jeudi 1 novembre 2018

Lecture commune - Le nom du vent


Le nom du vent est le premier tome de la trilogie Chronique du tueur de roi de Patrick Rothfuss. C'est aussi le premier roman de l'auteur. Il relate les aventures de Kvothe, un aventurier, magicien et musicien légendaire devenu aubergiste. Son récit s'étale sur trois jours, chacune de ces journées correspondant à l'un des tomes de la trilogie, le dernier restant à paraître.

Disons-le clairement, dans le petit monde de la fantasy, cette saga a fait le buzz, et Le nom du vent est dans ma PAL depuis des mois, pour ne pas dire des années. Seulement comme il s'agit d'un pavé et que mon temps de lecture s'est considérablement réduit ces derniers temps, j'hésitais à me lancer. Et puis Julie est arrivée sur son blanc destrier et m'a proposé une LC !

Nous lirons donc ensemble ce premier tome à compter de la mi-novembre, alors si le cœur vous en dit, n'hésitez pas à nous contacter en commentaire pour nous rejoindre dans cette aventure.


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Chronique du tueur de roi, tome 1 : Le nom du vent, de Patrick Rothfuss
Éditions Bragelonne (2014) - 781 pages - Support numérique - Fantasy

J'ai libéré des princesses. J'ai incendié la ville de Trebon. J'ai suivi les pistes au clair de lune que personne n'ose évoquer durant le jour. J'ai conversé avec les dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui font pleurer les ménestrels. J'ai été exclu de l'Université à un âge où l'on est encore trop jeune pour y entrer. J'y étais allé pour apprendre la magie, celle dont on parle dans les histoires. Je voulais apprendre le nom du vent. Mon nom est Kvothe. Vous avez dû entendre parler de moi. Un homme prêt à mourir raconte sa propre vie, celle du plus grand magicien de tous les temps. Son enfance, dans une troupe de comédiens ambulants, ses années de misère dans une ville rongée par le crime, avant son entrée, à force de courage et d'audace, dans une prestigieuse école de magie où l'attendent de terribles dangers et de fabuleux secrets... Découvrez l'extraordinaire destin de Kvothe : magicien de génie, voleur accompli, musicien d'exception... infâme assassin. Découvrez la vérité qui a créé la légende.

Site de l'auteur : https://www.patrickrothfuss.com/content/index.asp

mercredi 31 octobre 2018

Le premier sang, de Cédric Sire


En ce jour d’Halloween, je vous propose quelques sueurs froides avec un des thrillers fantastiques de Cédric Sire, Le premier sang. On y retrouve le duo d’enquêteurs fétiche de l’auteur, Eva Svärta et Alexandre Vauvert, aux prises avec les membres d’une secte mystique qui nous réservent bien des surprises. Une nouvelle plongée dans les méandres malsains d’esprits pour le moins torturés, pour notre plus grand plaisir !

L’intrigue est découpée en trois fils directeurs qui vont bien évidemment se rejoindre : le pétage de plombs d’une riche industrielle qui, suite à l’apparition de curieux stigmates sur son visage, descend son mari avant de prendre la fuite ; un règlement de comptes dans une cité parisienne en pleine guerre des gangs ; et la disparition du patron d’un grand groupe toulousain. L’occasion pour nos deux héros dont l’aventure était restée sans lendemain de renouer le contact, non sans difficulté il faut bien le dire.

J’ai littéralement dévoré la première partie du livre. Les deux personnages principaux sont parmi mes préférés, en particulier Eva. Les flics sont souvent -pour ne pas dire toujours- torturés dans les thrillers et Eva ne fait en rien exception à la règle. Albinos, ses caractéristiques physiques suffiraient à en faire un personnage d’exception mais ce serait sans doute trop simple : elle est en outre dotée d’un caractère sacrément ombrageux. La faute à l’assassinat de sa mère et de sa sœur jumelle, auquel elle a assisté lorsqu’elle avait à peine six ans. Cela peut paraître too much, je vous l’accorde, sauf que c’est un personnage qui sonne tellement juste que cela fonctionne.

D’autant plus que cette nouvelle enquête réserve quelques révélations de taille à son sujet. Le premier sang est l’occasion de revenir sur ses origines, sur ce mal qui la ronge et sur nombre de questions restées jusqu’ici sans réponse. Un maelström de violence à lui faire perdre la raison ! Quant à Vauvert, il sera temps pour lui d’accepter la part de surnaturel qui fait intégralement partie de sa vie. L'inexplicable existe bel et bien, aussi difficile à croire que cela puisse être.

