qu’il adviendra de Russel, Maben et la petite Annalee. Un roman noir et déchirant, écrit d’une plume étonnante entrecoupée de phrases à rallonge, sur deux êtres perdus au cœur de l’Amérique profonde, à la recherche d’un pardon qu’ils sont seuls à pouvoir s’accorder. Une très très belle découverte.

Note : ★★★★☆

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Nulle part sur la Terre, de Michael Farris Smith
Editions Sonatine (2017) - 360 pages - Support papier - Thrillers & Polars

Une femme marche seule avec une petite fille sur une route de Louisiane. Elle n'a nulle part où aller. Partie sans rien quelques années plus tôt de la ville où elle a grandi, elle revient tout aussi démunie. Elle pense avoir connu le pire. Elle se trompe. Russel a lui aussi quitté sa ville natale, onze ans plus tôt. Pour une peine de prison qui vient tout juste d'arriver à son terme. Il retourne chez lui en pensant avoir réglé sa dette. C'est sans compter sur le désir de vengeance de ceux qui l'attendent. Dans les paysages désolés de la campagne américaine, un meurtre va réunir ces âmes perdues, dont les vies vont bientôt ne plus tenir qu'à un fil.

Site de l'auteur : https://michaelfarrissmith.com/

vendredi 15 septembre 2017

La clé d'Oriane, de Leslie Héliade


On se retrouve aujourd’hui avec la chronique d’un ouvrage autoédité de Leslie Héliade, intitulé La clé d’Oriane. L’histoire d’une jeune femme accro aux jeux vidéo qui, suite à une soudaine rupture avec son petit ami, voit un jour débarquer dans son appartement un personnage du dernier jeu à la mode. Elle est seule à le voir, et il prétend avoir besoin de son aide. Alors hallucination due aux anxiolytiques ou phénomène extraordinaire et inexpliqué ? That’s the question !

Oriane est dessinatrice de bandes-dessinées, elle a vingt-six ans et vient de se faire plaquer. On fait sa connaissance dans des circonstances difficiles, et si l’auteur exprime bien le désarroi de cette jeune femme qui s’attendait presque plus à une demande en mariage qu’à se faire larguer, elle n’en fait pas non plus le cœur de son histoire et heureusement. Elle s’en sert uniquement de toile de fond pour justifier l’état d’esprit déplorable dans lequel se trouve son héroïne au moment où Serrure, voleur roublard et charismatique du jeu vidéo auquel elle joue, entre dans sa vie.

Leslie Héliade développe particulièrement bien les doutes à la fois de son héroïne, et de son entourage, à la mention de l’existence de cet homme invisible qu’est Serrure. Oriane elle-même s’interroge plus d’une fois sur sa santé mentale, sa colocataire est persuadée qu’elle subit les effets secondaires des médicaments qu’elle prend pour surmonter la dépression qui la guette et les autres, ceux qui ne la connaissent pas, pensent avoir à faire à une menteuse, tout simplement. Cet aspect du roman est une belle réussite.

Ce que j’ai moins aimé en revanche, c’est la prévisibilité de l’histoire, le côté cliché des personnages, d’Oriane en particulier, et le manque de crédibilité de certaines situations. En effet, l’explication du pourquoi du comment Serrure se retrouve soudain dans la tête d’Oriane m’a paru un peu téléphonée, tout comme la solution finalement adoptée pour résoudre le problème. C’est sans réelle surprise, et tout était clair dans mon esprit après quelques pages à peine. Dommage et décevant…

Concernant Oriane elle-même, pourquoi en faire une jeune femme gothique ? Est-ce à dire que les dessinateurs de bandes-dessinées sont tous des gothiques ou des geeks ? Ce genre de particularité à l’emporte-pièce m’a laissée un peu dubitative, tout comme certains traits de caractère de Serrure mais ces derniers s’expliquent mieux par le fait qu’il s’agit d’un avatar. Enfin, la légèreté du ton est certes agréable, mais à la longue, les déguisements de l’héroïne, ses gaffes et son impulsivité lui font perdre une partie de sa crédibilité. Rentrer, deux fois, aux soins intensifs à quatre pattes pour ne pas se faire repérer du cerbère à l’entrée, mouais…

Finalement, cela nous donne une histoire ‘pop‘ qui amusera nos ados mais ne laissera probablement pas un souvenir impérissable à leurs parents. Cela étant, le texte comme le fichier ePub sont soignés, la plume agréable et l’histoire actuelle. Pour inciter les accros aux consoles à la lecture !