Petit bémol néanmoins : la seconde partie traîne un peu en longueur. L’enquête tourne en rond et le lecteur erre dans le brouillard un poil trop longtemps. Curieusement, les chapitres écrits du point de vue des cinq membres de la secte sont ceux qui m’ont le moins intéressée, bien qu’ils apportent nombre d’éléments de résolution. Peut-être aurais-je préféré comprendre en même temps qu’Eva et Alexandre, à travers eux, je ne sais pas… Quoi qu’il en soit, l’intrigue est complexe et se dénoue à petits pas. La lecture est fluide et les personnages ont ce charisme qui fait qu’on apprécie de lire leurs aventures et de les voir évoluer, tout simplement. Au final, cela reste une très chouette lecture, alors ne la manquez pas !

Note : ★★

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Le premier sang, de Cédric Sire
Editions Pocket (2013) - 625 pages - Support papier - Thrillers & Polars

Les plus grandes terreurs naissent dans l’enfance et prennent racine au plus profond de nous. Qu’est-ce qui les fait resurgir ? Sommes-nous capables de les surmonter ? Par une nuit d’hiver glacée, deux flics de la criminelle, partis pour surveiller un parrain de la drogue en banlieue parisienne, mettent les pieds dans une étrange affaire. Leur principal suspect est mort brûlé vif dans son appartement et les méthodes employées ne ressemblent pas à un règlement de compte. Eva Svärta, la policière albinos, dominée par le désir obsessionnel de retrouver le meurtrier de sa mère et de sa sœur jumelle, pressent un danger imminent. Et si les fantômes du passé se mettaient à reprendre vie ? Hallucination ou réalité ? À travers ce nouveau roman étonnant de maturité, Sire Cédric ramène son héroïne aux origines du mal qui l’empoisonne. Le vertige qui la submerge progresse tout au long de l’intrigue, impitoyablement, terriblement. Vos nuits n’ont pas fini de vous surprendre.

Site de l'auteur : https://www.sire-cedric.com/

dimanche 21 octobre 2018

Les nuages de Magellan, d'Estelle Faye


Les nuages de Magellan sont deux galaxies irrégulières voisines de la nôtre, ainsi nommées en l’honneur du navigateur portugais Ferdinand Magellan. Ils donnent leur titre au nouveau roman d’Estelle Faye, paru au début du mois chez Scrineo. Un titre qui donne le ton de ce récit aux allures de space-opera baignant dans l’huile de moteur et la liqueur de lichen. Dès le quatrième de couverture, on est transporté dans un autre monde, au fin fond de l’univers, et on n’en ressort que 274 pages plus tard, presque sans interruption.

Nous sommes au 27e siècle, l’humanité s’est répandue dans toute la Voie Lactée jusqu’aux nuages de Magellan, mais après plusieurs centaines d’années d’exploration, les Compagnies se sont mises en tête de réguler l’accès à l’espace et ses merveilles. La révolte gronde, violemment réprimée, les victimes se comptent par milliers. C’est dans ce contexte qu’on fait la connaissance de Dan, jeune femme idéaliste qui chante le blues dans un bar en rêvant d’espace. Pour avoir osé interpréter une chanson en hommage à tous ces morts, la voilà pourchassée par les Compagnies, contrainte de fuir avec une ex-pirate aux souvenirs nébuleux.

La grande force de ce livre, c’est indéniablement l’atmosphère qu’il dégage. Un savant mélange de détresse et de mélancolie sur lequel souffle un vent d’espoir et de liberté. D’emblée, l’auteur nous place du côté des pirates, mais ce ne sont pas d’avides flibustiers qui cherchent à s’enrichir aux dépens d’autrui, non, ce sont des révolutionnaires qui luttent pour la liberté. En même temps que Dan, on remonte dans les souvenirs de Liliam, on découvre l’histoire de la Grande Piraterie, de Sol Saint-Clair et son Carthagène, ainsi que de Carabe, le dernier refuge de tous les pirates. Une histoire triste, désespérée, qui fait pourtant pétiller les yeux du lecteur autant que ceux de Dan.

L’intrigue est assez simpliste, certes, mais j’ai envie de dire que ce n’est pas le propos. Il se dégage une telle émotion de ces deux personnages que sont Liliam et Dan ! La plus âgée est fascinante. Elle est rude, presque dure, mais on sent tellement de fêlures en elle, elle a vécu tant de choses qu’on pourrait l’écouter parler jusqu’au bout de la nuit. Dan, quant à elle, est une jeune femme naïve et maladroite, qui n’a jamais osé sortir de son trou, mais elle est portée par ses rêves et va se découvrir un courage inédit. Deux personnages féminins forts et vrais qui constituent un duo d’une justesse époustouflante.