Note : ★★★☆☆

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La clé d'Oriane, de Leslie Héliade
Auto-édition (2017) - 201 pages - Support numérique - Ados & YA

Oriane est une dessinatrice talentueuse. Elle tente de se remettre d'une rupture difficile en s'adonnant à sa passion, les jeux vidéo en ligne. Mais lorsque le héros sort de l'écran, le virtuel se mêle au réel, la fantasy à la science-fiction, et tout est bouleversé... Bien malgré elle, l’héroïne se trouve entraîné dans un thriller haletant qui fait hurler de rire à chaque page !

Site de l'auteur : http://www.leslieheliade.com/

dimanche 10 septembre 2017

La cabane aux loups, de Sophie Dabat


Depuis longtemps intriguée par les couvertures des romans de la saga de Sophie Dabat, Sainte Marie des Ombres, je me la suis procurée lors d’une opération promotion des éditions Bragelonne. Évidemment, je n’ai pas encore trouvé le temps de me plonger dedans, quelle surprise ! En revanche, je viens de terminer une petite - toute petite - nouvelle offerte gratuitement en prélude à cet univers. Je me disais que ce serait l’occasion d’une première rencontre et j’en étais ravie ; malheureusement, je suis complètement passée à côté et je ne lui ai pas trouvé grand intérêt.

Peut-être faut-il avoir lu la saga pour l’apprécier davantage ? En l’occurrence, sans rien savoir de l’histoire d’origine, voilà ce que cela donne. C’est l’histoire d’une jeune femme, de toute évidence en difficulté financière puisqu’elle semble vivre dans son fourgon, qui cherche un refuge où passer Noël en compagnie de son chien, Cullan. Elle va le trouver dans un village de gîtes fermés pour l’hiver, au cœur d’une réserve naturelle. Délaissant les chalets trop en vue depuis la route, elle choisit une cabane perchée et s’y installe, non sans profiter des installations du complexe central ni aller piocher dans ses réserves de nourriture.

Oui, et alors ? Ben rien, c’est tout. Ils passent un chouette Noël au milieu des animaux de la réserve, et en particulier des loups qui semblent accepter leur présence. Désolée si j’ai l’air de spoiler, mais c’est parce qu’en réalité, il n’y a rien à spoiler. Fin de l’histoire. Autant dire qu’après ça, mon envie de lire Sainte Marie des Ombres en a pris un sacré coup ! L’écriture d’une nouvelle satisfait en principe à un certain nombre de règles, à commencer par le rythme et la chute qui sont pour moi des éléments essentiels. Une nouvelle n’est pas un extrait, ce n’est pas une tranche de vie, c’est un texte intense qui doit se suffire à lui-même. Rien de tout ça dans La cabane aux loups.

On y découvre vaguement ce personnage de jeune femme aux airs paumés. Ce n’est pas tellement le fait que l’on ne sache rien d’elle ni de ce qui l’a amenée là qui m’a dérangée, cela fait partie du principe même de la nouvelle. Mais le problème, c’est que l’auteur semble n’avoir rien à raconter, comme si elle avait écrit ce texte sur commande. C’est comme ce titre : « La cabane aux loups »... On pourrait s’attendre à ce que ces animaux aient une importance particulière dans l’intrigue. Que nenni, ils hurlent à la lune dans la réserve, jusqu’au pied de l’arbre dans lequel est perché la cabane. Magnifique !

Bref, je m’interroge sur le message qu’essayait de transmettre Sophie Dabat avec ce texte. En ce qui me concerne, il m’a laissée de glace. Aucune intrigue, une héroïne à laquelle je n’ai pas particulièrement accroché et une plume trop familière comme pour affirmer sans finesse le caractère bien trempé de cette jeune femme. Mouais… J’aurais mieux fait de m’abstenir, je me serais lancée dans la saga avec moins d’appréhensions !