Pour toutes ces raisons, j’ai dévoré ce roman ! Si je devais soulever un seul petit bémol, ce serait peut-être sa longueur. Les événements s’enchaînent à toute vitesse, tout va très vite et quand survient la fin, on se retrouve étonnamment frustré parce qu’on en voudrait encore. Je me suis si facilement laissée emportée par cette histoire, ses décors, ses héroïnes et sa révolution… Une formidable découverte que je recommande chaleureusement et pour laquelle je remercie de tout cœur les éditions Scrineo et Babelio.

Note : ★★

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Les nuages de Magellan, d'Estelle Faye
Editions Scrineo (2018) - 274 pages - Support papier - Science-fiction

27ème siècle. L’Humanité s’est étendue à toute la Voie Lactée. La nouvelle frontière, ce sont désormais les Nuages de Magellan, mais les Compagnies ont fini par renoncer à tout projet de colonisation, préférant les affaires aux rêves d’exploration spatiale. Deux siècles auparavant, l’humanité a pourtant maîtrisé l’énergie sombre, une ressource quasi illimitée, mettant ainsi fin aux guerres pour les énergies fossiles. Ont suivi plusieurs siècles de liberté, d’exploration, d’avancées… Puis, insidieusement, de nouveaux jeux de pouvoir et d’influence se sont mis en place, conduisant à la multiplication des hors-la-loi. Depuis, un mythe court la galaxie : des pirates auraient créé sur Carabe, une planète perdue, une république idéale, hors d’atteinte du pouvoir des Compagnies. Dans l’un des derniers postes frontières avant les Nuages, Dan, une jeune serveuse idéaliste, chante du blues dans un bar pseudo texan tout en rêvant d’aventures stellaires. Elle est fascinée par Mary, une cliente taciturne dont on dit qu’elle serait peut-être une ex-pirate… Les Nuages de Magellan n’ont pas dit leur dernier mot !

Site de l'auteur : http://www.estellefaye.fr/butitsmyonlyline/

jeudi 18 octobre 2018

Gardiens des cités perdues, de Shannon Messenger


On se retrouve aujourd’hui avec un roman pioché dans la bibliothèque de mon fils : Gardiens des cités perdues, de Shannon Messenger, publié aux éditions Lumen. Un roman jeunesse qui nous plonge dans un univers plein de mystères et de magie, aux côtés d’une héroïne attachante. Si l’on a souvent comparé cette saga à celle de Harry Potter, ce n’est pas tellement à cause de la magie selon moi, mais plus grâce à la plume fluide et prenante de son auteur.

Sophie Foster a douze ans. Surdouée, elle est victime de terribles maux de tête qu’elle doit aux multiples voix qu’elle entend s’exprimer dans sa tête, et qui sont en réalité les pensées de tous les gens qui l’entourent. Car Sophie est télépathe, un pouvoir étrange qu’elle ne s’explique pas et dont elle n’a bien entendu parlé à personne. Jusqu’au jour où elle est abordée par un inconnu lors d’une sortie scolaire au musée. Ce mystérieux garçon va lui révéler un monde qu’elle ignorait et sa vie va changer du tout au tout.

Initialement prévue pour de jeunes lecteurs, cette histoire originale saura tout autant séduire les adultes. Shannon Messenger est dotée d’un indéniable talent de conteuse. Elle nous transporte dans un monde ensorcelant, au cœur d’une histoire passionnante, pleine d’aventure et de magie. Le suspens est omniprésent dans ce premier tome, notamment autour des pouvoirs de Sophie et de ce que le mystérieux Cygne Noir a semble-t-il implanté dans son cerveau. Le rythme est soutenu et la plume vive de l’auteur fait mouche. C’est un premier tome, nous n’aurons donc pas toutes les réponses, mais c’est un roman qui se dévore littéralement, en se laissant griser par la vitesse !

Du côté des personnages, Sophie est une petite fille très touchante et elle est entourée d’une galerie de personnages secondaires qui sont aussi intéressants. Ils ont tous une réelle profondeur, enfants comme adultes, une histoire, une personnalité. Au fur et à mesure qu’elle découvre sa nouvelle vie, les aventures de Sophie prennent de l’amplitude au fil des pages, l’intrigue se construit autour d’elle. L’émotion est présente de bout en bout et clairement, on en redemande ! On retrouve des sensations perdues depuis des années, entre humour et tendresse.