Note : ★★☆☆☆

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Sainte Marie des Ombres, tome 0 : La cabane aux loups, de Sophie Dabat
Editions Bragelonne (2015) - 16 pages - Support numérique - Fantastique & Horreur

Fêter Noël quand on a ni famille, ni foyer, ni fric, galère. Encore plus quand on est une sainte en goguette traquée partout et par tout le monde. Lily Turner, alias sainte Marie des Ombres, était bien partie pour s'offrir un énième réveillon bien pourri dans son camion... quand elle va recevoir un cadeau inattendu.

Site de l'auteur : http://sophiedabat.simplesite.com/

Le tribunal des âmes, de Donato Carrisi


De cet auteur, j’avais adoré Le chuchoteur, un peu moins L’écorchée, mais j’avais envie de découvrir d’autres de ses livres. Je me suis donc lancée avec Le tribunal des âmes, un nouveau thriller qui relate une enquête menée par un prêtre un petit peu spécial : un chasseur de ténèbres. Un récit qui s’appuie sur la réalité puisque la Pénitencerie apostolique, instance créée au Moyen-Âge, existe encore bel et bien : c’est un des trois tribunaux de l’Eglise.

Tout commence avec l’enlèvement d’une jeune étudiante en architecture, que l’on va demander à Marcus d’essayer de retrouver. Marcus n’est pas un enquêteur comme les autres, c’est un pénitencier, un prêtre au passé trouble, puisqu’il est amnésique suite à une blessure par balle à la tempe. Il a perdu tous ses souvenirs, mais curieusement, rien de sa capacité à mener une enquête, et il va très vite se rendre compte que celle-ci est liée à beaucoup d’autres.

Parallèlement, on découvre Sandra, une photographe de la police scientifique, veuve depuis quelques mois. Son mari, journaliste d’investigation, est décédé des suites d’un accident, il est tombé d’un immeuble en construction. Mais un jour, Sandra est contactée par un agent d’Interpol un peu étrange, qui semble sous-entendre que ce ne serait pas un accident. La jeune femme se lance alors sur les traces de son époux pour essayer de démêler les nœuds de cette affaire.

Marcus et Sandra vont bien évidemment se rencontrer et découvrir des liens curieux entre leurs deux enquêtes, mais l’auteur nous propose également quelques flashbacks mettant en scène un chasseur à la découverte d’un extraordinaire cas de transformisme. Le tribunal des âmes est un thriller touffu, c’est le moins que l’on puisse dire, et j’avoue avoir été un peu désorientée. Il m’a fallu du temps pour rentrer véritablement dans l’histoire. D’autant plus que l’auteur a du mal à rendre ses personnages attachants.

Les deux héros sont pourtant bien travaillés, avec un passé relativement chargé pour l’un comme pour l’autre. Mais ils ne dégagent pas de réelle émotion, on n’éprouve pas d’empathie à leur égard et leurs relations restent un peu froides et creuses. On les suit sans déplaisir, mais sans passion non plus, et c’est là où le bât blesse, je pense. Le thème est pourtant intéressant, émaillé de réflexions sur le Bien et le Mal, même si la religion ne reste qu’une toile de fond qui ajoute une belle dimension à cette histoire. La plume est efficace, l’intrigue principale originale même si les sous-intrigues le sont moins.

Cela donne un roman un peu décevant, je m’attendais à beaucoup mieux. Sur le papier, l’intrigue était bien pensée, mais elle s’avère finalement un peu brouillonne, et le fait que l’on ne s’attache pas vraiment aux personnages n’arrange rien. Une lecture agréable, sans plus.

Note : ★★★☆☆

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Le tribunal des âmes, de Donato Carrisi
Editions Calmann-Lévy (2012) - 453 pages - Support numérique - Thrillers & Polars

Les crimes commencent par des aveux. Rome. Sa dolce vita, son Capitole, ses foules de pèlerins, ses hordes de touristes. Sa pluie battante, ses sombres ruelles, ses labyrinthes souterrains et ses meurtriers insaisissables. Marcus est un homme sans passé. Sa spécialité : analyser les scènes de crime pour déceler le mal partout où il se terre. Il y a un an, il a été grièvement blessé et a perdu la mémoire. Aujourd’hui, il est le seul à pouvoir élucider la disparition d’une jeune étudiante kidnappée. Sandra est enquêtrice photo pour la police scientifique. Elle aussi recueille les indices sur les lieux où la vie a dérapé. Il y a un an, son mari est tombé du haut d’un immeuble désaffecté. Elle n’a jamais tout à fait cru à un accident. Leurs routes se croisent dans une église, devant un tableau du Caravage. Elles les mèneront à choisir entre la vengeance et le pardon, dans une ville qui bruisse encore de mille ans de crimes chuchotés au coeur du Vatican. À la frontière de la lumière et des ténèbres.

Site de l'auteur : http://www.donato-carrisi.fr/

mardi 29 août 2017

Une flamme dans la nuit, de Sabaa Tahir


Parfois, je m’interroge. Je me demande ce qui peut bien me pousser à piocher dans la bibliothèque de mon fils et continuer à lire des romans jeunesse dont je sais que sept à huit fois dix, ils me décevront. A cause d’une intrigue un peu trop simpliste, de ficelles trop apparentes, de personnages trop creux ou encore de ce fichu triangle amoureux dont la grande majorité des auteurs semblent incapables de se passer… Et puis parfois, je tombe sur une petite pépite, et alors j’oublie toutes mes interrogations !

J’avais adoré Une braise sous la cendre, de Sabaa Tahir, en particulier l’univers développé par l’auteur et le dynamisme de son récit. Pour cette suite, intitulée Une flamme dans la nuit, je craignais un peu la « malédiction du second tome » qui veut que, la surprise envolée, il ne reste souvent qu’une nostalgie que l’on peine à satisfaire. Et bien j’avais tort ! On retrouve Laia et Elias alors qu’ils fuient Blackcliff et c’est l’occasion pour Sabaa Tahir de nous faire découvrir d’autres pans de son univers, notamment celui des tribus du désert, ou encore la terrifiante prison de Kauf et ses malheureux prisonniers. On découvre d’autres peuples, d’autres coutumes, d’autres légendes et c’est passionnant.

Ce deuxième tome aborde aussi les jeux de pouvoir entre l’Empereur, la Commandante, le Semeur de Nuit et la Pie de Sang. Apparaît également un tout nouveau personnage, fascinant, l’Attrapeuse d’Âmes. L’intrigue se complexifie au fur et à mesure que l’univers s’approfondit, les personnages gagnent en consistance, ils sont tenus de faire des choix, bons ou mauvais, qui les forgent, les font évoluer. L’auteur ne les ménage pas, c’est le moins que l’on puisse dire. Les seconds rôles eux-mêmes réservent bien des surprises. La plume de l’auteur n’a rien perdu de son dynamisme et de son attrait, si bien qu’on se retrouve accroché à son livre comme une bouée au beau milieu de l’océan. Pas moyen de le lâcher !

Laia réussira-t-elle à arrêter le Semeur de Nuit ? Elias à quitter le Lieu d’Attente ? Hélène à préserver l’Empire ? Le troisième tome n’est pas annoncé, en version originale, avant le mois d’avril 2018. Autant dire qu’en France, nous ne sommes pas encore près d’avoir la suite entre les mains ! L’attente sera longue pour découvrir ce que la guerre en approche réserve à nos trois amis… Et au passage, un grand merci aux éditions Pocket Jeunesse qui, grâce à la qualité de leurs histoires, incitent encore et toujours mon fils de 15 ans à la lecture !

Note : ★★

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Une Braise sous la Cendre, tome 2 : Une flamme dans la nuit, de Sabaa Tahir
Editions Pocket Jeunesse (2016) - 541 pages - Support papier - Ados & YA

Une flamme dans la nuit emmène les lecteurs au cœur de l'Empire, alors que Laia et Elias se dirigent tant bien que mal vers le nord pour libérer le frère de Laia des horreurs de la prison de Kauf. Pourchassés par les soldats de l'Empire, manipulés par la Commandante, et hantés par leurs passés, Laia et Elias doivent être plus rusés que leurs ennemis et se confronter à la traîtrise de leurs propres cœurs. Dans la cité de Serra, Helene Aquilla se retrouve liée à la volonté du sadique nouveau leader de l'Empire, Marcus. Lorsque sa loyauté est remise en question, Hélène doit accepter une mission pour faire ses preuves - une mission qui, au contraire, pourrait bien la détruire.

Site de l'auteur : http://sabaatahir.com/