Note : ★★

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Gardiens des cités perdues, tome 1, de Shannon Messenger
Editions Lumen (2014) - 510 pages - Support papier - Ados & YA

Depuis des années, Sophie sait qu’elle n’est pas comme tout le monde. Elle se sent à part à l’école, où elle n’a pas besoin d’écouter les cours pour comprendre. La raison ? Elle est dotée d’une mémoire photographique… Mais ce n’est pas tout : ce qu’elle n’a jamais révélé à personne, c’est qu’elle entend penser les autres comme s’ils lui parlaient à voix haute. Un casque vissé sur la tête pour empêcher ce bruit de fond permanent de la rendre folle, elle se promène un matin avec sa classe au musée d’Histoire naturelle quand un étrange garçon l’aborde. Dès cet instant, la vie qu’elle connaissait est terminée : elle n’est pas humaine et doit abandonner son existence entière pour rejoindre un autre univers, qu’elle a quitté douze ans plus tôt. L’y attendent une pléiade de nouveaux condisciples, amis et ennemis, et une question obsédante : qui est-elle ? Pourquoi l’a-t-on cachée dans le monde des humains ? Pourquoi n’a-t-elle que des souvenirs partiels de son passé ?

Site de l'auteur : https://shannonmessenger.com/

dimanche 14 octobre 2018

La disparition de Stéphanie Mailer, de Joël Dicker


L’auteur genevois Joël Dicker n’en est plus à son coup d’essai. Après le succès retentissant de La vérité sur l’affaire Harry Quebert puis du Livre des Baltimore, deux romans que j’avais beaucoup aimés au demeurant, il nous propose cette année La disparition de Stéphanie Mailer. Un bon gros pavé de 640 pages dont l’action se déroule à Orphea, petite station balnéaire imaginaire, près de New-York. Une lecture qui me laisse un sentiment assez mitigé, vous allez comprendre pourquoi.

En 1994, un quadruple meurtre, dont celui du maire de la ville, est commis à Orphea. Après moult rebondissements, le coupable est identifié mais meurt dans un accident de voiture alors qu’il essayait de fuir la police. Vingt ans plus tard, Stéphanie Mailer, journaliste ambitieuse, décide de se faire un nom en écrivant un livre sur cette affaire. A force de fouiner partout, elle découvre que les deux enquêteurs de l’époque sont complètement passés à côté de l’enquête : le coupable présumé n’était pas le bon. Et le véritable meurtrier n’a aucune envie de voir la vérité éclater au grand jour.

Le récit alterne donc des scènes de l’enquête de Jesse et Derek, les deux enquêteurs, en 1994 et en 2014. Les personnages sont nombreux, pas loin d’une trentaine. Tous sont à un tournant de leur existence et Joël Dicker les utilise pour brouiller les pistes, mettant au jour des secrets sur ses protagonistes qui pourraient tous être liés à cette affaire… ou pas du tout. Il excelle dans l’art de manipuler le lecteur et je me suis immergée dans l’intrigue très facilement. Mais au bout d’un moment, ça devient un peu redondant et on finit par se demander si tout cela n’est pas un peu trop tiré par les cheveux. Plus j’avançais dans ma lecture, plus je craignais son dénouement.

Par bien des aspects, on frise la caricature, dans les personnages comme les situations. Et puis, il y a la résolution de l’affaire, décevante au possible, avec un coupable qui a la gentillesse d’avouer ses crimes et heureusement, notre trio d’enquêteurs n’ayant pas été fichu de dénicher la moindre preuve contre lui. De quoi laisser les amateurs de Dicker un peu dubitatifs, il nous a montré être capable de beaucoup mieux que ça ! Bref, un roman qui n’aura pas su me convaincre. Passée la première moitié du livre, l’intrigue s'essouffle et je n’ai jamais retrouvé l’engouement que j’avais éprouvé pour les deux précédents. Dommage.

Note : ★★★☆☆

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La disparition de Stéphanie Mailer, de Joël Dicker
Editions de Fallois (2018) - 640 pages - Support numérique - Thrilles & Polars

30 juillet 1994. Orphea, petite station balnéaire tranquille des Hamptons dans l'Etat de New York, est bouleversée par un effroyable fait divers : le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu'une passante, témoin des meurtres. L'enquête, confiée à la police d'Etat, est menée par un duo de jeunes policiers, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Ambitieux et tenaces, ils parviendront à confondre le meurtrier, solides preuves à l'appui, ce qui leur vaudra les louanges de leur hiérarchie et même une décoration. Mais vingt ans plus tard, au début de l'été 2014, une journaliste du nom de Stephanie Mailer affirme à Jesse qu'il s'est trompé de coupable à l'époque. Avant de disparaitre à son tour dans des conditions mystérieuses. Qu'est-il arrivé à Stephanie Mailer ? Qu'a-t-elle découvert ? Et surtout : que s'est-il vraiment passé le soir du 30 juillet 1994 à Orphea ?

Site de l'auteur : https://joeldicker.com/